LE SANG EST INOCULABLE ET CONTAGIEUX
de chacune d'elles prise en particulier. Nous commencerons par i:i syphilis. Faut-il vous en donner une définition? Je pourrais m'en dépenser après le résumé pathologique que je vous en ai tracé dans un? de mes leçons antérieures. Je vous propose cependant la suivante qai vous remettra en mémoire les traits les plus saillants de cette grande maladie :
On désigne sous le nom de syphilis une maladie virulente, conUgieuse, inoculable, constitutionnelle et susceptible de se transmeilf' par hérédité ; pouvant attaquer, pendant la durée indéfinie de son pr cessus, tous les organes et tous les tissus de l'économie, en y faisaiA j nattre, à des époques diverses, des lésions multiples et variées, di-nti les trois types générateurs les plus spécifiques sont, dans Tordre de révolution ordinaire, d'abord le chancre, puis la papule et enfin Lr tubercule et la gomme.
Comme la syphiUs procède toujours de la pénétration dans ré».(^ nomie du virus qui lui est propre, sous quelque nom et sous quelqw forme que cette pénétration s'effectue, nous allons étudier d'aburi toutes les circonstances qui se rattachent à ce fait.
SouECKS DU VIRUS SYPHILITIQUE DANS l'orgàmsmr. — Liquidé» normoux de ^économie : Le »ar. i syphilitiqucB, pendant les premières phases de l'évolution, contient en nature levùms, c« qu4.'"inoculable et contagieux; il perd sa virulence à la longue et n'en conserve aucune trac*- -'i syphilis anciennes & accidents tertiaires. — Expérience de Pellixarri.
Lis sÉcatTiONS rsTSiOLOOiouiS, chez les sujets infectés, ne contiennent pas de vini» ri :?- ^ pas susceptibles par elles-mêmes de transmettre la syphilis. Innocuité du lait, de la sa1)\ ■ sueur, du sperme.
Liquides pathologiques dk l'économii :io jLtçttûie«;»rotieimiif (ficiie lésion d'origine t^fphU\i^fi%t sécrétion virulente du chancre in fectant produit, à l'état de pureté, une lésion absolam^nt »«-ix.V h comme nature sinon comme configuration, à celle qui l'a sécrété. — Plaques muqunts^» .* !• " < vite contagieuse. Elles produisent toujours, par contagion ou inoculation, non pas fin" ^ «r muqueuse, mais un chancre infectant, c'est-à-dire l'accident primitif. Il en est de lo-'n " r* toutes les autres lésions syphilitiques contagieuses; elles produisent toujours un chanor*.
A quelle époque les lésions syphilitiques ce88<>nt-elles d'être virulentes? I^s lésions trr*.4' tardives ne sont pas virulentes, mais il n'en est peut-être pas ainsi des lésions l^t^a' précoces.
2o Liquides pathologique» provenant, chez les sujets infectés, d^une lésion non syphûitique. — S'. '. ne sont-ils pas virulents?— Us passent généralement pour ne pas l'être ; mais dans la prai ;p est prudent de ne point se fiera leur innocuité — Liquide vaccinal des sujets infectés .* s il '. > virulent au point de vue syphilitique, lorsqu'il est à l'état de pureté, on doit toujours le c' comme tel et ne s'en servir dans aucun cas pour vacciner.
Résumé historique des idées qui ont régné sur la contagion de la syphilis.
En premier lieu recherchons quels sont les foyers où se cono»'iii et où s'élabore le principe contagieux. Vous savez qu'il existe tlan> sang. Or, comme le sang imbibe et nourrit tous les tissus el que
PENDANT LES PBEMliBES PHASES DE LA SYPHILIS. 243
ifcrétions normales ou pathologiques y puisent leurs matériaux, on f^rdit tenté de croire, à priori^ qu'il n'existe pas un point dans ^organisme qui ne soit souillé par le virus et capable de communi- [uer la maladie par contagion ou par inoculation. En raisonnant ainsi on N" s Vcarte pas beaucoup de la vérité, surtout quand on s'en tient, dans e jugement, aux premières phases de la maladie. Plus tard, au conraire, lorsqu'elle est devenue constitutionnelle ou tertiaire, ce virus |u*0D rencontrait presque partout auparavant, disparaît» et les solides t les liquides normaux ou pathologiques deviennent incapables de ransmettre la syphilis.
C'est à l'expérimentation que nous devons nos connaissances les lus précises sur les sources du virus syphilitique dans l'organisme. t vais vous exposer sommairement les résultats qu'elle a donnés.
Au nombre des expériences les plus célèbres il faut placer celle que Lie professeur Pellizarri fit à Florence, le 6 février 1860.
Gustave Bargioni, Henri Rosi et Henri Passîgli se prêtèrent à l'inocula- »Q. Le sang fut pris sur une femme de 25 ans, enceinte de 6 mois. Elle était I pleine évolution secondaire et présentait des papules muqueuses coofluentes n parties génitales et à l'anus. Toutes les précautions possibles furent prises )Qr que le sang seul de cette malade fût inoculé, sans mélange d'aucun autre }Qiie normal ou pathologique. La saignée fut pratiquée à la céphalique du 15 droit en un point où la pean ne présentait pas la moindre trace de lésion «critique. A peine extrait, le sang fut appliqué au moyen d'un plumasseau de ia.7ie sur la partie supérieure et externe du bras gauche de M. Bargioni où «avait enlevé Tépiderme, et fait trois incisions transversales. Chez M. Rosi siD^r au moment de Tapplication était déjà froid, et, quand le tour de M. Pas- ^i arriva, il était coagulé. Quatre jours après la séance, toutes les traces de EC'^'QJation avaient disparu. Vingt-cinq jours après, le 3 mars, des papules (parurent sur le bras de M. Bargioni au point inoculé. Le 4, papules et Bames; le 14, adénopathie axillaire. Le 4 avril (31 « jour du chancre), roséole fhilitique. Chez les deux autres personnes l'inoculation fut négative.
C'est là un fait qui ne peut laisser aucim doute dans Tesprit. Le sang M ^\philitiques, à une certaine période de révolution, contient en tture le virus, ce qui le rend inoculable et, par conséquent, contam. Que la contagion s'effectue souvent par son intermédiaire, c'est - qui est peu probable. Mais je ne doute pas qu'elle n'ait lieu et en ai même observé un cas '. Croyez'^vous, par exemple, que le sang
1. \' in re cas : Un homme qui était resié à Paris pendant le siège prussien et avait ^ -^'- M femme en province, contracta, vers la fm de Tannée 1870, un chancre syphii.i- (Njur lequel il me consulta. 11 eut ensuite une roséole érythémateuhts Jcr