‹ Leçons sur les maladies microbiennesChapitre 158 sur 207 · VARICELLE · texte numérisé non relu

VARICELLE

médiate, tout semble en un mot indiquer de la façon la plus nette qu’elles sont dues à un micro-organisme. Et si on ajoute à cela que toutes confèrent une immunité plus ou moins grande, on aura à ce sujet, non plus des présomptions, mais une certitude. Cependant l’étude bactériologique de ces états morbides est loin d’être complète, non pas qu’on n'ait pas trouvé de microbes dans leurs produits morbides, ils sont au contraire en trop grand nombre et une multitude d’auteurs sont venus décrire une multitude de microbes. Mais, dans ce nombre, où est le microbe pathogène ? C’est ce qu’on ne saurait dire encore. Quel est celui qui a été reproduit par les cultures et qui, inoculé, a déterminé chez les animaux, je ne dis pas une maladie identique, la chose n’est pas possible, mais une maladie analogue? Il n’en existe pas. Faut-il admettre que tous ces microbes évoluent et se multiplient parallèlement dans l’organisme malade en se complétant et se prêtant en quelque sorte un mutuel appui? C’est ce que l’avenir nous apprendra. Dans tous les cas, fidèles au programme que nous nous sommes tracé, en présence de maladies semblables, nous allons étudier ensemble quel est actuellement l'état de nos connaissances à leur égard, laissant au temps le soin de mettre de l’ordre et de faire la lumière; il ne faillira certainement pas à ce double desi d er a tu m .

C’est Guttmann qui, le premier, a décrit un microbe de la varicelle. Pour cet auteur, on trouverait toujours dans les petites vésicules de la varicelle trois espèces de micro-organismes : 1° le micrococcus pyogenes aurons, 2° le micrococcus coreus a! bus , qui tous les deux sont des microbes de la suppuration, et 3° le micrococcus viridis flavescens , qui, d’après Guttmann, serait la bactérie pathogène de cette lièvre éruptive légère. Ce microbe ne se distingue que par les cultures du micro -

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coccus pyogenes aurais ; quant à son aspect, sa forme en diplocoques ou sa réunion en amas, ses dimensions et sa réfringence, tout semble révéler une identité d’espèce. On le cultive sur des plaques de gélatine qu'il ne liquéfie pas et où il détermine de petites colonies rondes et d'un vert tirant sur le jaune. Sur les autres milieux, mêmes cultures vertes. 11 prolifère également dans le bouillon, qu'il trouble très fortement. Ces caractères de culture, et surtout la coloration verte de toutes les colonies, le différencient absolument du micrococcu* pyogenes aurais dont les colonies se montrent toujours colorées en jaune orangé. Vainement Guttmann a essayé d’inoculer le produit de ses cultures aux animaux, il n'a jamais constaté le moindre résultat. Voilà tout ce que l’on sait sur le microbe de la varicelle.

La variole a fourni aux observateurs un nombre de microbes beaucoup plus considérables à étudier, comme vous allez le voir. L'idée d'une bactérie pathogène de la variole remonte certainement bien haut, puisque Lebert examinait le sang des varioleux à ce point de vue-là, dès 1849, et déclarait n'y avoir rencontré aucun élément parasitaire. En 1866, MM. Coze et Fcltz y trouvèrent des microcoques réunis en chaînette. Six ans plus tard, en examinant le liquide d’une pustule non encore suppurée, ces mêmes auteurs y décrivirent des microcoques et des bacilles. Weigert, Luginbuhl, lvlebs, Eisenmann, Zuelzer, n'y virent que des microcoques. Les deux premiers de ces auteurs, et plus tard Ilallier et Colin, constatèrent la présence de ces bactéries sphériques, non seulement dans la lymphe du boulon varioleux, mais encore dans le foie, la rate, les reins et les ganglions lymphatiques. En 1883, MM. Corail et I tabès décrivirent des microcoques infiltrant le derme au-dessous des papules, avant même la formation vésiculeuse.

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