PRBMIÉBB CAUSE : AUGMENTATION DE LA POPULATION
Ce sont là de graves questions sur lesquelles les hypothèses d^ sont permises qu'autant qu'elles ont devers elles quelques appareo.?^ de probabilité, et surtout qu'on ne les donne pas pour des certitud ?. Je voudrais pouvoir vous dire aujourd'hui, comme dans mes prvdentés recherches statistiques : voici des chiffres officiels, voici do documents qui émanent d'autorités dont on ne peut contester ni U sincérité ni la valeur. Malheureusement j'en suis souvent réduit à lU conjectures, et par conséquent, je ne dois formuler aucune conclus)'*! rigoureuse en ce qui concerne les causes de l'augmentation des malidies vénériennes.
Ainsi, le recensement de la population parisienne n[a pas été f^i depuis 1876. A cette époque, cette population était de i,988,80o.N'Mtf en sommes toujours à ce chiffre dans les statistiques officielles et eu [drticuUer dans les bulletins hebdomadaires de la santé publique, publiai à THôtel de Ville par M. le docteur Bertillon. — Rappelez-vous qu a 1872, le nx)mbre des habitants de Paris était de 1,851,792 ; et qut i« deux recensements antérieurs avaientdonné:celuidel866,l,82.j,2"4; celui de 1861, 1,696,141.
La population de Paris est donc, depuis longtemps, entraînée par mouvement ascensionnel qui a dû certainement s'accélérer en \f>i année de l'Exposition, et, depuis, en 1879 et en 1880. Il est extr^oif ment probable que l'augmentation se continue aujourd'hui, et nef si rien ne vient l'entraver, que prendre des proportions de plu> plus considérables. N'est-il pas naturel de la faire entrer en li de compte dans l'appréciation des causes qui élèvent le ni^ des maladies vénériennes depuis 187o? Mais dans quelle in».-»ii agit-elle ? Voilà ce qu'il me paraît bien difficile d'établir d'une fa;« précise. C'est un facteur dont on peut affirmer l'importance, mai> d il est difficile d'évaluer rigoureusement la portée numérique'.
J'en dirai autant de la seconde cause, c'est-à-dire de TaugmeotaiK de la fortune publique. Il faudrait être très versé dans les conoai sances de l'économie sociale pour résoudre, d'une façon satisfaisant le problème dans les termes où il se pose de lui-même.
A première vue et en l'absence de toute information précise sur
1. On fait actuellement un nouveau recensement de la ville de Paris, n i-résultats n'en sont pas encore connus. Dans le Bulletin hebdomadaire de la <^'^ ' municipale qui, grâce aux remarquables travaux de M. le D' Bertillon. chef de> îr-> de la statistique municipale de la ville de Paris, prend de jour en jour des *^•^ ■ nients plus importants, notre savant confrère a public le chiffre probable th- !n ■
DEUXliMB CAUSE : ACCROISSEMENT DES FORTUNES PRIYÉES. 191
Miit't. il ne me parait pas irrationnel d'admettre qu'aujourd'hui, dans iHiit's h>s classes de la société, chacun possède des ressources pécuj. lires moins restreintes qu'avant la guerre. N'est-ce pas une consé- [ui-nce forcée de la prospérité générale dont personne, je crois, ne oiiteste l'accroissement progressif, du moins dans les grands centres le [Hipulation urbaine, depuis plusieurs années?
Les oooditions matérielles sont donc meilleures qu'à l'époque où onimença la diminution des maladies vénériennes, qui atteignit D 1875 une limite au-dessous de laquelle eUe n'est pas descendue H|Miis el ne descendra probablement pas de longteQ(}ps.
LVcroissement des . salaires, la cherté de la main-d'œuvre, dans )ut«'s les catégories de la classe ouvrière, où se recrutent les malades e Dotre hôpital, ont subi une hausse notable, surtoutdepuis l'Exposi- OD universelle. D'un autre côté, d'immenses travaux de construction Dt été entrepris et se continuent de tous côtés sur une large échelle, p < hnmage n'existe plus. Avec lui a disparu la gène qu'il entraîne à sa i\w. Aussi n'est-il peut-être pas téméraire de supposer que, pour un tdîul nombre d'individus, les moyens de subvenir aux frais de leurs lai^rs sont plus considérables et moins précaires, qu'à l'époque éfadie, où,, après une longue interruption de travail, la fortune iblique et les fortunes privées se trouvèrent gravement obérées par *<^ «barges écrasantes.
Toutefois, dans l'appréciation de cette cause d'augmentation des laladies vénériennes, n'allez pas au delà de ma pensée. N'en exagérez 15 rimportance. Au fond cette cause est peut-être d'une portée très inime, quoique réelle. Des économistes seuls pourraient vous le in» avec exactitude.
(> ■ Hi'i>ieniie. It l'évalue actuellement à 2,091,565, soit 103,760 de plus qu'en 1876 '•^'.~T3 de plas qu'en 1873.
•-'«' fil divisant la population suivant les arrondissements du centre et ceux de la " 'mh qu'on pourrait, ainsi quej# l'ai fait, dans mes précédentes recherches, entre- H..r'> un» étude analytique de Taccroissement de la population^ comme cause de u/Tii^-.'it.ition des maladies vénériennesi
192 TEOISlèKE CAUSE : KéaiKE DE LA. PBOSnTUTIOV
TaOISliHB CAUSE : RiOIMK DK LÀ PROSTITDTIOM D42fS LA VILLB 01 PaEIS DK?I:IS 1875.
Dangers croissants df* la prostitution clandestine.
Dimination des prostituées inscrites pendant les années 18T6. 1818 et 18T9.
Ralentissement dans les arrestations des filles insoumises et des filles inscrites.
Augmentation du nombre des prostituées qui se dérobent à .la surveillance administrative il ■>*
taire.
Diminution des visit^^s médicales faites par le dispensaire. Augmentation de la prostitution clandestine. Difficultés que présente la question de sa surveillance et de son assainissement.
Nous voici arrivés à un ordre de causes moins vagues que les préc •• dentés et où il me sera permis d'être plus aHirmatif. Je vais vous f>arler maintenant de la prostitution dans ses rapports avec l'augmentatioc des maladies vénériennes. C'est un sujet dont je vous ai si longuement entretenus dans mes leçons antérieures, que je laisserai de côté les <^''!r sidérations générales pour m'en tenir aux faits précis et positifs.
La première question qui se présente et qu'il faut d'abord résoud.* est la suivante : Le régime de la prostitution dans la ville de Paris a4J été modifié depuis- 1875, ou bien est-il le même qu'à l'époque où>-i maladies vénériennes étaient en voie de diminution ? Je vous dis):^ alors que j'avais divisé en quatre catégories les femmes qui avai* r contagionné les* malades servant de base à nos statistiques. Les \ivi*i désignées sous le nom de coureuses étaient les filles non inscrites, rt:>^ contrées sur la voie publique et n'exerçant aucune profession ; d'auli^J également livrées à la prostitution et non inscrites, étaient marié^-^ (^ exerçaient une profession, et, dans mes tableaux, elles figurai-ol sous le nom de varia. Ces deux catégories de femmes constituen! l prostitution clandestine, c'est-à-dire la prostitution libre, vagabon<!e capricieuse, qui n'est soumise à aucune réglementation, ni à aui^uJ contrôle sanitaire. Les filles inscrites ou soumises, comprennent épl*^ ment deux catégories : celle des filles en carte et celle des filles d maison. Elles forment le personnel de la prostitution réglementa' astreinte à la surveillance et à l'inspection administratives.
Eh bien, au point de vue de la contagion des maladies vénériennfi la prostitution clandestine est infiniment plus dangereuse que la [«ri stilution réglementée. C'est un fait hors de doute, et que j*ai à plusit-u^ reprises surabondamment démontré '. L'immense majorité des n^