SUR LA DISTRIBUTION MÉTAMÉR1QUE
de ce trouble avec ceux dont je viens de vous parler est trappanle. Kl comme les zones d'anesthésie, dans les cas de Nikolski, étaient perpendiculaires à l'axe des membres, il est impossible de les attribuer à une affection primitivement ganglionnaire ou radiculaire; il faut en faire remonter l'origine à une localisation de segment spinal.
Il ne me paraît pas difficile d'interpréter celte singulière variété de lésions dystrophiques ou de troubles de la sensibilité en considérant le renflement brachial, par exemple, comme l'ébauche d'un prolongement de la moelle dans le membre supérieur. Du reste, si vous examinez trois coupes transversales de la moelle passant, la première au-dessus, la seconde au milieu, la troisième au-dessous du renflement brachial, vous ne pourrez pas douter que la corne antérieure et la corne postérieure possèdent, sur la coupe du renflement, des parties qui font complètement défaut sur les deux antres coupes. Ce sont ces parties surajoutées qui me paraissenl jouer le rôle d'un prolongement spinal tout à fait rudimentaire dans le membre. Or, le prolongement de la corne postérieure a luimême, aussi bien que la moelle, une longueur sur laquelle s'étagenl un certain nombre de segments secondaires : à chacun de ces élages correspondrait un étage périphérique. La lésion cavitairede la syringomyélie s'avançant, suivant les cas, plus ou moins loin dan* la corne postérieure, on conçoit que les troubles de la sensibilité s'arrêtent à un niveau plus ou moins distant de la racine du membre
Il y a près de cinq ans, lorsque je vous proposais celte hypothèse comme la seule capable de résoudre provisoirement le problème, je ne me doutais pas que la métamérie secondaire dût être bienlôl signalée dans des travaux d'embryologie pure. Les membres sont dîme constitués par des « métamères de métamères ». Je m'approprie, sans hésiter, cette formule de M. Houssay pour les besoins de ma cause.
Les autopsies de zona étant tout à fait exceptionnelles, et la technique histologique n'ayant pas encore su nous révéler les altérations de structure qui, aux yeux de la plupart des observateurs, doivenl être incriminées dans un grand nombre de dermopathies, ce n'esl pas le zona qui, en dehors des faits cliniques, pourrait confirmer l'authenticité de la métamérie secondaire. Mais Fanatomie pathologique de la syringomyélie n'a pas dit son dernier mot, et, si la théorie que je viens de vous exposer doit recevoir un jour une consécration définitive, c'est la syringomyélie qui la lui fournira.