‹ Leçons sur les maladies mentales [electronic resource]Chapitre 228 sur 258 · TERMINAISONS · texte numérisé non relu

TERMINAISONS

certains autres se transforme en une agitation tracassière.

Les accidents convulsifs et apoplectiques marquent souvent le cours de la deuxième période. Vers la fin, le malade engraisse habituellement ; mais c'est surtout l'émission involontaire de l'urine et des matières qui marque le passage de la deuxième à la troisième et dernière période.

Troisième période, période de déclin. — Ce dernier stade est marqué par un affaissement général, La démence arrive à grands pas, la parole devient absolument inintelligible, la paralysie envahit les membres, enfin des eschares se développent sur divers points, annonçant une fin prochaine.

Terminaisons. — Nous avons réservé la question des guérisons possibles. Il nous reste à savoir comment meurent les parajytiques, dans les cas oîi la maladie poursuit sa marche progressive.

1° Le malade peut succomber dans une crise violente d'excitation maniaque, ressemblant, par certains cotés, au délire aigu ; d'autres fois c'est après l'épuisement de l'excitation que survient un affaissement général promptement terminé par la mort.

2° Les attaques congestives, le coma et surtout les crises épileptiformes viennent souvent terminer la scène.

3" Les maladies intercurrentes, et surtout la pneumonie, ont facilement raison des paralytiques généraux.

4° Il est une cause toute mécanique de mort subite, qui, par son extrême fréquence, mérite une mention spéciale; c'est l'asphyxie par un bol alimentaire introduit dans les voies aériennes.

S" Les sujets qui échappent à ces causes diverses succombent, à la dernière période, dans le marasme et l'adynamie.

Durée. — Est-il possible de fixer à l'évolution de la paralysie générale des limites précises? Nous ne le croyons pas. Mais il est certain que mieux on connaît la maladie, plus on lui attribue une longue durée. D'après Bayle, le terme serait de dix mois; d'après Galmeil, treize mois; d'après Parchappe, deux ans; enfin l'on admet couramment aujourd'hui que la maladie peut se prolonger pendant de longues années.

La vérité pratique, la donnée qu'il faut retenir, en présence des familles, c'est que, lorsqu'il s'agit d'un homme fortement atteint, on peut prédire la mort dans l'espace de dix-huit mois à deux ans. Il ne faut point oublier que la durée est plus longue dans les cas héréditaires, dans le sexe féminin, et dans la forme dite sans aliénation.

On peut se demander pourquoi l'existence des malades semble se prolonger davantage aujourd'hui. D'abord le diagnostic se fait à une époque plus précoce de l'évolution morbide, ce qui en augmente la durée apparente, sinon réelle ; ensuite on remonte volontiers aux antécédents éloignés pour fixer la date du début; enfin, la maladie, mieux connue aujourd'hui, est incontestablement mieux traitée qu'elle ne l'était autrefois.

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