‹ Lecons sur les maladies vénériennesChapitre 102 sur 441 · I}E>CE5I>IBENT A LEUR NIVEAU NUMÉRIQUE LE PLUS BAS EN · texte numérisé non relu

I}E>CE5I>IBENT A LEUR NIVEAU NUMÉRIQUE LE PLUS BAS EN

jf n'ai point cherchée et que, du reste, il m'eût été difficile de prévoir, il est arrivé que l'année 1875 a été celle où, dans une période de onze ans, depuis le 1*' janvier i869, jusqu'au 1" janvier 1881, le nombre d*:s maladies et en particulier celui du chancre simple est tombé à son minimum dans la ville de Paris.

Cette année 1875 représente donc, pour ainsi dire, Vétiage des maladies vénériennes, c'est-à-dire la proportion numérique la plus faible à laquelle elles soient descendues depuis bien des années. Elle est le terme du mouvement décroissant commencé en 1870 et le point de départ du mouvement ascendant qui a débuté en 1876, s'est accru ]•§ années suivantes et a fini paratteindre, en 1880, un développement qui dépasse les prévisions les plus pessimistes.

Pour mettre un certain ordre dans l'exposé que je vais vous faire, il est nécessaire de le diviser en deux parties. La première sera consarrée aux fluctuations numériques des maladies vénériennes prises dans leur totalité. La seconde aura pour but de vous montrer par quelles vicissitudes numériques a passé le chancre simple depuis l'année 1 875 jusqu'au commencement de l'année 1881. Enfin je terminerai par quelques considérations sur la topographie des maladies vénériennes dans la ville de Paris et sur les principales sources de la contagion.

Dès le début de mes recherches, je me suis trouvé en face d'une difGculté que je ne dois point passer sous silence. Quelle base, en effet, fdUait-il prendre pour fixer approximativement le nombre des contagions vénériennes dans la ville de Paris? Était-il possible de connaître avec quelque exactitude le chiffre des malades de tout sexe, de tout iu^y de toute condition, qui s'adressent aux nombreux médecins de la Mile, aux spécialistes et même aux pharmaciens? Non; il n'y fallait |Aas songer un seul instant. D'ailleurs, à supposer qu'on fût parvenu a réunir des documents de cette nature, n'auraient-ils pas présenté des lacunes nombreuses, des points obscurs et incertains qui auraient • ornpromis l'authenticité des résultats?

J'ai donc été réduit forcément à me contenter de prendre pour base oe mes recherches la nombreuse clientèle qui afflue chaque jour à Ihèpital du Midi, soit pour entrer dans les salles, soit pour demander <l(rs consultations. Quoique ce champ d'observat\on soit immense, peot-étre le trouvera-t-on insuffisant à quelques égards, puisqu'il n'est alimenté que par une des classes de la population parisienne. Mais je V'iQâ ferai remarquer que là, du moins, nous avons des garanties l"j?itive« sur le diagnostic et sur le processus des maladies véné-

182 STATISTIQUE PROUVANT L'AUGMKNTATION DBS TffATiAPTKfi

riennes, et qu'en somme les malades qui vieunent de tous côtés nous demander des soins, figurent pour un chiffre imposant dans l'ensemble des habitants de la ville.

Avant d'aller plus loin, il importe de vous avertir que les statistiques des consultations comprennent non seulement les malades qui viennent pour la première fois se faire traiter, mais aussi ceux qui revicDDeat par la suite, plus ou moins souvent. Ce serait donc une erreur de supposer que ces chiffres indiquent toujours des individus distincts. Mais peu importe au point de vue où nous nous plaçons, puisque ce procédé de supputation en bloc s'applique à toutes les années qu*: nous comparons, et que la proportion des malades nouveaux et dt« malades anciens reste à peu près toujours la même. Or, cette proportion est environ de un malade nouveau pour un et quelques fractiuns d'anciens.

StATISTIODES prouvant l'augmentation des maladies VÉNÉaiENKBS DANS LA TILLE PF Pu 1 . DEPUIS 1875 jusqu'au COMMENCEMENT DE 1881.

Gett« augmentation ne s'accentue qu'en 1871.

En 1878, année de rExposition, elle prend un développement considérable.

Après l'Exposition, en 1879, le mouvement ascensionnel, loin de se ralentir, s'accélère. Il en «■ ^' i

même, et sur une plus grande échelle, pendant l'année 1880. Le chiffl!« de l'augmentation des consultants à l'hôpital du Midi s'élève, cette année-U, à ^e.^-l i

surpasse de 20,257 celui de l'année 1875, et de 9,848 celui de l'année 1869. En cinq ans, à partir de 1875, l'augmentation des maladies vénériennes a été près de deux f:*\ i

considérable que n'avait été leur diminution en six années, de 1869 à 1875. La contagion vénérienne est plus active, chaque année, dans le troisième trimestre que 'i-.»l

deuxième, dans le deuxième que dans le quatrième et dans le quatrième que dans le pren-^'-r

Ces préliminaires posés, examinons quel a été, depuis Tannée \>>7 jusqu'à la fin de 1880, le nombre des malades qui se sont préseutfj aux consultations de l'hôpital du Midi.

En 1875, dans cette année que vous ne devez jamais perdre de mj pour les raisons que je vous ai exposées tout à l'heure, le chiffre d^ consultants s'était abaissé à 16,406 pour les trois divisions réunit! C'était une décroissance énorme, car dans les années antérieures, avait été :

En 1874 i8,4l9

En i873 20,429

En 1872 23,392

Eu «871 18,187

En 1870 23,350

En 1860 26,815

YtNÉRIENNSS DANS LA VILLE DE PARIS DE 1875 A 1881. 183

Ainsi, de 1869 jusqu'en 1873, le nombre des consultations à Thô- }itai du Midi avait diminué progressivement de 10,409, chiffre imposant dont j'ai fait ressortir toute l'importance dans mes travaux antérieurs. Eh bien, vous allez voir maintenant, qu'un mouvement en sens inverse, c'est-à-dire une augmentation continue et de plus en plus onsidérable, s'est produit depuis 1875 jusqu'à aujourd'hui. En effet le nombre des consultations a été :

En 1876 17,088

En 1877 J9,538

En 1880 36,663

En comparant les années extrêmes de ce mouvement ascensionnel, 'lius une période de cinq ans, on trouve que, en 1880, il y a eu, à la .• «iisiiltation de l'hôpital du Midi, 20,237 malades de plus qu'en 1875. — Le nombre des consultants a donc plus que doublé. C'est là un fait surprenant, et qui mérite bien qu'on l'analyse dans toutes ses circonstances afin d*ea pénétrer les causes.

A la diminution qui s'était produite de 1869, ou plutôt de 1870 à 187.5, a donc succédé, à partir de cette dernière année, une augmentation dans le nombre des maladies vénériennes, qui ne s'était pas encore ralentie dans les premiers jours de 1881.

Celle augmentation n'a pas été uniformément progressive ; ce n''est qu'après 1878 qu'elle a pris des proportions réellement inquiétantes. Il ^iiflîl, pour s'en convaincre, de comparer le nombre des consultation*^ de chacune des années du mouvement ascendant, avec l'étiage de 1873.

Il'- 1875 à 1876, en effet, l'augmentation dans le chiffre des consul- Uinià n a été que de 682, quantité à peu près insignifiante et dont nous pourrions même ne pas tenir compte. Elle prouve que le niveau d-s maladies vénériennes ne s'est élevé qu'insensiblement dans ces deux années.

\k 1876 à 1877, il monte de plusieurs degrés, puisque l'augmen- UlioD sur 1875 est de 3,132 consultants, et, sur 1876, de 2,4S0.

I>e !877 à 1878, il s'accentue encore plus. Nous trouvons une u'uTnentalion de 4,983 sur 1875; de 4,301 sur 1876, et de 1,851 *url877.

Nous voici arrivés à l'année 1878. Rappelez-vous la place impor-

184 ETAPES SUOOESSIVES DE L'AUGMENTATION DES KALAOIES

tante qu'elle occupe dans les fastes de la ville de Paris. Ce fut Tépoque où eut lieu cette Exposition universelle qui fit accourir ici, de tous les points du monde, une quantité si prodigieuse de visiteurs.

Eh bien, c'est à partir de cette année-là que la crue des maladies vénériennes a pris le» caractères d'une inondation.

De 1878 à 1879, en effet, l'augmentation sur 1873 est de 13,303; sur ^ 876, de 12,621 ; sur 1877, de 10,171 ; sur 1878, de 8,320.

Vous voyez par là que la progression est singulièrement modifié»».

On aurait pu croire, et je l'avais espéré, que cet accroissement, aprè> 1878, dans le nombre des maladies vénériennes, qui avait précédé t^t suivi l'Exposition universelle de 1878, ne serait qu'un phénomène anidentel et transitoire, qui s'atténuerait peu à peu et disparaîtrait avec la cause probable qui lui avait donné naissance.

Malheureusement, il n'en a pas été ainsi, et l'année qui vient ds'écouler. Tannée 1880, est, au point de vue de la contagion des maladies vénériennes, une des plus mauvaises que nous ayons eu depuis bien des années. Je doute même que le nombre des malades qui viennent-nous demander des conseils à l'hôpital du Midi se soit jamais élevé jusqu'à ce chiffre de 36,663 consultants.

En le comparant à celui des années précédentes, on constate un< augmentation de 20;2o7 sur l'année 1873; de 19,575 sur 1876; A 17,125 sur 1877; do 15,274 sur 1878; et de 6,654 sur 1879.

Est-ce qu'une pareille crue ne vous parait pas extraordinaire ?Conj ment se fait-il qu'en cinq années le niveau des maladies vénérienne^ à Paris, se soit élevé de 20,257 au-dessus de l'étiage de 1875, <i de 15,274 au-dessus de la crue de 1878 qui, celle-là du moins, a>:ii sa raison d'être dans laccroissement immense que prit la populatini parisienne pendant toute la durée de l'Exposition ?

On m'objectera peut-être que le chiffre des consultations dans u hôpital ne peut pas donner la mesure exacte de la diminution ou A l'augmentation des maladies ; qu'il y a d'autres éléments dont il faii drait tenir compte. Sans doute que si on pouvait supputer au>>i I clientèle civile, on aurait une base plus large de statistiques, t'i (m conséquent des résultats plus probants. Mais ces résultats resterai»*! toujours les mêmes et ne seraient certainement pas modifiés dans un grande mesure. Est-ce que quand les hôpitaux affectés aux nialad.i communes regorgent de malades, il n'y en a pas également un grau nombre daus la pratique civile ? D'un autre côté, si on vous diNir Dans tel hôpital ou daus tous les hôpitaux de Paris, le nombre des ctu

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