‹ Leçons sur les maladies nerveuses (volume 3)Chapitre 73 sur 163 · I. Voy. les 'm° el 8"" leçons · texte numérisé non relu

I. Voy. les 'm° el 8"" leçons

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gique, elle est de notion tellement vulgaire, qu'elle en est devenue proverbiale. Le zona, dans le langage populaire, c'est le « l'eu Saint-Antoine ». Or, le peuple dit. — sachant très bien qu'on ne meurt pas du zona : — « Le double feu Saint-Antoine est mortel ».

La douleur de ( -ôlé. survenue au mois d'août dernier, n'était donc pas un point de côté pleurétique ni une névralgie intercostale. D'ailleurs, vers la même époque, notre malade éprouvait parfois des sensations indéfinissables dans le bras gauche et dans la moitié gauche du visage, « comme un engourdissement avec de la raideur ». Elle avait même, par instant, de légères secousses à la commissure droite des lèvres; elle avait la langue paresseuse el quelquefois parlait avec difficulté. Tous ces petits phénomènes n'ont été que transitoires: nous verrons par la suite, que le diagnostic peut en tirer parti.

J'arrive au fait capital.

III. — Vers le mois de novembre dernier, un engourdissement. accompagné de pesanteur et de maladresse, envahit progressivement la jambe droite . La marche, d'abord difficile, devint en peu de temps tout à fait impossible. A peine la malade pouvait-elle se tenir debout et se déplacer en s'appuyant auv meubles. Obligée de garder le lit, elle éprouva, le mois suivant, des sensations analogues, mais non identiques, dans le membre intérieur gauche. Lorsqu'elle ('tait couchée, elle ne pouvait plus plier ses jambes ni les croiser.

C'est dans cet état qu'elle nous vint à la Salpètrière, il y a quelques jours.

Les troubles paralytiques étaient alors compliqués d'une anesthésie totale du membre inférieur (/(incite, de In hanche (/(incite, du flanc (/(incite, limitée en liant par une zone horizontale d'ltj//)eresthésie. — Je préciserai dans un moment le niveau de cette zone.

Du côté droit , nous ne constations pas le inoindre trouble de la sensibilité au membre inférieur, mais une incapacité fonctionnelle absolue. Tandis (pie la jambe gauche pouvait encore se déplacer dans le sens latéral et même un peu dans le sens vertical, la jambe droite ('tait immobile, inerte. De ce côté, le réflexe rotulien ('■tait exagéré et le clonus du pied apparaissait au moindre soulèvement de la plante. La paralysie du membre inférieur droit (Hait donc spasmodique. La paralysie du membre inférieur gauche ne

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l'était pas; beaucoup moins prononcée qu'à droite, elle intéressait surtout la sensibilité, sous tous ses modes (Fig. 93 et 94). A ce groupement do phénomènes sensitivo-moteurs, en quelque

Fig. 0"i et !»i. — Répartition des troubles sensitifs el moteurs dans un cas de Syndrome de Brown-Séquard, avec dissociation syringoniyélique de la sensibilité.

sorte disjoints et inverses d'uu côté à l'autre, vous reconnaissez le Syndrome de Brown Séquard, c'est-à-dire V Hémiparaplégie spinale avec hémianesthésie croisée.

Dès maintenant, je dois vous dire que la situation n'est plus la même qu'aux premiers jours.

La Syphilis ayant déjà t'ait ses preuves chez cette malade, nous avons supposé qu'elle n'était pas hors de cause. Presque en même temps que l'hémiparaplégie motrice, quelques petits phénomènes à localisations distinctes et éparses, tels que le spasme de la commissure labiale gauche, l'embarras passager de la parole, l'en-

•J. Dans tous les schémas représentant la répartition des troubles delà sensibilité ou de la motilité, nous avons convenlionnellement Gguré :

La Paralysie flasque ou spasmodique] par des hachures verticales.

IMnesthésie sous tous 1rs modes par des hachures horizontales.

L'Hyperesthésie sons tous 1rs modes par des hachures obliques de droite à gauche.

Les Dissociations dites syringomyéliques par des hachures oblique

Les hachures sont d'autant plus serrées que 1rs troubles moteurs plus accusés.

Les mêmes hachures sont pointillées quand ces troubles sont fail (parésie, hypoesthésie, hyperesthésie légère, etc. ■

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gourdissement du bras gauche, avaient annoncé un retour offensif de la vérole.

Le traitement fut appliqué dans toute sa rigueur, et, à notre grande satisfaction, une amélioration presque inespérée s'ensuivit. La paralysie motrice du membre inférieur gauche s'est transformée en un simple état parètique qui permet à la malade de se tenir debout et de mouvoir librement sa jambe dans son lit. L'impuissance du membre inférieur droit a diminué elle-même, malgré la persistance de la contracture.

Et, quant à l'anesthésie totale du membre inférieur gauche et de la moitié gauche du tronc, nous la voyons actuellement réduite à la perte des sensations thermiques et douloureuse (Fig. 95 et 94).

Nous sommes toujours en présence du Syndrome de Brown- Séquard, mais, tandis que dans le type classique, l'hémianesthésie croisée est totale, nous la voyons ici partielle et identique, en tant que trouble estbésique, h la dissociation dite syringomyélique.

Avant d'aller plus loin. Messieurs, je dois vous dire que le type parfait du Syndrome de Brown-Séquard n'est pas souvent réalisé par la Syphilis spinale. On ne l'observe guère à l'état depureté que dans les cas de tumeurs intra-racbidiennes, et surtout à la suite des hémisections spinales par instruments tranchants ou projectiles de tout petit calibre.

Pour (pie la Syphilis donnât lieu au syndrome complet, il faudrait que les tumeurs gommeuses de la moelle fussent plus fréquentes. Or, il n'existe guère que trois ou quatre observations authentiques de gommes médullaires isolées et non accompagnées de méningite chronique. Celles de Moxon, Wilks, Wagner, partout cités, sont passibles d'objections sérieuses. Ne soyez donc pas surpris si l'IIémiparaplégie spinale classique a'est qu'ébauchée dans les Méningomyélites syphilitiques. .Mais, par contre, retenez que ce syndrome ébauché se voit très communément dans la Syphilis médullaire.

On pourrait dire même qu'il se présente sous cette forme dans presque toutes les observations de paraplégie syphilitique publiées jusqu'à ce jour. En effet, la paralysie est plus marquée dans l'un des deux membres inférieurs, si elle n'est pas franchement unilatérale; et d'autre part, vous lirez, dans le plus grand nombre des cas, des phrases comme celle-ci : « Il existe quelques troubles de la sensibilité objective au membre du côté opposé; sur le pied, à la

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jambe. le chaud et le froid sont confondus. » Vous lirez même dans un important mémoire d'Oppenheim sur la Syphilis des centres nerveux, la proposition suivante : « Un autre critérium (de ces paralysies) est le syndrome de Brown-Séquard plus ou moins accentué. .. je l'ai souvent constaté en clinique, mais, d'après mes observations, il se montre d'une façon passagère1 ». M. Lamy, de son côté, a fait une enquête dont les conclusions sont beaucoup plus explicites que la remarque incidente d'Oppenheim : « Le Syndrome de Brown-Séquard complet et permanent est liés rare dans la Syphilis: ébauché et transitoire, il constitue la règle. »

C'est donc dans le fait de la dissociation syringomyélique (sur le membre atteint d'hémianesthésie croisée) que réside Vébauche du syndrome de Brown-Séquard qui persiste encore aujourd'hui (diez notre syphilitique.

IV. — Mais ce n'est là qu'une constatation et nous sommes encore loin du diagnostic topographique. 11 faut tâcher de préciser — ce qui n'est pas toujours facile — les caractères cliniques du syndrome et, autant que possible, d'en déterminer la pathogénie. Si la recherche d'une localisation exacte peut ne pas avoir aujourd'hui une utilité pratique immédiate, elle peut en avoir une demain ; elle en aurait une certainement, si nous devions abandonner l'hypothèse d'une lésion syphilitique de la moelle pour admettre, je suppose, l'existence d'une tumeur justiciable d'une opération.

Pour ne pas nous égarer dans l'enquête que nous avons à faire, je vous demanderai, Messieurs, la permission de vous remémorer certains détails d'observation clinique, relatifs à PHémiparaplégie spinale, — détails en apparence compliqués, mais d'une schématisation possible. J'emploierai des formules de langage un peu trop concises peut-être et rappelant le style télégraphique, mais les ligures que vous allez voir combleront les vides.

a. Étudions d'abord les troubles moteurs et sensitifs qu'on observe aux membres inférieurs, dans un cas de lésion spinale à la région lombaire.

Leur répartition est la suivante :

1° Motiliti': : d'un côté du corps (le côté droit, par exemple,

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