‹ Leçons sur les maladies microbiennesChapitre 205 sur 207 · ROUGET DU PORC · texte numérisé non relu

ROUGET DU PORC

culairement de petits filaments qui la font ressembler à une aigrette.

Toutes ces cultures sont extrêmement virulentes, elles tuent la plupart des animaux auxquels on les inocule, et chose curieuse, le lapin, si sensible d'ordinaire aux inoculations microbiennes, n'en meurt pas toujours. Les cobayes et les poules n'en sont nullement incommodés, inversement les souris et surtout les pigeons y sont très sensibles et meurent rapidement.

C'est par l'étude de ce microbe cultivé, non plus dans des milieux et des bouillons artificiels, mais bien sur des organismes vivants, que ]\1. Pasteur est arrivé à des conclusions dont la précision est telle, qu'il a pu fonder sur cette expérience la pratique de vaccinations protectrices qui ont toujours admirablement réussi et (pii lui créent un si beau titre de gloire. M. Pasteur avait été frappé de ce fait que nous vous avons déjà signalé pour le charbon, c'est-à-dire que toutes les espèces porcines ne sont pas également aptes à contracter la maladie. Les unes, les races anglaises et allemandes, la contractant avec une grande facilité; les autres, les races périgourdines, par exemple, se montrant réfractaires, non seulement au contact d'autres animaux malades, mais encore ces espèces n’étant pas influencées par les inoculations expérimentales. De plus, M. Pasteur fut frappé de ce fait, que la virulence du microbe allait s’exaltant à mesure qu’il traversait des milieux organisés favorables à sa multiplication, et le pigeon était un milieu réalisant cette condition. En elïet, après son passage à travers une série de pigeons, la virulence de cette bactérie devient extrême. M. Pasteur rechercha alors s'il n'existait pas un autre organisme dans lequel la virulence serait aussi modifiée par des cultures en série, mais

VARIATIONS DE LA VIRULENCE

modifiée en sens inverse, c’est-à-dire entraînée vers l'atténuation et il trouva cet organisme chez le lapin. Il put ainsi constater qu’après le passage successif sur plusieurs animaux de cette espece, le sang pris au dernier lapin et réinoculé au porc, ne déterminait chez celui-ci qu’une maladie insignifiante qui le mettait à l’abri, pour un an, de toute inoculation ultérieure, fûtelle des plus virulentes. Ce laps de temps d'une année est, du reste, parfaitement suffisant, étant données les conditions dans lesquelles la viande de porc est utilisée. Mais, chose singulière, tandis que la virulence s’atténuait pour le cochon, elle augmentait pour le lapin, car ces animaux, ainsi inoculés en série, meurent avec d’autant plus de promptitude que la série est plus longue. Encore un exemple remarquable de la puissance des milieux sur les évolutions bactériennes.

C’est probablement par les aliments souillés de déjections que la maladie se communique à des troupeaux de porcs vivant en promiscuité. Un autre mode de contagion s’effectue parles grattages, le porc sain s’inocule ainsi. Les microbes qui se trouvent sur les murs ou sur les planches de son étable pénètrent dans le« follicules pileux, et de là dans les aréoles lymphatiques de la peau, d’où il gagne le sang par la voie des vaisseaux lymphatiques. Du sang, où il existe toujours en grande abondance, le microbe pénètre dans les divers organes, et vous savez quelles sont les lésions qu’il y détermine.

Voilà, messieurs, ce que je voulais vous dire des maladies microbiennes spéciales aux animaux, et nous terminons par cette étude la série d’entretiens microbiologiques <pie nous avons commencés ensemble et pendant lesquels vous avez bien voulu me prêter une si bienveillante attention ; j’en suis 1res touché et je

Page 1