SYMPTOMES ET PROCESSUS
Dans les trois cas précédent, nous avons fait intervenir k syphilitique, mais il n'est pas indispensable pour constituer k • b mixte ; il peut être suppléé par une des lésions secondaires gieuses et par le sang d'un sujet atteint de syphilis. Ainsi : 1* U. dividu atteint de plaques muqueuses s'expose à la contagion leuse et contracte sur ces lésions préexistantes un chancre ukc chancre sera un chancre mixte, c'est-à-dire contenant les deux\i pouvant se transmettre à un individu sain sous l'espèce de syphilitico-chancrelleux. 2^ Un individu, en pleine période activ syphilis, dans sa phase virulente, contracte un chancre mou: ce est-il ou n'est-il pas un chancre mixte ? Il est à craindre qu'il l. dans la plupart des cas, à cause de la facilité avec laquelle le mou laisse filtrer du sang à travers les anfractuosités fongueuses base. Ce n'est pas lui qui sécrète, qui élabore le virus syphilitiq^ le reçoit tout formé par le sang. Aussi, à un moment, sera-t-il et, à un autre, non. Quoiqu'on ait affirmé que le chancre moaj syphilitiques, exempt de tout suintement sanguin, ne se transi que sous sa forme de chancre mou, il est prudent de rester à cet dans un doute méthodique. Les données fournies par la cliDiqufi loin d'être assez complètes pour résoudre la question d'une fa<;t>L4 nitive. Ëst-il besoin d'ajouter que la seule possibilité d'inoiM syphilis, en même temps que le chancre mou, doit faire rejeter tentative d'expérimentation ? Il est cependant permis de supposer chancre mou des syphilitiques expose beaucoup moins à la coot mixte que les chancres syphiUtico-chancrelleux qui résultent de crétion des deux foyers où s'élaborent constamment, d'une virus syphilitique, et, d'autre part, le virus chancrelleux.
J'ai vu des malades chez lesquels les chancrelles et le chancrr ^>)| litique, séparés par des intervalles de peau ou de muqueuse saiDe>. a( servaient leur autonomie pendant quelques jours; mais le néopu^ syphilitique, se trouvant, à un moment ou à l'autre* en contact a^^^ pus du chancre mou, se convertissait en chancre mixte. Les ch&afll simples, au contraire, quoique baignés par la sérosité syphililiqur i néoplasme, ne subissaient aucune modification, cette sérosité xinï^'i étant irréinoculable.
Etudions maintenant la symptomaiologie an chancre mixte. S4| riode de début, comme il est facile de le supposer d'après ce que ai avons dit de sa pathogénie, présente de grandes variétés. Elle n'^ jamais les caractères combinés de deux chancres; on observe, peDâ une phase plus ou moins longue, ou bien les symptômes du rbatf
DES CHAKCBES HIXTKS VÂNÉREO -SYPHILITIQUES. 357
mou OU bien ceux du chancre syphilitique. Pour qu'il y eût, dès la pre* mière heure, combinaison des deux chancres, il faudrait que les deux contagions eussent eu lieu à des intervalles correspondant exactement à la durée de chacune des incubations ; qu'un chancre simple, par exemple, eût été contracté la veille ou l'avant-veille du jour où doit apparaître le chancre infectant contracté, lui, depuis six ou sept semaines. Ce serait demander trop au hasard. — Quoi qu'il en soit, dans la plupart des cas, c'est par un chancre simple que le chancre vénéréo-syphilitique débute. C'est après une durée plus ou moins longue du processus chan* crelleux que Faction syphilitique, à l'état latent d'incubation jusqu'àlors, se développe derrière le chancre simple et vient, pour ainsi dire, le doabier, lui créer une base néoplasique sur laquelle il évoluera dorénavant et même à laquelle il pourra survivre. L'ulcération s'élève, à lasoite de ce nouveau travail, au-dessus des parties voisines ; en même temps son fond se remplit et est moins anfractueux. Sa sécrétion diminue et devient moins purulente. Enfin le pourtour et la base présentent rinduration chondroïde ou élastique des chancres infectants, mais à un iDoindre degré que lorsque ce dernier est dégagé de toute coexistence avec la chancrelle. Toutetbis, il faut tenir compte de l'époque à laquelle est arrivée la chancrelle, au moment où se forme le néoplasme sous* jacent. Si elle est en pleine activité, l'induration sera faible ; si elle est à son déclin, au contraire, le néoplasme pourra devenir exubérant et produira de grosses masses ou des plaques épaisses d'induration. L'énergie de l'ulcération et le volume du néoplasme sont en raison inverse l'un de l'autre.
La configuration du chancre mixte rappelle le chancre élevé de Carmichaêl et le chancre induré ecthymateux de M. Ricord ; ces deux rariétés ne sont, en effet, la plupart du temps que des chancres véncréo- ^hilitiques. « En général, dit M. Rollet, tous les chancres indurés, léveloppés sans incubation, et dans lesquels l'induration n'apparatt passez longtemps après l'ulcération, et même quand celle-ci est déjà ncatrisée, sont des chancres mixtes, contractés à la suite d'une con- ^00 unique, dans laquelle les deux virus se sont inoculés sur le fn^me point. »
Lorsque le début du chancre mixte se fait par le néoplasme syphilitique primitif et que le chancre mou ne se greffe sur lui qu'ultérieureinem, la transformation de la lésion en chancre mixte a lieu d'une konplas insensible et moins marquée. Mais quelques douleurs plus )u moins vives viennent réveiller l'indolence habituelle du chancre ; il iVnflarome avec plus de facilité et sa néoplasie diminue sous l'action
358 COMPLICATIONS LYMPHO-ADÉNOPATHIQUIS
de la chancrelle, quoique rulcéràtion ne présente pas un bourgeonoement cicatriciel et qu'elle prenne, au contraire, un mauvais aspect ^t fournisse un pus abondant, jaune grisâtre, sanguinolent, gnimeleui. — On serait tenté de croire que le néoplasme syphilitique subit une déviation phagédénique. C'est une erreur qu'on a souvent commise, b* phagédénisme prétendu des chancres syphilitiques tient souvent à une contagion chancrelleuse. L'inoculation, du reste, est là pour dou^ éclairer si nous en avons besoin. Et puis ne survient-il pas quelquefo.^ des bubons chancrelleux, qui nous montrent trop clairement que ichancre primitivement syphilitique ^'est compliqué de chancp mou, etc. ? La surface entière du syphilome n'est pas toujours XTdHy formée dans sa totalité par le chancre mou. J'ai vu ce dernier creu>rr, en effet, des fossés profonds en zigzag d'où s'échappait une suppuratx l abondante ; sur un autre point, c'était un trou à bords déchiquétê>. i fond pultacé. Quand de pareilles modifications se produisent dan;^ un syphilome primitif, on peut affirmer presque à coup sur qu'elles sont U résultat d'une contagion chancrelleuse et que le chancre est dewiia mixte.
Que le chancre mixte ait débuté par la chahcrelle ou par la n(^opla>i«j syphilitique, il manque rarement, lorsqu'il est constitué, de déveloi'i*^^ autour de lui, par séries successives, de petits chancres mous; et, comme ces petites ulcérations n'accompagnent jamais le chancre intet tant qui, lui, ne suscite à sa périphérie que des suffusions scléreuse^j elles sont un indice à peu près certain du caractère mixte de la Ir^ion Ces petits chancres, simples satellites du chancre mixte et produit> )4i réinoculation, persistent quelquefois longtemps et survivent mèmf' 4| chancre qui leur adonné naissance.
Tels sont les caractères intrinsèques que présente le chancre miitn Mais il faut faire entrer aussi dans sa symptomatologie les adéu .; '] thies et les lymphites. Il n'y en a qu'une qui soit constante : c'est Tade nopathie indurée, indolente, compagne obligée du chancre infeotml Quand on la voit survenir pendant la durée d'un chancre mou juj qu'alors, on peut être à peu près certain que ce chancre se syphilis' car elle ne manque pas plus dans le chancre mixte que dans le cIkii. i induré commun. On observe même quelquefois la lymphopathie dtil sale, c'est-à-dire le cordon dur, volumineux, irrégulièrement renf^ qui part de la lésion et, le long delà verge, se dirige vers les gant*!)' { inguinaux. Les lymphites et les bubons virulents peuvent se pn^iDil avant ou après la production du chancre mixte. Ils n'ont rien dt \.\ dans la date de leur apparition, et font même souvent dêfa'ii. \
DU CHANCBE MIXTE YÉNÉBÉO-SYPHILITIQUE. 359
bubon chaocrelleux est moins fréquent dans le chancre mixte que dans le chancre mou. Tandis que, dans le chancre simple, le rapport entre lui et son bubon est de trois à un, il ne serait, d'après M. Rollet, que de hait ou dix à un dans le chancre mixte. Ce fait tiendrait^il à ce que l'obstruction ou Toblitération des réseaux lymphatiques qui accompagnent toujours Thyperplasie syphilitique mettrait obstacle à la pénétration du pus virulent dans les gros cordons et dans les ganglions?
Ces bubons virulents se présentent avec les mêmes caractères que dans le chancre simple, si l'adénopathie syphilitique ne s'est pas encore formée; mais, si elle existe déjà, ils se combinent avec elle pour former une lésion inguinale également mixte que nous étudierons plus tard.
L'évolution du chancre mixte est très variable et n'est soumise à aucune règle. Mais la plupart du temps ce chancre, qui a débuté sous forme de chancrelle, finit sous forme de chancre induré; sa surface se déterge, son pus cesse d'èlre réinoculable, et le néoplasme syphilitique revêt les caractères qui lui sont propres. Il peut arriver que le chancre mou se survive à lui-même par le bubon virulent qu'il a fait naître avant ou depuis sa syphilisation. Enfin, mais plus rarement, il traverse toute la phase d'induration et se continue après la guérison de son élément néoplasique. C'est ce qui a toujours lieu lorsque la chaniTeUisation s^est faite après l'induration. On peut dire que ce qu'il y a d'irrégulier, de bizarre, d'inattendu dans le processus et les complicalions est sous la dépendance de l'élément chancrelleux. L'évolution du Qéoplasme syphilitique n'est-elle pas, en effet, plus fixe et plus calculable que l'évolution du chancre simple ? « Si, en vertu de leur caractère contagieux commun, dit M. Rollet, le chancre simple et le chancre syphilitique ont de la tendance à coexister, à se superposer; au contraire, grâce à leur différence d'évolution et d'âge, ils n'ont pas une moindre tendance à se séparer, à s'isoler l'un de l'autre ; et, de même mil y a un courant qui les rapproche, il semble qu'il y ait un courant îp[K)sé qui les associe et les éloigne. Ainsi s'explique la rareté relative lu chancre mixte pour ceux qui s'étonneraient, au premier abord, de ne pas le voir aussi répandu et aussi fréquent que les autres. » Le savant Médecin qui a écrit ces lignes n'a jamais eu évidemment l'idée de faire, ^ chancres mixtes, une quatrième espèce vénérienne, comme on l'en J accusé.
On peut se demander, et c'est là une question qui n'est pas de simple uriosité, si le chancre, avant de devenir décidément mixte, c'est-àlire pendant sa période chancrelleuse, serait susceptible de communi-