‹ Leçons sur les maladies microbiennesChapitre 69 sur 207 · SYPHILIS · texte numérisé non relu

SYPHILIS

En 1884, Lustgarten annonça qu’il avait découvert un bacille syphilitique. D’après lui, le micro-organisme devait être recherché dans les cellules migratrices. Doutrelepont et Schütz, en Allemagne, et, en France, M. Leloir, ont affirmé avoir parfaitement vu le même bacille, en mettant en usage des procédés différents. Ces bacilles sont, d’après ces auteurs, d’une longueur de 4 à 5 et d’une largeur de 2 ; ils sont souvent ou

flexueux ou sous forme de virgule. Lustgarten a décrit des spores qui se montreraient dans leur intérieur et vers le milieu de leur protoplasma. Du reste, la description générale que tous ces auteurs en donnent rappelle à l’esprit celle du bacille de la tuberculose. D’un autre coté, MM. Alvarez et Tavel ont affirmé que ce microbe se retrouvait très fréquemment dans le smegma préputial. Pour ces deux auteurs, le prétendu bacille dit syphilitique serait constant et normal dans le smegma, et on le retrouverait toujours en cet endroit, ayant la même forme et les mêmes réactions. Cependant, le professeur Corail déclare, avec la haute compétence que personne ne songe à lui contester, que ces deux bacilles constituent bien deux espèces distinctes, attendu que celui de MM. Alvarez et Tavel se colore par la méthode d’Ehrlich, ce qui n’a pas lieu pour le microorganisme de Lustgarten.

Du reste, aucun de ces expérimentateurs n’est arrivé -à reproduire le bacille, malgré de nombreux essais de cultures. La technique indiquée par Lustgarten et perfectionnée par Giacomi est fort complexe, et, dans tous les cas, elle s’écarte de tous les procédés habituellement mis en usage dans les études bactériologiques. Le bacille n’étant pas reconnu pour être spécifique des lésions syphilitiques, je crois inutile de vous décrire les longues et nombreuses manipulations qui constituent la méthode de Lustgarten.

CABADE

TUBERCULOSE

Voilà à quoi se bornent nos connaissances sur la nature parasitaire de la syphilis; c’est fort peu de chose et on ne peut encore rien affirmer de précis. Espérons que la lumière complète ne tardera pas à se faire.

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