SYPHILIS
la preuve directe, et nous ne serons en droit de proclamer la syphilis d'origine bactérienne que quand le microbe aura incontestablement été démontré, ce qui n’a pas encore été fait.
En 1878, Klebs annonça qu'il avait trouvé, dans les parties qui forment la base d’induration du chancre, des bacilles mobiles dont les mouvements très lents s’arrêtaient avec la plus grande facilité. Ces microbes ont pu être reproduits et cultivés par lui, dit-il, dans des tubes remplis à moitié de gélatine et mis à l’abri du contact de l’air. Les bacilles de ses cultures étaient analogues à ceux qu’il avait directement pris sur l’accident syphilitique. Le produit de ces cultures, inoculé à des singes, développa chez eux, d’après le même auteur, des ulcérations buccales analogues aux plaques muqueuses, et, quand leur cerveau fut examiné, on trouva entre la dure-mère et la boite osseuse des tumeurs caséeuses rappelant les gommes syphilitiques. En 1882, M. Martineau, médecin de l’hôpital de Lourcine, reprit ces expériences etces cultures; il arriva à des résultats analogues. M. le professeur Cornil a fait très judicieusement remarquer qu'il faudrait d’abord faire la preuve que les ulcérations du pharynx et les dépôts caséeux du cerveau n’étaient pas des produits de la tuberculose, si commune chez les singes importés dans notre climat.
L’année suivante, 1879, Klebs publia de nouvelles expériences l'ayant conduit aux mêmes résultats. Seulement, aux bacilles de 2 ; j . de longueur sur 1 de largeur, il avait trouvé associées de petites bactéries sphériques d’un demi-millième de millimètre de diamètre. En 1882, Birsch-Ilirschfeld prétendit avoir observé dans les chancres, les plaques muqueuses et les gommes, des bacilles très courts, disposés en amas sur les cellules ou dans le tissu connectif et qu’il put colorer avec la fuschine.