‹ Leçons sur les maladies mentales [electronic resource]Chapitre 52 sur 258 · ÉCOLE SOMATIQUE · texte numérisé non relu

ÉCOLE SOMATIQUE

est la conscience, sa première manifestation , c'est l'égoïsme ; l'individu, n'obéissant plus qu'à ses goûts personnels, se trouve dans un état vague de malaise et d'indécision. Plus la raison diminue pour faire place à la sensibilité, plus celle-ci domine; elle finit par régner seule et sans frein ; il ne manqne plus alors qu'un seul élément pour produire la folie, c'est l'excitation. C'est là ce que Heinroth appelle Vétat de maturité.

La perte de la raison n'est autre chose que la suspension durable de la liberté, se liant soit à l'état de santé apparente, soit à l'état de maladie confirmée, et altérant, dans la sphère de l'influence morbide, le sentiment, l'esprit et la volonté. Ainsi;, la perte de la liberté est le fait dominant ; l'absence de moralité est la cause première.

Il en résulte que le meilleur préservatif contre la folie est l'attachement aux vérités de la religion chrétienne.

Quant au traitement, sans négliger la santé physique, il doit être surtout moral. Combattre l'excitation ou la dépression pour les ramener à leurs justes limites et substituer, par une cultivation rationnelle, des facultés nouvelles à celles qui ont été frappées par la folie : telle est la meilleure des thérapeutiques.

Aux objections que soulève une pareille théorie, Heinroth répond avec une grande présence d'esprit, et quand on lui demande pourquoi tant de gens vicieux et même criminels ne deviennent point aliénés, il réplique que le vice et la folie sont les aboutissants de deux séries divergentes, qui, l'une et l'autre, ont le péché- pour point de départ (1).

Heinroth eut de nombreux admirateurs et forma de nom-

(1) Nous avons emprunté les éléments de cette rapide analyse à l'excellent travail de M. le professeur Lasègue {Ann. méJ .-psych., t. m, 1844).

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