‹ Lecons sur les maladies vénériennesChapitre 186 sur 441 · NEUVIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

NEUVIÈME LEÇON

coïncidences pathologiques et complications

ou chancre LNFECTANT. — LYMPHO-ADÉNOPATHIES SYPfflLITIQUES

PMMITIVES.

CoîNciDKNCKs PATHOLOGIQUES DU CHANCRE INFECTANT." Avec la blennoiThagie.— A vec

erhaDcre simple : chancres mixtes vénéréo-syphilitiques; leur mode de formation;

eurs variétés; leurs complications. — Avec la vaccine : chancre mixte vaccino-syphi-

itique.

CoïpucATioNs DU CHANCRE SYPHILITIQUE: Inflammation. <-< Douleu PS. — Gangrène.

-BalaDo-posthites infectantes gangreneuses.-— Phagédénisme : sa bénignité relative.

LîMPHO-ADÉNOPATHlES SYMPTOMATIQUES DU CHANCRE INFECTANT : Histologie. —

.^mpbopathies syphilitiques primitives : lymphopathie dorsale de la verge. — Adénoftthies syphilitiques primitives: leur topographie; leurs caractères; leur processus^ - Adéoopathies mixtes, syphilitico-chancrelleuses et syphilitico-strumeuses.

Messibubs,

le vais m'occuper aujourd'hui de trois points très importants de istoire des chancres syphilitiques : 1** de ses coïncidences patholo- |ue$>; 2* de ses complications ; S"" des affections qu'il suscite dans système lymphatique de la région sur laquelle il siège.

lODC^Cirs PATHOtOOIOUES HU CHANCRE INFECTANT.

KromcE BC csANcai sTPaiiiTiouE KT DE LA BLKNNORRHAGiE. Ëpoques d'appahtioD «le Tune à-» l'autre affection. DifficultéM du diagnostic dans les cas de chancres du nièat. laBi^cc DC CBAXCBE sTPBiLiTiOCE ET DU CHANCRE SIMPLE : Chancre mixte vénèrèo-ayphil^!**- Il n'r a point création d*an troisième virus, mais juxtaposition temporaire des deux virus li iK perdent rien de leur autonomie.

rfl:i>tanc«s patfaolofçiqnes qui président à sa formation : ulcère chancrello-syphilitique ; chancre sp.''jlitico-chancrelleux.

S'il est un fait prouvé de la manière la plus évidente^ c'est qu'il tihie malheureusement aucune incompatibilité, aucun antagonisme tre les trois maladies vénériennes. Elles peuvent coexister sur le ^me individu, se développer et évoluer suivant le processus qui leur l propre, sans qu'il en résulte une aggravation ou une atténuation

352 coïncidence de là bleknobbhagie et du chancre infectast.

notables de leurs symptômes actuels ou de leurs conséquences uli • rieures.

Coïncidence de la blennorrhagie et du chancre syphilitique, ~<in l'observe très fréquemment. La contagion des deux maladies peut «• faire simultanément ou à des intervalles plus ou moins éloignés, (juan^ un individu contracte, avec la même femme, la blennorrha^ne et b syphilis, voici ce qui arrive :

Deux ou trois jours après le coït, un écoulement purulent ou Sffr purulent plus ou moins aigu se montre ; il augmente, puis diminue ri reste stationnaire ; il peut même guérir. Plus tard, au bout de qnaln ou cinq semaines, le malade, qui croyait toucher au terme df ^i affection urélhrale, voit survenir une érosion chancreuse sur un pnt quelconque des organes génitaux ou même en dehors d'eux. Le \i' nomène le plus saillant en pareil cas, c'est l'apparition successive c chacune de ces maladies à un intervalle de temps qui donne la roesri exacte des deux incubations respectives. Celle de la blennorrhagie mi de trente-six à quarante-huit heures ; celle du chancre syphilitique i trente-cinq à quarante jours. Chacune de ces affections suit son \n cessus habituel sans donner le moindre prétexte à la confusion, lor^ti le néoplasme primitif n'est pas développé sur le méat. Mais, s*il sir: en ce point et qu'il se réduise à une petite induration insiguifiaDt*'. peut passer inaperçu ; il n'aggrave pas, en effet, les symptômes <i' blennorrhagie; il ne provoque aucune douleur. Le malade, à m'oîo5< s'examiner jour par jour avec la plus grande attention, ne s'aptT.t pas de l'événement grave qui vient de se produire. Le médecin If même ne s'en douterait pas s'il se contentait d'une exploration supe ficielle, s'il ne pressait le méat entre ses doigts et ne palpait lesrégki inguinales. L'intervalle entre l'apparition des deux maladies se tn>v plus ou moins abrégé, lorsque la contamination a été successive. Mi dans l'immense majorité des cas la blennorrhagie précède le chaiw-? et, si elle le suit, c'est de très près ; car il est rare que celui qui v:« de constater un chancre sur ses organes génitaux s'expose à la crnt gion blennorrhagique. Il peut se faire que l'écoulement colndde i> l'apparition du chancre. S'il est peu abondant, séreux ou séro-sanj^i noient, et que la néoplasie occupe le méat, c'est à elle qu*il fa*r rapporter ; il n'est alors que le symptôme du chancre syphilitique.

Il n'est pas besoin de s'étendre plus longuement sur ce suj«>t ;• * deviner toutes les combinaisons qui peuvent se présenter. La qu«-* n'a un intérêt réel que dans les cas assez fréquents où les deux roab.*^

COLNCIBENCE DU CHANCRE SYPHILITIQUE ET DU OHANOKE 8IHPLE. 353

occapent les mêmes points , c'est-à-dire lorsque le chancre est urétbral. Il faut alors faire la part de ce qui revient à la blennorrhagie et de ce qui revient au chancre. Comme le chancre prime à tous les points de vue la blennorrhagie, on recherchera avec le plus grand soin si linduration du méat est le fait d'une néoplasie spécifique ou d'un simple engorgement inflammatoire. L'adénopathie est dans ces cas d'un grand secours pour éclairer le diagnostic. La coïncidence pathologique toute fortuite du chancre syphilitique et de la blennorrhagie nimplique aucune affinité et ne conduit à aucune combinaison intime des phénomènes.

Coïncidence du chancre syphilitique et du chancre simple. — Chancre viixte ou vénéréo-syphili tique. — Les réflexions qui précèdent s'appliqueot à la coexistence sur le même individu du chancre syphilitique et du chancre simple. Cesdeux chancres ne s'attirent ni ne se contrarient. Par suite des hasards de la contagion, ils se juxtaposent et se superposent. Comme ils sont tous les deux constitués par une ulcération, il semble qu'ils s'unissent plus étroitement que la blennorrhagie ne peut le faire avec chacun d'eux ; mais au fond il n'en est rien. Leurs virus respectifs ne perdent point leur autonomie ; ils ne créent nullement un truisième virus plus ou moins rapproché de ses générateurs et susceptible, une fois formé, de se transmettre indéfiniment dans ses moindres (iropriétés. Il n'y a point, en un mot, combinaison ni fusion indéfinie du virus chancrelleux avec le virus syphilitique. Non, ils se rapprochent momentanément. Mais, après avoir développé sur le même point le iravail morbide qui révèle leur action particulière, plus ou moins altérée m pareil cas par la pénétration réciproque des phénomènes, et qu'il ^t cependant toujours possible de mettre en évidence, ils se dissocient, ^quiUent, et la fausse entité pathologique qu'ils avaient momentanénent créée s'évanouit ou se reforme, si les circonstances pathogéttques lui sont favorables.

L iiHerprét^tion des faits multiples et complexes qui résultent fataleûent de l'association des deux virus a donné lieu à des erreurs sans loinbre et a arrêté, pendant de longues années, les progrès de la Aphiliographie, même après que la doctrine de la dualité chancreuse :ut été acceptée par l'universalité des médecins tant soit peu versés l^Ds l'étude clinique des maladies vénériennes. On ne débrouillait pas i^nment l'enchevêtrement des phénomènes ; on ne se rendait pas oiopte des contradictions apparentes. C'est à M. Rollet que revient le Write d'avoir compris et expliqué le rôle que joue le chancre qui nous i^'^upe, dans la pathologie des maladies vénériennes. Rien n'a été

VAURIAL. —• MALADIES YÉNÉR. S3

354 MODES DE FORMATION DU CHANCBE MIXTE VBNÉRBO-8YPHILm(iUE.

ajouté à la découverte de ce savant mattre. Ses conclusions sont au** rigoureuses aujourd'hui qu'à l'époque où il les a formulées pour l« première fois. Sans doute nous avons bien moins souvent qu'alo::! l'occasion de rencontrer le chancre mixte dans la pratique. Hais quoi d'étonnant à cela? Est-ce que l'un des facteurs, le chancre simple, ui pas perdu la prépondérance numérique qu'il avait autrefois? II fut m temps où il était devenu d'une rareté si grande qu'on n'en voyait qu^ quefois qu'un ou deux par semaine à la consultation deThôpilil^t Midi. Jamais ou presque jamais alors nous ne rencontrions le chaiyn mixte. Quand plus tard, anrès 1875,1a chancrelle se multiplia et deviij presque aussi fréquente que le chancre infectant, les cas de chanai mixtes réapparurent. J'en ai observé quelques-uns dans ces dernier temps, à la fin de 1879 ; mais il faut reconnaître qu'ils restent loujai exceptionnels et sont loin d*ètre aujourd'hui, comme à l'époque i M. Rollet faisait ses belles recherches, dans la proportion de 7 p. 10^

On a reproché à M. Rollet d'avoir trop insisté sur la permanemej ces chancres mixtes. Il a affirmé que ce chancre se transmettait dd son espèce, ce qui est vrai; mais cette espèce transitoire, momento^ il n'a jamais eu la prétention, si je ne me trompe, d'en faire une (j\ trième espèce vénérienne. 1

Pour bien comprendre le chancre vénéréo-syphilitique, il faut é^ mérer et rigoureusement déterminer toutes les circonstances pal| géniques qui président à sa formation. j

I'' Un individu sain, exempt de toute teinte syphilitique, subtt double contagion chancrelleuse et infectante au même moment. «< peu de jours d'intervalle sur le même point. Ehbien, que va-t-il arriTJ D'abord, au bout de trente-six ou quarante-huit heures, un chai^ apparaîtra. Il aura toutes les propriétés du chancre mou, cV>t-j-l qu'il sera auto-inoculable, qu'il développera peut-être autour do lu petites ulcérations chancrelleuses et plus loin des lymphites, df^ nites virulentes, des bubons cbancrelleux, etc. Mais, au bout de q ou cinq semaines, sa base s'indurera, et, à ses caractères propres. ^ -si terontceux qui appartiennent au chancre syphilitique. A partir <ij moment, il transmettrait un chancre mixte, vénéréo-syphilitiqu^ i individu qui n'aurait pas eu la syphilis; mais il se dédoublerait >| transmettrait qu'un chancre simple à un individu préalableiueu^ fecté. Inoculé au malade lui-même, il se dédoublerait égalenit^nt H produirait qu'un chancre sur une autre partie du corps de V\uA\^ Ainsi les deux chancres associés développent parallèlement tou(»*< ^ conséquences et évoluent comme s'ils étaient seuls. Qs se sè|>arf'i]

ULCÈRE CHANCBBLLO-SYPHIL. ; CHANGEE SYPHILITICO-CHANCHBL. 355

oomeDt qu'on essaye de les transmettre à un organisme déjà vicié par

i syphilis, de telle sorte que Tunité momentanée de Tespëee se trouve

risée jusqu'à nouvel ordre. Voilà comment se forme un des principaux

fpes du chancre mixte, l'ulcère chancrello-syphiliiique. La chancrelle

récède toujours en pareil cas le chancre mfectant. Si l'intervalle entre

nirs deux éclosions est très grand, on en peut induire que la conta-

lioâtion a été simultanée ou à peu près contemporaine. Si, au con-

"aire, le chancre mou ne précède que de quelques jours le néoplasme

rifflitif, on en concluera, en se basant sur la différence des deux incu-

atioQs qui est de quatre à cinq semaines, que le chancre infectant a

(é contracté longtemps avant le chancre mou et que ce dernier est le

bultat d'une contamination plus ou moins récente.

2* Un individu atteint de chancre syphilitique subit, à une période

nelconque du néoplasme primitif, la contagion chancrelleuse. Un

ttocre mou se greffe alors sur lui et le convertit en un chancre mixte.

Hie variété peut se rencontrer dans la pratique. Le chancre syphili-

qoe, en effet, étant indolent, n'empêche pas toujours les rapports

auels. Mais ce chancre syphiliiicO'ChancrelleuXf mixte, est surtout

1 chancre mixte expérimental. 11 n'y a, en effet, aucun inconvénient

*ave à le créer, et c'est ce qui a été fait par beaucoup d'observateurs

par moi-même plusieurs fois. Il suffit d'appliquer à la surface de

irosion chrancreuse du pus chancrelleux, et, au bout de deux ou

ois jours, on la voit perdre son poli, se creuser, se déchiqueter, se

unoliir, etc. Si sous cette nouvelle forme on l'inoculait à un sujet sain,

1 obtiendrait d'abord une chancrelle, et plus tard, en outre, la néo-

Asie syphilitique, et le chancre mixte serait constitué. En l'inoculant

i malade, on ne reproduirait que la pustule chancrelleuse, etc.

•^ Un individu atteint de chancre simple s'expose à la contagion

fphilitique. Après Tincubation normale de quatre à six semaines, le

lancre simple préexistant s'indurera et deviendra chancre mixte. Or,

peut arriver qu'il soit guéri avant l'apparition du néoplasme primitif.

peut arriver, en outre, que ce chancre, étant guéri, ait laissé dans

une un bubon chancrelleux. C'est un cas que j'ai actuellement sous

s yeux. La chancrelle a complètement disparu. Le bubon chancrelleux

^rsiste, et sur la verge il existe de grands chancres indurés irréino-

tlables tandis que le bubon donne la pustule caractéristique. Ce mode

^ contagion est beaucoup plus exceptionnel que les deux autres, parce

le le malade atteint d'un chancre douloureux, comme l'est le chancre

ou, s y expose moins que le malade atteint de chancre syphilitique et

plus forte raison que l'individu exempt de toute maladie.

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