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Leçons sur les maladies nerveuses

Il y a un an, j'ai été appelé à occuper du jour au lendemain la chaire du Professeur Charcot.

Il me fallait faire des leçons à l'improviste, dans cet. amphithéâtre de la Salpêtrière, où l'écho d'une voix si grande retentissait la veille et retentira longtemps encore.... C'était une douloureuse obligation à laquelle je ne pouvais me soustraire.

L'idée de livrer ces Leçons à la publicité pourra surprendre : j'éprouve presque le besoin de m'en excuser.

J'ai cédé aux sollicitations d'auditeurs fidèles. Mais on voudra bien ne voir dans ce volume qu'un respectueux et modeste hommage à la mémoire de celui dont le nom revient à toutes les pages et que j'aurais pu citer encore plus souvent.

J'ose espérer qu'on y verra aussi la preuve d'un grand effort. J'ai tenu à honneur de donner toute ma mesure et j'ai conscience de n'avoir pu faire mieux.

Le cours comportait soixante-dix leçons. Sur ce nombre, il en est trente, plus laborieusement préparées, qui, par l'actualité des sujets qu'elles traitent, me semblent pouvoir être lues avec quelque profit.

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11 me scia indifférenl qu'on leur reproche de n'être pas exclusivement cliniques. La séméiologie pure et le diagnostic ne peuvent plus être séparés aujourd'hui delà pathogénie, de l'anatomie pathologique, et même de l'histologie normale.

J'assume encore une autre responsabilité : l'état actuel de la Neuropathologie n'est pas tellement définitif qu'on ne doive chercher a coordonner par certaines hypothèses les faits solidement établis. J'ai dû m'y résigner — aussi rarement que possible. — L'enseignement a de ces exigences.

J'ai trouvé parmi les anciens élèves de M. Charcot, attachés à la clinique de la Salpètrière, des collaborateurs dont le dévouement absolu m'a profondément touché.

M. Souques a été, pendant cette année, le véritable chef de service. Je n'aurais pu me passer de son concours infatigable.

Tous, d'ailleurs, ont pris à cœur de me rendre le fardeau moins pesant et je leur en garde une vive reconnaissance.

Je ne pouvais pas compter sur moins de la part d'amis tels que Paul Richer, Lamy, Huet, Paul Londe, Halipré....

Je dois aussi des remerciements sincères à M. Marinesco, qui a bien voulu se charger des travaux anatomo-pathologiques du laboratoire : sa complaisance n'égale que son grand savoir.

MM. Gellé, Kœnig, A. Londe, ont été pour moi en toutes circonstances de précieux auxiliaires. MM. Feindel et Vivier m'ont aidé de leur mieux.

Quant à Jean Charcot, dès le lendemain du jour où il se vit privé de la tendresse et de la direction paternelles, il sut vaincre la douleur que devait lui inspirer tout nouveau venu. Mais s'il a triomphé par piété filiale, je veux croire que

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notre commune affection l'y a aussi un peu aidé.... Il a fait plus que son devoir.

Ces leçons ont été recueillies et rédigées intégralement par M. Henry Meige. C'est une œuvre de persévérant courage que je n'aurais osé réclamer de personne. Je sais qu'il a pris plaisir à l'entreprendre pour moi, et il me sera permis de dire qu'il l'a menée à bien.

E. BRISSAUD.

Novembre 1894.

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