Voyez la dixième locoii
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laires très sérieux : en particulier une double lésion aortique avec rétrécissement, lésion compensée d'ailleurs, et ne s 'accompagnant ni d'angine de poitrine, ni de tendance syncopale.
Vous devinez l'importance de ce trouble cardiaque : il accuse une altération de la base des gros vaisseaux, préparée et favorisée, sans doute par l'alcoolisme. Toutes les artères sont dures, partant fragiles. Pour cette raison une hémorrhagie intrarachidienne est donc plus que possible, très vraisemblable.
II. — Avons-nous donc affaire à un Ilématorachis'! — Je ne le crois pas. Messieurs, et voici pourquoi :
C'est dans les traumatismes que se résume l'histoire de l'IIématorachis. Les plaies par arme à feu en sont une des causes les plus fréquentes. Les plaies par instrument tranchant agissent de même, mais ordinairement elles font des hémisections de la moelle. L'hémorrhagie intra-rachidienne a sa source dans les artères spinales, et plus souvent encore dans les plexus veineux. Les coudures brusques, par fractures vertébrales spontanées, telles qu'on les observe dans le Tabès, les effondrements osseux à la suite d'une carie tuberculeuse, n'entraînent que très rarement rilématorachis. Je vous dirai même que les hémorrhagies intrarachidiennes, en général, et celles qui sont trauma tiques, en particulier, sont incapables de produire une compression à effets durables. Les hémorrhagies intra-durales, dont je vais vous parler immédiatement, seraient même, selon Manley', encore moins compressives. Enfin, aucune présomption en faveur d'un Mal de Pott ne nous autorise à admettre que la paraplégie subite reconnaisse ici une semblable origine.
Une hémorrhagie méningée, c'est-à-dire une hémorrhagie dont la collection est sous-jacente à la dure-mère, pourrait s'expliquer par une ancienne pachyméningite restée latente pendant un laps de temps indéterminé, et favorisée, elle aussi, par les habitudes alcooliques. A cette supposition, j'objecterais d'avance que les douleurs ne font jamais défaut dans les pachyméningites chroniques. Cela seul nous engage à passer outre.
Reste YHématomijélie.
VHématomyélie est un accident dont la soudaineté semble s'ac-
1. II. Manley. The spinal Hemorrhage, elc. [Journal of nenous and 7nental Diseasc], 1893. XVIII, p. 484.
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corder parfaitement avec le cas de paraplégie apoplectiforme dont vons connaissez maintenant l'histoire. Comme tontes les hémorrhagies cérébro-spinales, elle peut être, conformément à une loi d'analomie pathologique générale, attribuée à la fragilité artérielle. Mais vous savez que, si les hémorrhagies cérébrales ont pour cause immédiate la rupture d'un anévrysme miliaire, il n'en est pas de môme de Thémorrhagie spinale. L'anévrysme miliaire est exceptionnel dans la moelle. Par contre, les lésions chroniques on aiguës de la substance grise, quelles qu'elles soient — peut-être en faisant perdre aux petites artérioles leur point d'appui habituel — sont propices au processus hémorrhagique. On voit également les hémorrhagies intra-spinales — l'Hématomyélie en un mot — compliquer les maladies de la substance blanche propagées aux cornes grises. A plus forte raison, les observe-t-on surtout dans les myélopathies qui affectent simultanément la substance grise et la substance blanche. Tel est le cas de la Syringomyélie, qui, ainsi que l'a établi Minor (de Moscou )\ fournit le plus fort contingent à l'Hématomyélie non traumatique.
m. — Les liens de parenté qui unissent l'Hématomyélie à la gliomatose spinale sont des plus étroits, non seulement au point de vue anatomo-pathologique, mais encore au point de vue clinique. Notre malade présente la dissociation syringomyélique de la sensibilité dans toute sa netteté. H la présente aujourd'hui, mais il ne la présentait pas hier. Or, comme il faut trancher la question d'après les indications de l'état actuel, nous avons le devoir de nous demander si nous ne serions pas en présence d'un cas de Syringomyélie ayant donné lieu à une hématoniyélie secondaire. Eh bien, malgré la vraisemblance de cette supposition, je ne me sens guère disposé à l'accepter sans réserve :
D'abord, en admettant qu'il s'agisse d'une Syringomyélie, nous ne pouvons pas concevoir l'instantanéité de la paraplégie, autrement que par Ihémorrhagie secondaire. L'anesthésie des membres inférieurs n'a pas été, en effet, du premier coup, une anesthésie dissociée, mais une anesthésie totale, affectant le tact aussi bien que les sensibilités thermique et douloureuse. Cette anesthésie doit donc être mise sur le compte, non pas d'une Syringomyélie hypo-
1. Centrale lliimatomyelic. Archiv, f. Psych. ii. }iervenln-., XXIV, p. 695.
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thétique, mais d'une complication brusque à déterminer, consécutive à la Syringomyélie.
N'est-il pas possible toutefois, qu'une Syringomyélie débute sans prodromes? — Minora décrit des Syringomyélies de ce genre. Mais, dans tous les cas qu'il rapporte, l'élément traumatique a joué un rôle capital. C'est le traumatisme qui met en évidence la dissociation thermo-analgésique, et celle-ci est durable.
Au contraire, chez notre malade, les troubles de la sensibilité, si prononcés que nous les voyions encore aujourd'hui, sont en voie d'amélioration, relativement à ce qu'ils étaient il y a quelques semaines. Lorsque la lésion gliomateuse est une fois constituée, les troubles qu'elle produit n'ont pas Thabitude de rétrocéder. Notre malade n'ayant été victime d'aucun traumatisme, il n'y a vraiment pas de raisons sérieuses de diagnostiquer, rétrospectivement, une Syringomijélie latente.
Au reste, Messieurs, je vous dirai que l'influence du traumatisme par laquelle Minor cherche à expliquer Tapparition subite des symptômes dans les Syringomyélies latentes, est très discutable, au moins pour un ordre déterminé de faits.
J'ai l'intention de m'expliquer prochainement à ce sujet*. La Syringomyélie est une variété de myélite, lacunaire ou non, dans laquelle la production du tissu gliomateux paraît subordonnée à toute une série de causes banales, et surtout d'ordre irritatif. Elle peut, par conséquent, se développer à la suite d'un processus de myélite quelconque. Une hémorrhagie médullaire, primitive, la fait naître in situ. Elle a été créée artificiellement par des traumatismes voulus, dans les laboratoires de physiologie. C'est donc, selon toute probabilité, la Syringomyélie qui. dans bon nombre de cas, est secondaire et non pas l'Hématomyélie.
S'il devait rester dans vos esprits quelque doute relativement à l'hypothèse d'une Syringomyélie, j'ajouterais que chez le malade que vous venez de voir, il n'y a pas d'atrophie musculaire, pas de scoliose, pas d'arthropathies, pas de lésions trophiques de la peau ni des ongles, bref, rien de ce qui donne à la Syringomyélie un caractère d'authenticité irréfutable. — Pour ces raisons qui, je l'espère, vous paraîtront suffisantes, nous abandonnerons encore le diagnostic à^Hématomyélie syringomyélique.