‹ Leçons sur les maladies nerveusesChapitre 95 sur 159 · LE RÉFLEXE DU FA SCI A L ATA · texte numérisé non relu

LE RÉFLEXE DU FA SCI A L ATA

•nent. Los frottements répéUs sous la plante des pieds lui font le même effet — ni plus ni moins — que les mêmes frottements sur le front ou sur la poitrine : « Ça lui est bien égal. » — Kl notez cependant que le réflexe se produit chez lui sous la forme typique dont je vais vous parler dans un instant. Un de ses voisins, chez lequel toute trace de nervosisme l'ail complètement défaut, accuse une réflectivité plantaire poussée a l'extrême. Le moindre contael le l'ail bondir.

Quelle modalité spéciale de « tempérament » s'affirme ainsi par une sensibilité exquise des neurones tactiles? Je ne vous le dirai pas. Il est, en tout cas, probable qu'il ne s'agit pas d'autre chose (pie d'une susceptibilité particulière des organes du tact mis en branle par une action mécanique et indépendante de l'épaisseur de l'épiderme. Yous pouvez vous en assurer en constatant l'existence du môme réflexe chez cet autre malade, nègre de la Martinique, habitué à marcher pieds nus. et dont l'épiderme plantaire esta» moins aussi épais que de fortes semelles de cuir.

C'est à dessein que je vous engage à réduire au minimum les moyens de provoquer le réflexe plantaire : l'attouchement, le frôlement, le frottement; aucun de ces moyens n'entraîne de sensation douloureuse, et par conséquent ne peut compliquer la réaction musculaire.

III. — Quelle est donc la réaction la plus simple que l'excitation mïnima va produire?

Les traités de sémiologie sont muets sur ce point. Le petit manuel de Iilocq et OnanofF1 — qui est un des plus récents ouvrages de sémiologie nerveuse — est relativement explicite, mais il souligne une erreur : « 11 est facile de constater la contraction plus ou inoins énergique de tous les muscles du membre inférieur à la suite de l'excitation plantaire. » Cela n'est vrai que pour les excitations fortes et prolongées. Encore arrive-t-il parfois que celle-ci semblent d'abord ne donner lieu à aucune réponse musculaire. Il n'est pas plus vrai de dire que l'excitation de la plante du pied produitune flexion du pied sur la jambe, et que c'esl là le réflexe plantaire". 11 faut y regarder de plus près, car si. après avoir décou-

I. Séméiologie cl diagnostic des maladies nerveuses, p. 129. Paris, tfasson, 1892. '2. Letoen ut lioi.Dscnniunn, Hpccicllc Pathologie u. Thérapie v. Sothnagcl, X. Bd. ji. i'.i.

LE RÉFLEXE M F \scl.\ L \ I \.

verl le sujet jusqu'aux hanches, vous excitez 1res légèrement l'épidémie plantaire, vous verrez presque toujours apparaître une contraction vive. Instantanée el isolée du tenseur du fascia lata. Telle est la règle générale.

Je dois ajouter que les exceptions paraissent obéir elles-mêmes à une règle : La moins rare consiste dans la contraction simultanée du tenseur du facia lata et des adducteurs cruraux. La contraction isolée îles adducteurs est, elle aussi, relativement commune : elle est accompagnée en général de celle du couturier. Enfin nous avons vu plusieurs l'ois le réflexe débuter par les adducteurs du côté opposé. Mais je répète, pour bien établir le fait, que la première contraction est, dans l'immense majorité des cas, localisée au tenseur du fascia lata.

Si l'excitation est plus forte, si on la répète coup sur coup, l'effet de sommation se généralise, et le mouvement d'ensemble exécuté par le membre inférieur se décompose, comme l'a bien dit M. Babinski, en une série de flexions de la cuisse sur le bassin, d la jambe sur la cuisse, du pied sur la jambe et des orteils sur le métatarse. Il y a là un ordre de succession à peu près invariable, qui rappelle la loi de propagation des réflexes formulée par Pflùger, et dont le mécanisme intime n'est pas bien difficile à deviner.

Pour mieux affirmer encore ce qu'il y a de caractéristique dans celte contraction isolée du tenseur du fascia lata à la suite d'une excitation plantaire tout à fait superficielle, je vous l'enverrai à un de nos malades atteint de myélite aiguë centrale. Cet homme a une paraplégie flasque des deux membres inférieurs et des sphincters, avec des eschares et une diminution considérable de tous les modes de la sensibilité depuis la ceinture jusqu'aux orteils. Il perçoit encore lès frottements à la plante des pieds, mais

10i. — Fosselle fémorale (faune du Vatican).

ci: --M li, LEÇOXt.

LE RÉFLEXE I) Il FASCIA t. A TA.

il n'éprouve plus comme autrefois la sensation de chatouillement. Or les frottements, les pincements, les piqûres ne provoquent chez lui qu'une seul.' contraction musculaire; celle du tenseur du fascia lata. .le ne m'attarderai pas à multiplier les exemples de ce genre. La constatation du fait en lui-môme est des plus simples et il ne tient qu'à vous de le vérifier.

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