‹ Leçons sur les maladies mentales [electronic resource]Chapitre 231 sur 258 · QUARANTIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

QUARANTIÈME LEÇON

AiNATOMIE PATHOLOGIQUE DE LA PARALYSIE GÉNÉRALE.

Sommaire. — Considérations générales. — Anatomie macroscopique. -— Aspect général du cerveau. — Atrophie d'ensemble. — Diminution du volume des lobes frontaux. — Altération de raraclinoïde. — Lésions de la pie-mère. — Adhérences, — Localisalion des adhérences et des lésions méningées. — Elles n'occupent que très exceptionnellement les lobes occipitaux. - Absence de pus. — Les adhérences peuvent manquer dans un certain nombre de cas.

Lésions des parties profondes. — Substance blanche.

Lésions de la boîte crânienne. — Lésions de la dure-mère. — Ampliation de la cavité des ventricules.. — Granulations de l'épi'ndyme.

Altérations histologiques. — Etat des vaisseaux. — Lésions des tuniques. — Hypérémie. — Ischémie. — Etat du tissu interstitiel. — Névroglie. — Prolifération des éléments nucléaires. — Vacuoles dans la substance blanche. — Cellules araignées. — Eléments nerveux proprement dits, — Cellules cérébrales. — Cylindres axes.

Lésions accessoires. — Moelle épinière. — Ses enveloppes. — Cervelet. — Bulbe. — Corps olivaires. — Noyaux d'origine des nerfs crâniens. Nerfs périphériques. — Grand sympathique.

Lésions diverses. — Tissu osseux. — Dégénérescence graisseuse. — Congestion et hypostase pulmonaires.

Messieurs,

En abordant l'étude des lésions anatomiques de la paralysie générale, l'observateur se trouve embarrassé dès le début par l'abondance extrême des matériaux, et aussi, disons-le de suite, par les contradictions qui existent non seulement entre les auteurs, mais, il faut bien l'avouer, entre les faits.

Les lésions que l'on constate à l'œil nu, et qui avaient

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paru si probantes aux premiers observateurs, peuvent manquer dans quelques cas, pourtant bien authentiques, de paralysie générale ; et alors il appartient au microscope de retrouver, par une analyse plus fine et plus minutieuse, des altérations plus profondes et plus caractéristiques, que seul il est capable de nous révéler. Or, le microscope réussit-il toujours dans cette entreprise, quand l'analomie grossière a échoué? On pourrait croire le contraire lorsqu'on songe que pour d'éminents observateurs la paralysie générale ne serait pas toujours une, et que diverses lésions pourraient intervenir, malgré la différence de leur nature, pour déterminer un ensemble de symptômes qui rentrent dans le cadre habituel de la maladie.

Mais il convient d'aborder maintenant l'étude des faits, en procédant, comme nous en avons l'habitude, du simple au composé.

Je me supposerai donc en présence d'une autopsie wormale chez un paralytique, si l'on peut ainsi s'exprimer.

Le cerveau, une fois extrait de la boîte crânienne, offre une forme générale des plus caractéristiques. Il semble atteint d'une sorte de coUapsus général ; il s'affaisse sur la table lorsqu'il y est déposé. Sa circonférence est irrégulière; elle présente des saillies disséminées çàetlà, comme si le terrain avait été bouleversé en divers endroits.

On remarque un amoindrissement dans l'ensemble du poids et du volume de l'organe; et cependant nous sommes à'ia période de la vie où il est le plus développé, car c'est de trente-cinq à quarante-cinq ans que la maladie frappe le plus souvent ses tributaires. Cette atrophie, cet affaiblissement prédominent à la région frontale, qui semble plus aplatie que le reste de l'encéphale.

En second lieu, l'épaississement de l'arachnoïde vient

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attirer l'attention ; en plusieurs endroits cette membrane a perdu sa transparence ; elle est devenue opaque et lactescente, surtout au niveau des lobes temporaux et du cervelet, et plus spécialement encore à la convexité des hémisphères et aux lobes frontaux.

On voit serpenter à sa surface des tractus blanchâtres qui suivent une ligne parallèle aux vaisseaux et dessinent le contour de leurs sinuosités. Enfin il existe des tractus unissants qui font adhérer cette membrane à la pie-mère, et quelquefois aussi à la dure-mère.

La pie-mère elle-même est notablement épaissie ; elle est infiltrée de sérosité ; elle présente des îlots vasculaires hypérémiés, injectés, offrant des réseaux de capillaires qui conti''astent par leur couleur avec les parties plus pâles de la membrane. Ces lésions correspondent, au point de vue topographique, à celles de l'arachnoïde ; les unes et les autres sont évidemment le produit d'un seul et môme effort pathologique, et il est très important de remarquer que les lobes occipitaux n'en présentent presque jamais la moindre trace.

Les artères de la base du cerveau sont habituellement saines, et l'on n'y trouve point d'altérations athéromateuses, à moins que, par exception, le paralytique ne soit déjà un homme âgé.

Enfin les circonvolutions cérébrales sont visiblement atrophiées, surtout à la partie antérieure et aux lobes frontopariétaux. Les lobes occipitaux sont presque toujours épargnés.

On peut d'après ces premières données formuler déjà un diagnostic anatomique, et l'aliéniste exercé ne manquera pas de dire : « Voici un cerveau de paralytique. »

Mais nous procédons maintenant à l'enlèvement de la pie-

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