‹ Leçons sur les maladies nerveusesChapitre 134 sur 159 · I. Soc. fie Mol.. IX mni · texte numérisé non relu

I. Soc. fie Mol.. IX mni

439 I N F A N T [LIS M E I\l Y X (BD É M \ T EUX.

auparavant, Hol'meisler avait publié ses recherches sur les suites

de l'extirpation du corps Lhyroïde, en i lémoire de premiei

ordre, riche de faits et d'idées ingénieuses. C'est là (|ne vous trouverez l'explication histologîquc de l'arrêt de la croissance. La suppression du corps thyroïde détermine une maladie du cartilage épiphysaire aux dépens duquel se fait l'accroissement des os longs. Cette maladie consiste eu une diminution de la prolifération cellulaire normale et, eu même temps, eu une formation excessive de la substance interstitielle du cartilage. tlofmeister proposail pour celle affection si spéciale du cartilage interépiphysaire le nom rébarbatif de Chondrody sirop hia thyteopriva. Laissez le mol el retenez la chose.

Un des caractères cliniques les plus frappants de l'infantilis ,

c'est, l'arrêt de la croissance. Mais l'arrêt de croissance ne porte pas seulement sur les os longs, il est total; el c'est là justement ce qui constitue l'infantilisme proprement dit, car la taille, d'une façon générale el dans les conditions normales, présente des différences individuelles qui ne sont point morbides. Or. un fait bien plus important que la hauteur absolue du sujet, c'est la persistance, chez l'adulte, du rapport des dimensions infantiles de la tête avec celles du corps. Chez reniant, la tête est relativement beaucoup plu*volumineuse que chez l'adulte; et chez les infantiles myxœdémateu\ ou pseudo-myxœdémateux, on conçoit que la grosseur relative de la lèle ait une signification nosologique sur laquelle il n'y aura plus désormais à se méprendre. Il va sans dire que les proportions infantiles de la tête dépendront de l'âge auquel le développement régulier du squelette aura été entravé.

V. — Il me semble que je vous en ai dit assez sur celle première variété d'infantilisme qui est, n'en douiez pas, la plus authentique el la plus'facile à reconnaître. Je n'ose affirmer qu'elle soit la plus fréquente; et, si elle ne l'est pas davantage, cela tient à ce qu'elle relève dune seule cause, assez rare elle-même, à savoir: l'atrophie spontanée du corps thyroïde. En résumé. Messieurs, l'infantilisme vrai n'est, à mon sens, rien autre chose que la maladie décrite par Bourneville sous le nom d'idiotie myxœdémateuse cl les différences de degré de l'infantilisme résultent de deux conditions diversement associées :

1" L'intensité de la lésion thyroïdienne atrophiante;

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'2° l'âge auquel la suppression do la fonction thyroïdienne produit l'arrêt du développement.

Tout ceci revient à dire que l'infantilisme est un état morbide auquel convient exactement la môme thérapeutique qu'au myxœdème ou à l'idiotie myxœdémateuse. M. Hertoghç (d'Anvers) en a fourni la démonstration éclatante. Comme, après tout, la petitesse de la taille résultant de la lésion chondro-épiphysaire est une des marques les pins significatives de la dystrophie « thyréoprive », il devait venir à l'esprit que le défaut d'accroissement en longueur du squelette est une sorte d'infantilisme partiel ou systématiquement limité aux appareils osseux. M. llerloglie a eu le premier cette bonne idée : il a constaté que le traitement par l'extrait de glande thyroïde produit une croissance rapide chez les sujets non myxœdémateux, et cela jusqu'à l'âge de 27 ans, c'est-à-dire un âge où l'on a déjà depuis longtemps perdu tout espoir de grandir. Vous savez même que M. Hertoghe a pu déterminer par la radiographie les conditions dans lesquelles on peut encore compter sur la croissance. La persistance du cartilage d'ossification des extrémités osseuses indique que l'os peut encore augmenter de longueur et la radiographie nous l'enseigne avec une admirable précision sur la persistance de ce cartilage. D'ailleurs si l'accroissement de la taille est le signe le plus manifeste de l'action bienfaisante du traitement, on s'aperçoit aussi que tous les autres caractères de l'infantilisme se modifient en môme temps dans un sens favorable. Les résultats sont trop séduisants pour que cette thérapeutique' ne se laisse parfois entraîner un peu loin. Je ne saurais trop vous conseiller la prudence, et. quand vous prescrivez une dose active de corps thyroïde, ne perdez pas de vue vos malades; suivez-les jour par jour.

VI. — Maintenant, il me faudrait indiquer au moins en quelques mots les éléments du diagnostic différentiel de l'infantilisme myxœdémateux et de Vautre infantilisme.

Quel est-il donc cet autre infantilisme que je n'ai pas décrit et dont un très petit nombre d'initiés parlaient d'après les travaux de Lorain et l'ancau de la Cour? — Je ne suis pas embarrassé de vous le dire si je m'en tiens au seul document que Lorain nous ait laissé : une lettre préface qui est la partie la plus intéressante de la thèse de Faneau de la Cour, cl dans laquelle l'infantilisme nous est présenté comme pouvant réaliser les trois variétés suivantes :

en ts- \ i ii. htÇOM, — II. K2H

454 INFANTILISME MYXŒDÉJI H'EI \.

1° Débilité, gracilité et petitesse du corps, sorte d'arrêt de développement <|ui porte plutôt sur l;i unisse de l'individu que sur un appareil spécial.

'1" Juvénilité persistante, telle qu'un homme de 30 ans paraîtra n'en avoir que IN;

5U Variété féminine : hanches développées dans le sens des diamètres horizontaux, c'est-àdire arrêt de développement de l'appareil génital; peau glabre sur le thorax, sur le visage; cheveux longs, fins et soyeux; forme particulière de l'œil, des paupières, cils longs: mamelles développées (p. 10).

Laissons de côté la variété féminine et ne considérons que les deux premières variétés. II me semble qu'elles se confondent en une seule et j'aperçois très distinctement les types qui ont servi à les établir. Je les vois avec « leur débilité, leur gracilité, la petitesse de leur corps, sorte d'arrêt de développement qui porte plutôt sur la masse de l'individu que sur un appareil spécial ». Je vais même immédiatement vous soumettre un spécimen « débile, grêle et petit » de cette variété, à laquelle il ne manque véritablement que l'infantilisme pour justifier la classification de Lorain (Fig. 149).

Ce garçon de 1 7 ans que j'ai fait photographier à côté d'un homme de "29 ans, est, comme vous en pouvez juger du premier coup, un petit homme lui-même mais non plus un enfant. Il n'a pas la taille d'un Immme et il est proportionné comme un homme. Il n'a pas.

Fig. I i-9. — Infantilisme du type Lorain garçon de 17 ans.

I N F A NTI LIS M K M Y \ (K 1 1 Ê M À T EUX. i.".:»

en particulier, la grosse tôle de l'enfant, je veux dire grosse par rapportai! reste du corps (Fig. 150), il n'a pas les grosses joues, le torse arrondi, les muscles potelés, les jambes relativement courtes qui caractérisent l'infantilisme. Chez lui, rien n'est enfantin, sinon l'appareil génital; et encore ne s'agit-il que d'un retard, cor quelques poils apparaissent au pubis et le testicule gauche, jusqu'à ces derniers temps retenu dans le canal inguinal, vient d'être libéré par le chirurgien et on le sent maintenant dans les bourses.

Fig. 150.

Infantilisme du lype Lorain.

Garçon de 17 ans.

Fig. 151. — Infantilisme du type Lorain. Femme de 30 ans (cas de II. Meise .

Ce sont de tout petits organes, mais ils sont assortis au reste; ils participent de l'infantilisme général. Le corps thyroïde luimême, quoique de 1res faibles dimensions, est perceptible dans les mouvements de déglutition. Ce n'est pas de l'atrophie de cette glande que procède ici l'infantilisme; c'est d'une autre cause qu'il s'agira de déterminer.

La seconde variété de Lorain se confond, vous disais-je, avec la

436 INFANTILISME MYXŒDÉMATEUX.

première : c'esl une juvénilité persistante, telle qu'un homme de 30 ans paraîtra n'en avoir que 18.

Voici, non pas un homme, mais une femme de 30 ans qui a conservé les apparences extérieures d'une petite fille de lu à 12 ans (Fig. 151). Vouslirezson hisloirodans le mémoirede M. Henry Meige

auquel j'emprunte celle photographie. Il me suffira de dire que celle femme n'a jamais eu aucune manifestation sexuelle:

pas de poils, pas de seins, pas de règles.

Eti en voici encore une aulre, celle-là âgée de 20 ans, et tellement semblable à la précédente qu'on pourrait la prendre!

pour une sœur de celle-ci (Fig. 152).

Elle non plus, n'a aucune manifestation sexuelle, et c'est bien sinon une enfant, du moins une juvénile au sens proposé par forain, car la conformation n'a plus rien d'infantile el les proportions sont celles d'un sujet adulle. L'absence des fondions sexuelles, dans les cas analogues, ne signifie rien aulre ebose qu'un trouble général de la nutrition. Ces femmes, quoiqu'elles aient tous les organes de leur sexe, n'ont pas de fonctions sexuelles parce que l'ensemble de leurs aclcs nutritifs est en souffrance. Comme tant d'autres femmes phtisiques ou cblorotiques ou simplement anémiques, elles Fig. 152. — infantilisme du n'ont pas celte force de réserve, en un mot type Forain. Fille de 20 ans. celle énergie particulière qui suscite et [Anangioplasie. entrelient l'activité génitale; voilà tout.

Et il en est exactement de même des hommes chez qui le prétendu infantilisme en question ne relève pas de l'abolition primitive de la fonction sexuelle, mais la provoque el, avec le temps, la rend définitive.

D'ailleurs vous rencontrerez bon nombre de cas du même genre où tout se borne à un arrêt de développement compliqué d'une certaine débilité générale sans malformations ni troubles de l'appareil génital, .le reviendrai encore dans un instanl sur les loue-

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