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TROUBLES DE LA MOTILITÉ

ciilaire. Chez beaucoup d'alicnéri il existe une sensibilité musculaire exagérée ; ils ont des inquiétudes dans les membres ; il leur est impossible de garder une position quelconque. Ils ont un besoin perpétuel de mouvement. Poussez l'exagération de ce phénomène jusqu'à ses dernières limites, et vous aurez l'explication naturelle de l'incroyable agitation que présentent certains maniaques qui sont la vivante image du mouvement perpétuel. C'est encore par suite d'une perversion du sens musculaire que certains agités se ruent contre tous les obstacles pour les renverser. Mais nous empiétons ici sur le domaine des troubles de la motilité, qui doivent maintenant nous occuper.

Messieurs, rien n'est plus difficile, dans une esquisse générale, que de faire la part exacte des troubles de la motilité qui relèvent de l'aliénation mentale proprement dite. D'une part les fous sont sujets, comme les autres malades, et plus peut-être que les autres, aux paralysies, aux hémiplégies, aux contractures. D'une autre part, il existe des troubles moteurs parfaitement caractérisés et se rapportant très nettement à certaines maladies mentales qui ne sauraient trouver leur place ici, puisqu'il s'agit des vésaniques seulement. Réduite à ces proportions et renfermée dans ces limites, la question ne saurait être traitée qu'à un [)oiiit de vue très-général. C'est dans ce sens que nous allons l'aborder, et nous chercherons à vous présenter un programme qu'il vous sera facile de remplir vous-mêmes quand vous aborderez l'étude des détails.

La sensibilité musculaire subit chez les vésaniques des modifications extrêmement remarquables. Chez beaucoup de fous, le sentiment de la fatigue paraît cumplétement aboli. Une agitation violente, qui se prolonge pendant des heures et des journées entières, les eulraîne à des effoi-ls

178 DE l'état physique des aliénés,

musculaires sans cesse renouvelés sans trêve ni repos ; ou bien, sous l'empire d'une préoccupation morbide, ils prennent une attitude plus ou moins pénible qu'ils maintiennent indéfiniment par un simple effort de la volonté. Ce sont des cataleptiques sans catalepsie, car ils n'ont même pas pour excuse de leur immobilité cet état cérébral particulier dans lequel la conscience est abolie. Tels sont, pour n'en citer qu'un exemple, ces malades qui, couchés horizontalement sur le dos, maintiennent indéfiniment la tête demi-fléchie sur le tronc dans l'attitude la plus incommode qui se puisse imaginer et ne consentent jamais à reposer sur leurs oreillers

Un degré plus élevé, s'il est possible, de ces troubles sensitivo-moteurs, nous est offert par les hallucinations musculaires dont certains aliénés sont le jouet. Tel qui s'imagine que les diverses parties de son corps s'échappent et s'en vont au loin s'épuise en vains efforts pour retenir ses pieds et ses mains prêts à s'envoler ; tel autre se croit enlevé tout entier (;t (.lierche à se cramponner aux objets voisins. A un degré moins prononcé, les malades éprouvent des secousses, des décharges électriques dans les muscles, qui sont évidemment en rapport avec une perturbation de la sensibilité de ces organes.

Mais les contractures et les paralysies jouent aussi un rôle des plus importants chez nos malades. Parmi les phénomènes de cet ordre qui se relient plus directement à l'aliénation mentale, nous citerons la contracture des muscles de la face qui imprime au masque une physionomie grimaçante. Nous citerons aussi les contractures viscérales parmi lesquelles la première place appartient peut-être à la dysphagie, soit occasionnée par un spasme œsophagien, soit localisée dans les muscles du pharynx. Notons entin les

CONTRACTURES Kl l'AlSALYSIKS. 179

troubles de la motilito linguale, contracture ou glossoplégie, qu'il nous est si souvent donné d'observer.

Parmi les paralysies qui peuvent atteindre nos aliénés, il en est quelques-unes qui ont une signification toute spéciale. On a signalé (Guislain) comme une marque de démence incurable la paralysie des muscles de la niique, (pii laisse tomber la tète sur la poitrine. On doit aussi remarquer la perturbation et l'affaiblissement de tous les mouvements coordonnés, phénomène qui se traduit bien souvent par une altération de l'écriture, et surtout par la perle de l'habileté manuelle. Enfin notons les altérations de la voix et surtout les perturbations de l'équilibre des muscles de l'œil qui aboutissent dans beaucoup de cas à un strabisme permanent, qui n'existait point avant l'explosion de la folie.

Nous ne croyons pas devoir poursuivre plus loin cette description générale. La question sera reprise et traitée dans tous ses détails quand nous aborderons l'étude des formes diverses de la folie et plus spécialement de la paralysie générale.

Passons maintenant aux altérations que subit la nutrition chez les aliénés.

La folie est poiu' les gens du monde une simple aberration intellectuelle; il en est tout autrement pour le médecin. Pour nous, la folie est une maladie de l'e/re tout entier. C'est une maladie qui, ainsi que toutes les autres, présente une période prodromique, une période d'état et une période de convalescence et de déclin. A chacun de ces divers états correspondent des troubles trophiques très-variés.

Il est un moyen de diagnostic fpie je regrette de ne pas voir plus souvent usité en clinique, c'est l'emploi de la balance. Les pesées, pratiquées constamment en Allemagne

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