VKXÉRIENNB8, AVANT, PBITOANT ET APRÈS L*EXPOSITION DE
ïullants, depuis cinq années, a plus que doublé, et cette augmentation, ioiu de diminuer, s'accroit tous les ans; qu'en concluriez-vous? C'est que Tétai sanitaire d'une partie ou de la totalité de la ville est devenu mauvais, qu'il a été vicié d'une façon permanente, et qu'un pareil état de choses n'est pas resté confiné dans une classe restreinte de la populâlioQ, mais s'est généralisé et a étendu son action partout, de bas en haut, sur tout le monde, peut-être à des degrés inégaux, mais assez iv[>endaQt pour qu'on puisse dire : Toute la ville est devenue malsaine.
Pourquoi, dès lors, ne me serait-il pas permis d'affirmer hautement i|ue le nombre toujours croissant des consultations de l'hôpital du Uidi est l'expression rigoureuse, la preuve certaine d'un très mauvais état sanitaire au point de vue de la contagion des maladies véné^ riennes?
En raisonnant ainsi, je suppose, bien entendu, que les périodes que roD compare entre elles se trouvent à peu près dans les mêmes conditioDs numériques. Et c'est là ce qui me faisait vous dire tout à l'heure que l'augmentation des maladies vénériennes dans la ville de Paris, [lendant l'Exposition, n'avait rien que de très naturel, puisqu'elle avait roLOcidé avec une augmentation peut-être proportionnelle de la population.
Vous avez sans doute remarqué combien l'augmentation des mala- IJHS vénériennes, dans ces cinq dernières années, a été plus considérai île que ne l'avait été leur diminution dans les six années qui avaient précédé, c'est-à-dire de 1869 à 187S. Mettons en regard les ]hux chiffres :
De 1869 à 1875 la diminution a été de 10,409.
De i87o à la fin de i 880, l'augmentation a été de 20,2S7, c'est-àdire que l'augmentation en cinq années à partir de i 875 a été près de ieux fois plus cofisidérable que n'avait été la diminution en six années, lM869àl875.
Le nombre des malades admis dans un hôpital pendant telle ou telle [iéri<xle de teaips peut donner aussi une idée de l'état sanitaire de U [lopulation. Ce n^est pourtant pas, du moins en ce qui concerne 1 h«i(>iial du Midi, un mode d'appréciation aussi rigoureux que celui qui ^appuie sur le nombre des consultations. On peut cependant en t^uir compte. Mais comme le nombre des lits est limité, qu'il est même peut-être insuffisant, et que nos salles sont toujours au complet, les t<4ris de nombre se trouvent infiniment moins grands qiie ceux doDûés par les consultations.