CHOLÉRA NOSTRAS
évolution el dans leurs diverses cultures. Avec une remarquable patience et une technique parfaite, Koch est parvenu à démontrer que ces deux espèces peuvent parfaitement être différenciées par des propriétés distinctes. Mais, précisément en raison de ce travail et de la multitude de recherches qu'il a dû faire, le professeur allemand a fourni, une fois de plus, la preuve que les deux espèces sont liées entre elles par les liens de parenté les plus étroits. Le fait seul d'une ressemblance aussi parfaite donne, jusqu’à un certain point, l'explication de la similitude de leurs effets, de la ressemblance des symptômes qu’ils déterminent sur nous, quand nous servons momentanément de milieu à leur développement. Fort heureusement pour nous, il ne s’agit quedune analogie et l'identité absolue n’existe pas.
A7ous savez, et j'ai insisté sur ce point dans notre dernier entretien, que la morphologie du bacille cholérigène n’est pas contenue dans des limites inflexibles, et que ses formes ne sont pas immuables. Les progrès du temps, la nature des milieux suffisent à modifier sa conformation. Aussi les différences morphologiques que je vais vous indiquer sont-elles uniquement des différences en quelque sorte de moyenne, car il est sûr que dans une préparation de bacilles virgules de Koch, on trouve des individus qui ressemblent tout à fait au bacille de Finckler et Prier. Cependant, d’une façon générale, celui-ci est un peu plus long et un peu plus épais, il affecte le plus souvent une forme qui le rapproche de la forme en navette indiquée par M. Artaud comme caractéristique du bacille de la fièvre typhoïde, mais sans vacuole centrale. Les mouvements de l’une et I autre espèce sont identiques. Mais le trait caractéristique du microbe que nous étudions, c’est qu'il présente, à un plus haut degré que le bacille cholérigène, la faculté de revêtir par les cultures les formes les