‹ Leçons sur les maladies mentales [electronic resource]Chapitre 254 sur 258 · LES ALIÉNÉS SONT HORS LA LOI · texte numérisé non relu

LES ALIÉNÉS SONT HORS LA LOI

peuvent coexister avec l'aliénation mentale. Nous savons enGn que, dans une certaine mesure, les fous raisonnent comme des gens sains d'esprit et sont influencés par des motifs identiques à ceux qui gouvernent notre propre conduite.

Et cependant, semblable à tant d'égards au reste des hommes, combien l'aliéné n'en est-il pas essentiellement différent! Qu'il soit expansif et bienveillant comme la plupart de nos paralytiques généraux, ou bien taciturne et défiant comme la plupart de nos hallucinés, qu'il soit agité ou tranquille, maniaque ou dément, il n'en est pas moins déchu de la haute dignité de notre espèce ; il a perdu les attributs essentiels de l'humanité; et du moment qu'il a été marqué du signe officiel de la déchéance, il n'appartient plus à la vie commune, il est retranché de la société, il est hors la loi.

Hors la loi, en ce qui touche à la responsabilité de ses actes et à la sanction pénale dont le législateur a entouré ses décrets.

Hors la loi, pour ce qui touche à ses droits individuels, à sa capacité civile et surtout à sa liberté personnelle.

Il semble, au premier abord, que la justice méconnaît ici son rôle, qu'elle punit l'innocent en le privant à la fois de SCS droits et de sa liberté, qu'elle protège, au contraire, le coupable en l'arrachant à la vindicte des lois.

Et cependant rien n'est plus équitable au point de vue général que cet ensemble de dispositions si faciles à critiquer au point de vue philosophique. Caria société, placée en état de légitime défense, ne songe qu'à la loi suprême du salut public et saute à pieds joints par-dessus toutes nos subtilités métaphysiques. L'aliéné constitue, en effet, avant toutes choses, un péril public, et l'on peut admettre en

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