‹ Leçons sur les maladies nerveuses (volume 3)Chapitre 105 sur 163 · II. — J'arrive aux Ophtalmoplégies nucléaires bilatérales · texte numérisé non relu

II. — J'arrive aux Ophtalmoplégies nucléaires bilatérales

Ici encore, faute d'une meilleure classification nosographique, je me bornerai à une énumération.

Sous le nom de Polio-encéphalite — mot détestable dans le sens où on l'emploie aujourd'hui — les Allemands désignent toutes les affections dégénératives de la colonne motrice du bulbe, de la protubérance et du pédoncule. La Polio-encéphalite inférieure n'est autre chose que la Paralysie labio-glosso-laryngée de Duchcnne (de Boulogne): la Polio-encéphalite supérieure est POphtalmoplégie nucléaire. Comme il ya des paralysies bulbaires aiguës et chroniques, de même il y a des paralysies pédonculo-protubérantielles aiguës ou chroniques.

En d'autres termes, les Polio-encéphalites supérieures, aiguës ou chroniques, sont les Ophtalmoplégies nucléaires, aiguës ou chroniques.

Il en est ainsi dans la pratique, et c'est l'essentiel. Mais théoriquement, il n'existe pas de démarcation matérielle et tangible entre la Polio-encéphalite supérieure et la Polio-encéphalite inférieure. Des observations de plus en plus nombreuses démontrent la combinaison fréquente de la première avec la seconde, et la combinaison de l'une ou de l'autre, quelquefois des deux, avec la Poliomyélite antérieure.

L'étude clinique de la Polio-encéphalite supérieure n'est donc, à envisager la question au point de vue théorique, qu'un chapitre de l'histoire des Poliomyélites.

En d'autres termes, appliquez aux Polioencéphalites tout ce que vous savez des Poliomyélites: élevez jusqu'au bulbe et jusqu'à la protubérance la localisation des processus de la Poliomyélite,, et si vous mettez à profit les notions anatomiques que je vous ai rappelées dans une leçon précédente, vous serez absolument en mesure de concevoir par avance la symptomatologie des Ophtalmoplégies nucléaires.

Or, de même qu'il existe trois formes cliniques principales de Poliomvélite : une aiguë, une subaiguë et une chronique, de même il existe aussi trois formes cliniques POphtalmoplégie nucléaire ou de Polio-encéphalite supérieure : une aiguë, um- snl>aiguë et une chronique.

Celle-ci et celle-là sont tantôt isolées et autonomes, tantôt associées à la Poliomyélite, aiguë ou chronique : dans ce dernier cas

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la maladie s'appelle Polio-encéphcdomy élite, aiguë ou chronique.

Voilà donc la situation aussi schématisée que possible. Il a fallu bien des années avant d'en arriver à cette signification. Combien de temps vaudra-t-elle ?...

Tout établissement vient tard et dure peu.

Ici, puisqu'il faut profiter de la clarté de la situation, je me bornerai à vous énumérer les conditions cliniques dans lesquelles les symptômes de l'Ophtalmoplégie purement nucléaire surviennent el se déroulent. J'emploierai indifféremment les expressions d'Ophtalmoplégie nucléaire et de Polio-encéphalite supérieure.

III. — La Polio-encéphalite supérieure aiguë se déclare à tout âge de la vie. un peu plus fréquemment peut-être chez les enfants et les adolescents, tantôt sans cause appréciable, tantôt à la suite d'une infection ou d'une intoxication. Vous reconnaissez là déjà l'étiologie de la Poliomyélite aiguë, c'est-à-dire de cette myélopathie plus spéciale à l'enfance qu'on appelle dans le langage clinique la Paralysie infantile.

Chez les adultes, la Polio-encéphalite supérieure, de même que la Poliomyélite, reconnaît souvent pour cause la Syphilis; et elle apparaît en général dés les premières années de l'infection. Les mjrexies de toute nature, la pneumonie, la diphtérie surtout, exercent aussi une influence manifeste; la grippe également semble avoir, dans ces dernières années, multiplié les cas de la maladie1. Je ne vous parlerai pas des autointoxications; leurs agents chimiques nous sont à peu près inconnus. Et, quant aux intoxications proprement dites, je me contenterai de mentionner celles qui sont le fait du plomb, de l'oxyde de carbone, de l'acide sulfurique et celles qui paraissent résulter de l'abus de l'alcool2.

Le début est quelquefois d'une soudaineté inouïe : une Polioencéphalite supérieure peut se déclarer du jour au lendemain. Tantôt simple, c'est-à-dire indépendante de toute autre manifestation paralytique, tantôt compliquée de phénomènes généraux, de céphalée, d'obnubilation intellectuelle, avec ou sans fièvre, enfin d'une faiblesse inexprimable qui n'est pas encore de la paralysie,

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