‹ Lecons sur les maladies vénériennesChapitre 135 sur 441 · DURÉE DB LA VIRULENCE DU SANG SYPHILITIQUE · texte numérisé non relu

DURÉE DB LA VIRULENCE DU SANG SYPHILITIQUE

menstruel d'une femme en pleine phase secondaire, ne pourrait pas communiquer un chancre si on avait des rapports avec elle, alors même qu'il n'existerait sur ses organes sexuels internes ou externes auniof trace de lésion syphilitique ?

A quel moment le sang devient-il virulent et contagieux 1 à quel moment cesse-t-il de l'être? Nous ne pouvons rien dire de précis -ur ce point. L'est-il pendant la période d'incubation qui précède le chancre? Pour répondre affirmativement on s'est fondé sur ce fait que l'enfant Manzone, un des vaccinifères de Rivalta, n'avait pas encore de chancre et n'était qu'au dixième jour de l'incubation, lorsque U pustules vaccinales fournirent le liquide mêlé de sang qui infecta !«> individus auxquels on l'inocula. Mais ne pourrait-on pas inlerf»M*: ce fait d'une autre façon ? Au lieu d'y voir la preuve d'une viciati c du sang avant l'accident primitif, ne serait-il pas plus ralionc^' d'admettre avec M. Rollet, que les pustules de cet enfant étaient s^Hlitiques, parce qu'elles contenaient le virus non encore absorbé, quivj avait été déposé lors de la vaccination? Nous ignorons si le saog ^ ou n'est pas contagieux pendant la durée de l'accident primitif. 0 dont nous sommes sûrs, c'est qu'il l'est pendant la période des plaq^m muqueuses et des accidents dits secondaires, sans pouvoir tiur toutefois la durée de cet état de choses. Enfin, il arrive un momeut uc le sang des syphilitiques ne donne aucun résultat à l'inoculatioi. C'est ce que démontrent les dix-sept expériences de M. Diday, faite avec du sang emprunté à un malade porteur de diverses périoslt;^

croûtes dans les cheveux, des adénopathies spécifiques, des plaques muqueuft'^ p'^i raies, etc., etc. Je le soumis à un traitement hydrargyrique, et quand sa femmf nà Paris, vers la fin de février 1871, il n existait plus aucune manifestation syp^.' * ~ sur la peau ni sur les muqueuses; Tinduration chancreuse elle-mônie avait yr-^' complètement disparu. Cet homme me demanda s'il pouvait cohabiter avec sa f«r* » Je lui énumérai tous les dangers auxquels il Texposait et je lui fis observer quo ; ♦■' lui-môme était contagieux, et qu'il courrait risque d'infecter sa femme «i. p«MiiJi; ' ' rapports sexuels, une écorchure laissait écouler quelques gouttes de sanp.

J'étais loin de croire que le mode de contagion dont je faisais pressentir aa miîipossibilité pour le rendre plus prudent, se réaliserait. C'est ce qui cul lîeu cci*i ■ i Deux jours après avoir vu sa femme, cet homme vint, très alarmé, me dire qur, ;»- ' i les rapports sexuels, il s'était écorché, et qu'il s'était écoulé du sang de cette iv -o ! t Je ne trouvai sur ses parties génitales aucune trace de plaques muqueuses d* • •! lésion syphilitique quelconque. Néanmoins, au bout de trois semaines, il me o>' i* ' sa femme, chez laquelle je constatai, à l'entrée du vagin, l'existence d'un ih I syphilitique, qui fut suivi d'accidents consécutifs assez sérieux pour lesquels;traitée.

Il est évident, pour moi, que cette femme fut infectée par le sang de s*'ii nior. j'ai la conviction, malgré les riiilleries auxquelles peut m'exposer ma crédulité, «; n'avait eu de rapports qu'avec lui.

LE LAIT DBS FEHKES SYPHILITIQUES N*EST PAS INOCULABLE. 245

:<;ij suppurées. Dans toutes ces tentatives le résultat fut négatif. Je VAS, toutefois, qu'il faut prendre en considération bien plus l'âge de t s>^hilis que la nature de ses lésions. Il existe des accidents vraiment ertiaires par leur nature, qui sont secondaires par leur date. Eh bien, ! *fsi probable que le sang reste contagieux et inoculable, malgré la récocité de ces lésions tertiaires, et qu'il l'est toujours, quelle que uit la modalité phénoménale, pendant les trois ou quatre premières Diiées de la maladie constitutionnelle '.

Les liquides physiologiques provenant d'une sécrétion normale chez !s sujets infectés, ne possèdent point les propriétés contagieuses du log pendant la phase virulente de la maladie, et ne sont pas suscepbles par eux-mêmes de transmettre la syphilis.

Examinons d'abord le lait qui est la plus importante de toutes les fcrétions au point de vue qui nous occupe. L'expérience a démontré uoe façon péremptoire, que le lait des femmes syphilitiques n'était as inoculable. Les huit tentatives faites par M. Padova, en 1866, ont donné aucun résultat positif, malgré les modes variés d'inocu- Uiou qu'il a employés. M. Profeta est arrivé aux mêmes conclusions. ous voilà déjà fondés à affirmer que le lait syphilitique, exempt de >ut mélange avec le sang ou avec des liquides de sécrétion spécifique, e |>eut jamais donner la syphilis lorsqu'il est inoculé. A plus forte u>uD doit-il en être ainsi lorsqu'il se trouve simplement en contact r^c la peau ou avec les muqueuses, comme cela a lieu pendant l'allai- 'Qjent. C'est en effet ce qui arrive, pourvu toutefois que les femmes Hitaminées n'aient aucune lésion syphilitique sur le mamelon. Des t^rvations cliniques très précises ont été recueillies à ce sujet par M. Profeta et Pellizarri. Chaque fois que les nourrices ont pris les r . autions qui leur avaient été indiquées, elles ont pu allaiter impuhnt'Dt soit leurs propres enfants, soit des nourrissons étrangers et tj::). sans leur communiquer la syphilis. Sur six enfants, cinq res- ^--ût indemnes. Le sixième contracta un chancre au sourcil, parce u- ^a mère, l'ayant gardé auprès d'elle pendant la nuit, mit cette ^^noD en contact avec des plaques muqueuses qu'elle avait sur les

L 1. r-M inGniment probable que la lymphe est aussi bien et peut-être même plus que ^ *•> .. impréfmée de virus syphilitique pendant toute la période secondaire de la ma- ^*' 0 rnment n*en serait-il pas ainsi puisque les ganglions qui s'hyperplasient pendant t *«lLi!i> primitive et la syphilis secondaire sont autant de foyers où s élabore et se ^'' f le principe morbide? No sont-il pas avec le chancre les agents les plus actif*;

■ . t iication? Si rationnelle que soit cette manière devoir, elle ne poul encore invoquer

•-. 'A\t ur ancune preove clinique ni expérimentale.

246 INNOCUITÉ DE LA SALIVE, DBS LARKEB, DE LA SUSUB, BTC.

lèvres. On a prétendu que le lait ingéré était capable d'infecter rorf:anisme d'emblée, par sa seule absorption et sans produire préalablement la néoplasie primitive. Plusieurs auteurs et, entre autres, Helchior Robert, ont cité quelques observations de ce genre qui ne sont pa» toutes dépourvues de valeur. En général, il faut se défier de ivs syphilis qui se développent en l'absence de tout chancre infectant. Là lésion initiale est si minime quelquefois, qu'elle peut bien échapper i l'examen même le plus minutieux. Nous en voyons des exemples tous les jours dans les contagions qui se font, suivant les modes les plu> ordinaires, et nous ne nous croyons pas autorisés pour cela à conclar^ que l'intoxication s'est effectuée d'emblée et sans l'intermédiairyf obligé de son accident primitif. On opposait aux partisans de reaif^nsonnement par la seule absorption du lait syphilitique, l'impossibiiit» que le virus résistât à l'action destructive du suc gastrique pendant Itravail digestif. Mais il faut renoncer à cet argument depuis que l<*^ expériences de M. Padova ont démontré que l'action du suc gastriqu* était insuffisante pour neutraliser le virus à la surface des lésion^ syphilitiques. Il est vrai que ce simple mélange n'est pas compara^i^ de tous points à l'élaboration qui s'accomplit dans l'estomac pendail la digestion. Quoi qu'il en soit, il est admis aujourd'hui par presqo^ tous les syphiliographes, que le lait des sujets infectés, lorsqu'il est \ l'état de pureté, ne peut communiquer la syphilis, ni par son contait ni par son inoculation, ni par son ingestion.

Il en est ainsi des autres liquides de sécrétion normale lorsqu iij n'ont été souillés par aucun mélange virulent. Comme la syphilis « contracte souvent par la bouche et que les humeurs buccales sen«a de véhicule à la contagion, on supposait autrefois, avec quelque vni semblance, que la salive pouvait transmettre la maladie. Mais il ^ surabondamment démontré que la salive à l'état de pureté n'est jamii virulente et qu'elle ne le devient que lorsqu'elle charrie les liquidi morbides sécrétés par les lésions syphilitiques des lèvres, d^ I langue, des joues, des amygdales, du voile du palais ou des parties |4i profondes de rarrière-bouche ou des arrière-narines. M. Profela. -«1 inoculé sans succès, à plusieurs reprises, de la salive provenant | sujets syphihtiques en pleine période virulente, mais dont la muqu'^iii buccale était saine. Chez un de ses amis, l'inoculation faite avei I la salive provenant d'un malade affecté d'accidents tertiaires I également négative. MM. Diday et Vidal ont inoculé des lanne> 1 syphilitiques à des individus sains, sans rien obtenir. Sur la sufi nous n'avons pas d'expériences directes, mais il n'est pas doutM

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qu'elle possède ]a même ioocuité que les autres sécrétions physio- Irigiques.

Je vous ai dit dans une de mes leçons antérieures S que le sperme pruvenant de sujets syphilitiques n'était pas inoculable. A Tétat de [Mjreté, son contact avec les organes génitaux internes ou externes de la Teinme ne fait pas nattre d'accident primitif. Donc, s'il est virulent, il ne Test pas de la même manière que les produits syphilitiques provenant du chancre ou des plaques muqueuses, ou d'autres lésions le la période secondaire ; il ne l'est pas non plus comme le sang. Et [lourtant il faut bien admettre qu'il est doué d'une virulence spéciale Miisque le père peut, dans certaines conditions, procréer des enfants ^philitiques. « Le sperme, dit M. RoUet, contient, tout au plus en Dîniature les organes de l'être qu'il engendre, et ce n'est aussi qu'en Diuiature, sans doute, et sous une forme réduite, qu'il recèle les principes des maladies héréditaires. Le virus syphilitique peut donc xister matériellement dans cette humeur sans s'y trouver avec les uéuit'd caractères que dans les autres, c'est-à-dire qu'il peut y conerver son activité, mais en cessant d'être inoculable et transmissible lia manière ordinaire. » £st-il capable de contagionner aussi l'ovule, lors même qu'il ne le féconderait pas? Cet ovule non fécondé, mais fodu virulent par le contact du sperme pourrait-il contagionner la Nnme ? Serait-ce ainsi que se produiraient les syphilis féminines sans ù ident primitif? Ce sont là des hypothèses imaginées par M. Diday ; lle> sont ingénieuses, mais ne reposent sur aucune donnée positive, omment, d'ailleurs, le sperme qui n'est pas virulent à la manière ordilire, créerait-il par son simple contact la virulence dans un ovule iféiondé? La seule syphilis d'emblée chez la femme, c'est-à-dire sans rcident primitif, est celle qui lui vient du fœtus syphilitique par suismissioD paternelle. Et encore ce mode de contagion, quoique dfflis par un grand nombre de syphiliographes, est-il loin d'être Mif^niable.

l^ ce qui précède, il résulte : !• que le sang des sujets syphiliiqii^s contient du virus probablement à partir du début des accidents ^éraux, et qu'il en reste imprégné pendant les trois ou quatre remières années de la maladie constitutionnelle ; 2'' qu'il perd sa inilfoce à la longue, et qu'il n'en conserve plus aucune trace dans Cd ^}]ihilis anciennes à accidents tertiaires ; 3"" qu'aucun produit de frrâions physiologiques, dans la phase secondaire ou dans la phase

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