‹ Leçons sur les maladies nerveuses (volume 3)Chapitre 150 sur 163 · Goitre exophtalmique · texte numérisé non relu

Goitre exophtalmique

V. — Je vous ai déjà parlé, Messieurs, à propos de la première malade opérée à la Salpêtrière par M. Poucet, des accidents survenant pendant les premiers jours qui suivent l'opération.

Hien n'est pins commun aujourd'hui, à la suite d'une opération grave où la perte de sang n'a pas été grande, que de voir des sujets n'éprouver qu'un malaise insignifiant.

604 NATUHE ET TRAITEMENT DU GOITRE EXOPHTALMIQUE.

Dans l'exothyropexie, au contraire, il est de règle que le patient présente, peu de temps après L'intervention, des phénomènes d'agitation, une élévation du pouls, des sueurs abondantes, en somme un état général très alarmant. Ces troubles durent pendant deux ou trois jours: puis le calme reparait et, tout rentrant dans l'ordre, l'amélioration s'accentue peu à peu.

M. Poucet nous avait mis en garde contre cette éventualité inquiétante en apparence; son expérience personnelle l'avait suffisamment édifié à cet égard.

A peu près vers l'époque où il pratiquait ses opérations à la Salpêtrière, et où nous étions à même de contrôler l'absolue exactitude de ses assertions, Putnam publiait son mémoire relatif aux cas de Maladie de Basedow traités par la thyroïdectomie ; et il insistait de son côté sur les mêmes phénomènes d'agitation insolite consécutifs à l'opération.

« Le principal danger de ces opérations, dit Putnam, est que nous ne pouvons pas saisir la cause des résultats fâcheux qui surviennent dans quelques rares circonstances, et que nous ne pouvons pas les éviter —

« Les premiers jours qui suivent l'opération sont un sujet de grande anxiété pour le médecin, et de détresse pour le malade....

« Les svmptômes alarmants apparaissent entre le premier et le huitième jour après l'intervention. Il faut tenir compte, si on les voit manquer dans certaines observations, de ce fait qu'on a pu négliger de les noter, quand la terminaison a été favorable —

« L'état du malade est heureusement moins grave qu'il ne parait.

L'exagération de la dyspnée et de la tachycardie n'est peut-être qu'un phénomène comparable à celui qu'on observe chez les sujets qui n'ont pas été opérés....

« Il est bon de prévenir les amis du malade, sinon le malade lui-même, de ce qui se passe dans les premiers jours qui suivent l'opération. »

Parmi les cas rapportés par Putnam il en est un, qui lui est personnel, et où il est fait mention d'un accident post-opératoire sur lequel je tiens à appeler votre attention.

Si j'insiste sur ce fait, c'est, Messieurs, que je veux vous mettre en garde contre les appréciations erronées qu'on ne peut manquer de faire dans les cas où l'opération a une issue malheureuse.

NATURE ET TRAITEMENT l>l GOITRE EXOPHTALMIQUE. 605

Il s'agissait d'une femme de vingt-fneu ans présentant tons les signes de la Maladie de Basedow.

La thyroïdectomie fui pratiquée. Pendanl l'opération, la malade respirait mal; son pouls était irrégulier; elle était dans une grande prostration.

A la suite de l'éthërisation, elle fut prise de dyspnée et d'étouffements; des mucosités très abondantes remplissaient sa gorge; des vomissements survinrent, et son état parut des plus graves.

Le lendemain, les symptômes persistaient; l'agitation était extrême; il y avait môme du délire et une très forte fièvre, qui ne pouvait être mise sur le compte d'une infection.

Le surlendemain il en fut de même; les râles muqueux s'étendaient aux grosses ramifications bronchiques; on crut aussi percevoir à l'auscultation de petits points broncho-pneumoniques.

Puis, peu à peu, tous ces troubles s'amendèrent et disparurent complètement. Au bout de deux semaines la malade était complètement rétablie ; on constatait même une amélioration très sensible sur son état lors de son entrée à l'hôpital.

Cette observation, vous le voyez, est conforme dans ses moindres détails à eelle de notre malade.

Le point sur lequel je a eux surtout insister, en terminant, est le fait d'une sécrétion bronchique excessive à la suite de l'opération. Nous lavons observée d'une façon très manifeste chez notre malade, et je lis à plusieurs reprises remarquer cette sécrétion extraordinaire. A quoi faut-il attribuer ce phénomène? — Selon toute vraisemblance, il s'agit là d'une catarrhe réflexe. La dyspnée qui se produit alors est purement mécanique, elle est causée par l'amas des mucosités obstruant les grosses voies respiratoires.

Telles sont, Messieurs, les considérations que je tenais à vous présenter relativement à l'opportunité des interventions chirurgicales dans la Maladie de basedow, particulièrement pour ce qui concerne l'opération de l'exothyropexic.

Je vous en ai montré à la fois tous les avantages — et je les crois sérieux — ainsi que les dangers immédiats, qui d'ailleurs sont l'exception : les statistiques ;i cet égard sont péreinptoiros.

TRENTIEME LEÇON

MYXŒDÈME, CRÉTINISME ET INFANTILISME

I. — Ponction trophique en général. — Fonctions trop/tiques proprement dites et fonction de développement. — Fonction tïophogénique. — Dystrophies de la croissance.— Arrêts de développement. — Dystrophies totales.

II. — Myxœdème ou Cachexie pachydermique. — Caractères extérieurs de l'infiltration myxœdémateuse. — Faciès. — Évolution du myxœdème : Elle comporte trois périodes : Cachexie de la troisième période. — ' Asthénie et apathie physique et intellectuelle. — Ralentissement des fonctions viscérales.

III. — Étiologie : Sexe, âge, influences pathologiques antérieures : thyroïdite, thyroïdectomie : cachexie strumiprive.

Idiotie myxœdémateuse; idiotie crétinoïde. — Rapports de l'idiotie myxœdémateuse avec le crétinisme.

IV. — Crétixisme. — Sa parenté avec le goitre. — Goitre endémique et crétinisme endémique. — Hérédité du goitre ; crétinisme liéréditaire. — Degrés delà déchéance psychique dans le crétinisme endémique. — Le goitre n'est pas un caractère distinctif absolu du crétinisme. — Répartition géographique du crétinisme.

Y. — Le myxœdème est un syndrome et non une maladie. — Travaux de Hilton Fagge, SchilF, Laulanier et Gléy, Godart et Stosse. Paul Masoin. — Traitement rationnel du myxœdème. — Greffes, injections intra-veineuses de suc thyroïdien, injections souscutanées, ingestion du corps thyroïde en nature.

VI. — Exemples cliniques. — Myxœdème spontané; cachexie, mort. — Mécanisme de la mort.

Myxœdème chez une imbécile. — Traitement et guérison du myxœdème. Myxœdème chez wnc arriérée. — Myxœdème chez une idiote.

VU. — Infantilisme. — Myxœdème fruste dans l'infantilisme avec atrophie du corps thyroïde l.

MeSSILI'ISS.

Je vous ai déjà entretenus à plusieurs reprises des troubles trophiques en général cl. pins particulièrement, de ceux qu'on observe an cours du Tabès et de la Syringomyélie. Nous sommes arrivés à conclure que ces troubles résultaient d'une déséquilibra', tion nutritive, c'est-à-dire d'un défaut de concordance entre les stimulations périphériques cl les réactions fonctionnelles2.

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