LE RÉFLEXE DU KASCIA LA TA
talion douloureuse suscite le plus souvent une agitation et des mouvements généralisés, niais très parement une contraction limitée aux muscles du membre excité. De môme, chez les hémiplégiques prives du réflexe plantaire, dans les premiers jours qui suivent un grave ictus, l'excitation douloureuse de la voûte du pied a pour efl'et un soulèvement des deux membres sains. Lorsqu'on multiplie les excitations, les actes se compliquent et se combinent dans le but évident de repousser l'agent irritant. C'est là de l'automatisme au premier chef. Mais il n'y faut pas voir une manifes talion d'ordre réflexe, seulement sous prétexte que la piqûre a été sentie.
II. — Les vrais réflexes cutanés sont, en résumé, des actes beaucoup plus élémentaires, et le nombre eu est très restreint. Ils résultent d'un simple attouchement; ils n'impliquent pas. ils excluent même toute sensation douloureuse perçue ou non perçue. Tel est le réflexe cornéen, tel est le réflexe crémastérien, tels sont les réflexes abdominaux, le réflexe anal, le réflexe auriculaire, le réflexe pharyngien, le réflexe plantaire. Je m'arrêterai à ce dernier.
Pour le produire, l'attouchement superficiel de l'épiderme plantaire suffit très souvent : mais plus souvent encore un léger frôlement est nécessaire. La région excitable est plus ou moins étendue. Toul dépend de la sensibilité individuelle. Chez les uns, c'est la totalité de la face plantaire, depuis le talon jusqu'à l'extrémité des orteils : tantôt c'est la voûte proprement dite ; tantôt c'est la pulpe des orteils exclusivement, tantôt enfin, et le plus ordinairement, c'est une zone cutanée, oblique et longitudinale, correspondant à la limite commune des territoires du nerf plantaire interne et du plantaire externe.
Les explorations multipliées que nous avons faites à cet égard ne permettent guère d'être plus précis. La première excitation provoque habituellement un réflexe plus vif que les excitations suivantes. Chez les sujets sains, la sensation de contact ou de frôlement est toujours perçue, mais avec un caractère tout spécial — inconstant il est vrai — qui ne saurait être décrit et qui consiste dans le chatouillement. On est chatouilleux ou on ne l'est pas; le riervosisme n'y est pour rien. I n malade de nos salles, névropathe autant qu'on peut l'être, perçoit toutes les excitations plantaires, et ne sait cependant pas ce que c'est que la sensation de chatouille-