‹ Leçons sur les maladies nerveuses (volume 3)Chapitre 38 sur 163 · RP · texte numérisé non relu

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104 PARAPLÉGIE ATAXO-SPASMODIQUE ET TABES COMBINÉS, rapport à la zone marginale. Mais on peut les considérer comme des branches de l'artère spinale antérieure, plutôt que comme des troncs artériels indépendants. Elles s'anastomosent avec les radiculaires postérieures: elles reconnaissent même une origine commune avec ces dernières, puisqu'elles sont de provenance intercostale. Leurs connexions avec l'artère spinale antérieure en font plutôt des dérivées de celles-ci.

En résumé, les artères radiculaires postérieures nourrissent les

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Fjg. 20. — Disposition schématique des artères de la moelle épinière

Système de la spinale antérieure. — SA, artère spinale antérieure. — SM, artèredusillon médian se distribuant aux Cornes antérieures et à la colonne de Clarke, CCI).— RA, artères radicu- I lires antérieures.

Système des radiculaires postérieures (RP) : SP, spinales postérieures situées en dehors des racines postérieures. — SI'' spinales postérieures (de plus petit calibre) situées en dedans des racines postérieures, et se ramifiant dans la corne postérieure. — BI. artère du faisceau de Burdach se ramifiant dans les cornes postérieures Gl, artère du faisceau de Goll (ou artère interfuniculaire). — Cette artère est en géti rai aussi importante que l'artère du sillon médian postérieur SM .— SM, artère dn sillon médian postérieur; elle ne va pas jusqu'à la zonecornucommissurale ZCC : cettezone est irriguée par l'artère interfuniculaire Gl '.

tordons de Goll, les cordons de Burdach, les cordons latéraux y compris le faisceau cérébelleux direct et le faisceau de Gowers; et elles nourrissent encore les cornes postérieures et les zones

1. Voy. pour la répartition des faisceaux blancs de la moelle la coupe schématique Fig..2, page 22).

radiculaires postérieures. D"aiitre part, l'artère spinale antérieure nourrit la substance grise centrale moins les cornes postérieures; et, dans les systèmes des faisceaux blancs, elle irrigue tout le cordon antéro-latéral, à l'exception du faisceau deGowers (Fig. 26).

Il est de toute évidence, ainsi que M. .Marie l'a observé, le premier je crois, que le Tabès combiné répondant à la forme clinique de la Paraplégie ataxo-spasmodique a pour siège anatomo-pathologique les régions spinales irriguées par les artères radiculaires postérieures.

J'ajouterai que, dans ses moindres détails, la sclérose reproduit

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Fig. 27. — Tabès combiné [paraplégie a taxo-spasmodique . — Distribution de la sclérose dans le territoire de l'artère spinale postérieure i SI' commandée par la radiculaire postérieure T»P). — I.e territoire de la spinale antérieure [SA) et de la radiculaire antérieure (RA) est respecté.

fidèlement la topographie de ce territoire d'irrigation. Ainsi, je vous ai dit que les lésions du cordon de Goll étaient beaucoup plus prononcées que celles du cordon de Burdach. On peut expliquer ce fait par la petitesse extrême de l'artère du sillon postérieur : la faible irrigation des cordons de Goll sur la ligne médiane est éminemment propice au développement d'une lésion atrophiante. Je vous ai dit également que, sauf un ou deux cas exceptionnels, la colonne de Clarke était respectée : il ne peut en être autrement, puisqu'elle est tributaire de l'artère spinale antérieure (Fig. 27).

106 PARAPLÉGIE ATAXO-SPASMODIQUE ET TABES COMBINES.

La superposition topographique de la sclérose combinée et des départements artériels que les artères radiculaires postérieures tiennent sous leur dépendance, est donc presque mathématique.

Cela, cependant, n'explique pas l'existence de la lésion dégénérative dans le seul bassin d'irrigation des spinales postérieures. Peutêtre devons-nous chercher la raison de cette particularité dans le t'ait que l'artère spinale antérieure beaucoup plus volumineuse, beaucoup plus constante, est moins sujette que les artères spinales postérieures aux inflammations chroniques oblitérantes. La meilleure preuve qu'elle est épargnée, nous est fournie par l'intégrité des cornes grises antérieures et des colonnes de Clarke. La pauvreté relative du réseau artériel postérieur serait donc, corollairement, la raison d'être de la localisation scléreuse postéro-Ialérale.

Sans doute, les cordons postérieurs reçoivent, dans la région dorso-lombaire, une branche radiculaire de fort calibre : lagrande radiculaire postérieure, qui est en quelque sorte l'artère satellite unilatérale de la première paire lombaire. Mais il faut observer que l'obliquité de cette artère est très peu favorable à la régularité du courant sanguin.

Est-ce Là une interprétation plausible? Je ne l'affirmerais pas, et je ne vous la présente que pour donner satisfaction au besoin d'expliquer une localisation dont la cause nous reste et nous restera peut-être cachée longtemps encore.

Ainsi. .Messieurs, le Tabès combiné que nous avons étudié aujourd'hui serait ^origine artérielle. C'est assez dire qu'il ne constitue pas, à proprement parler, une maladie systématique. C'estune myélite chronique diffuse à localisation « pseudo-systématique », pour nie servir encore d'une expression de M. Marie. Il me semble inutile de commenter le mot qui est assurément très explicite.

X. — Le Tabès combiné que je viens de vous décrire et dont la forme clinique parfaitement autonome a été mise en relief par Gowers, ne représente pas la seule et unique combinaison de sclérose fasciculée, que l'anatomie pathologique nous fasse voir. En regard des Tabès combinés pseudo-systématiques, il faut réserver une place spéciale à des combinaisons franchement systématiques n'ayant avec la précédente aucune parenté étiologique ou clinique.

La plus fréquente appartient kÏB. Paralysie générale progressive : elle fait partie de cette maladie, si étroitement quelquefois, qu'on

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ne saurait la regarder comme l'effet d'une pure coïncidence. Les cas auxquels je fais allusion ont été décrits par Westphal, par Putnam, Dana, Raymond, Furstner, Marie1, Dejerine*, etc.

Dans ces scléroses combinées, la lésion se cantonne assez exactement sur des cordons nerveux déterminés, et non sur des régions vasculaires plus ou moins indécises. La dégénération n'est donc pas seulement postérieure et marginale. Des faisceaux qui sont irrigués par l'artère spinale antérieure — le faisceau de Tûrck par exemple — peuvent être affectes au même degré que le cordon de Coll.

Mais ce chapitre de pathologie n'est encore qu'ébauché et les faits cliniques sur lesquels on en a établi le programme, sont trop disparates pour que je veuille m'y aventurer. C'est, en somme, tout un eùté de la Paralysie générale progressive ou des encéphalo-myélopathies similaires qui se découvre à nous. Les observations sont encore trop peu nombreuses pour que les classifications qu'on a proposées ne soient pas, d'ici à peu de temps, sujettes à revision.

Il n'en est certainement pas de même de la Paraplégie ataxospasmodique. Celle-là, en dehors des obscurités étiologiques qui l'environnent, restera, sinon une espèce, du moins une variété nosographique définie.

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