HIPPOCRATE
leurs de l'édiûce, lorsque survint dans la Grèce antique ce grand réveil de l'esprit humain, auquel se rattache tout ce qu'il y a de meilleur dans nos civilisations modernes.
Cette immense révolution, inaugurée par les philosophes et les poètes, et poursuivie par les mathématiciens, est représentée, dans l'ordre des sciences médicales, par le nom d'Hippocrate. On peut même ajouter que par un autre côlé cette grande figure se rapproche plus étroitement encore de l'esprit moderne, car, au milieu d'une génération de logiciens, ivres de métaphysique, Hippocrate était ce que de nos jours on appelle « un positiviste »; ou, pour parler un langage moins prétentieux, c'était un clinicien, préoccupé avant tout de l'étude des faits, et doué d'une merveilleuse aptitude pour les observer.
Toutefois, pour ce qui touche à la médecine mentale, Hippocrate ne nous a laissé que des notions de détail, empreintes de cet esprit sagace et pratique que nous lui connaissons, mais qui ne sauraient constituer un corps de doctrine. Rappelons seulement que par sa théorie des quatre humeurs cardinales, — le sang, la pituite, la bile etl'atrabile, — Hippocrate a exercé une influence immense sur la médecine en général, et sur la psychiatrie en particulier ; et le langage que nous parlons aujourd'hui en porte encore les traces.
Mais il faut chercher plus haut et plus loin les origines de notre science, et c'est chez les philosophes que nous les trouverons. Ç'a été, en effet, l'éternelle destinée et l'éternel honneur de la psychiatrie de subir l'influence bonne ou mauvaise de la philosophie contemporaine, d'en suivre les fluctuations et d'en réfléter les aspects divers.
La première question qui se présente à tout esprit logique, au seuil même de la médecine mentale, est néces-