CABACTÊEBS D£ LA PLÉIADE GANGLIONNAIRE PRIMITIVE
pathie est forcément monoganglionnaire ; mais, dans les régions comme Taine, Taisselle. le plancher buccal, etc., où les ganglions abondent, le bubon du chancre syphilitique est presque toujours polygâQglionnaire.
Dans les pléiades ou dans les groupes, les ganglions hyperplasiés /orioent, quand ils sont isolés, une série de tumeurs ovoïdes ou arrondies, pisiformes, olivaires, qui restent indépendantes les unes des autres et sont séparées par des intervalles plus ou moins considérables ; mais souvent ces tumeurs, de volume inégal, se rapprochent, se touchent et semblent se confondre par une partie de leur surface, tout en restant distinctes. Elles forment là par leur tangence une sorte d'agglomération, dont la grosseur et la configuration varient dans de larges limites. On peut bien l'étudier chez Thomme, surtout chez des individus maigres. Du reste, en général, Tadénopathie est beaucoup moins développée chez la femme que chez Thomme. Les ganglions ahérents se développent, soit en pléiades ganglionnaires affectant la iisposition en chapelet, soit en une seule masse globuleuse, bosselée, irrégulière à sa surface et dans ses contours, et sur laquelle proémii<»nl deux ou trois ganglions plus volumineux et plus élevés. Quelquefois, les glandes sont réunies les unes aux autres par des vaisseaux ympbatiques interganglionnaires ou hypertrophiés : c'est un fait que i. Bassereau a pu constater par l'autopsie. Il y a tout à la fois ymphopatbie et adénopathie, et la première peut faire acquérir aux t)rdoDS presque le même volume que celui qu'atteignent les gan- 'jions. Dans de pareilles agglomérations, dont les éléments sont tous mis d une façon si étroite, leur mobilité diminue, mais ils n'en restent ^ moins indépendants de la peau qui les recouvre et du tissu ellulaire qui les entoure, excepté dans les cas que je spécifierai tout
Iheure.
L'époque du début et de la terminaison n'a rien de fixe; j'en dirai Qtant de la durée. Il n'est question ici que des adénopathies dont le rocessus est normal et ne présente aucune déviation. J'ai plusieurs >is constaté un développement ganglionnaire qui m'a semblé anormal es le deuxième ou le troisième jour du chancre. En général, il ne se lontre d'une façon très accentuée que vers le septième, le neuvième, -'douzième jour ; du quinzième au vingt-cinquième, il est rare qu'il atteigne pas, comme volume et comme dureté, toute sa plénitude. ^ indurations adénopathiques très tardives, vers le trentième, quaînlième, cinquantième jour, sont la preuve à peu près certaine que le haucre, avant de devenir infectant, était chancrelleux. C'est seulement
MAUBIAC. — MALADIES VÊNÉB. 25
386 INFLAMMATION DANS LES ADÉNOPATHIES PBIMITITIE
dans les bubons chancrello-syphilitiques qu'on observe un \>i retard dans l'apparition de l'adénopathie.
Elle commence progressivement et se termine de même, nuant peu à peu de volume et de consistance. La résolation e>i La suppuration se montre si exceptionnellement dans lesbub:ic fiques, que vous pouvez déclarer hardiment, sans l'avoir €i en dehors de toute autre considération, qu'un chancre ant^ri lequel on vous demande votre avis, n'était pas syphilitique, seul qu'il a provoqué dans l'aine une adénite qui s'est ouvert'» et a longtemps et abondamment suppuré. La résolution coil}^ quelquefois très longue à se faire, surtout quand l'adénopai:4i multiple, cohérente, chondroïde et ligneuse. Elle ne dis[»in; que longtemps après la guérison du chancre, dans la premièr>^f'^ des accidents consécutifs, et même plus tard. Elle reste hcià témoin véridique de la lésion disparue qui lui a donné naissau' - 1 quefois elle prend une activité nouvelle au moment de ra:<^ des syphilides. Sa signification est donc très grande au poiu' <i du diagnostic. Mais il n'en est pas ainsi au point de vue du )>r-i J'ai vu souvent des syphilis bénignes, légères, qui avaient dt^l-c^ des néoplasies chancreuses et ganglionnaires très volumiDrL>^ par contre, j'en ai observé de malignes, dans lesquelles l'.t primitif n'avait développé aucune intumescence ganglionnaire. I
J'ai dit quelques mots des phénomènes inflanunatoires <pi viennent au début de l'adénopathie. A toutes ses périodes ils \^ prendre des proportions plus grandes sous l'influence de caibsionnelles d'irritation, ou d'inflammations concomitantes, àê\] sur le même district que le chancre infectant. Le ganglion tuni :i jusqu'alors était resté indolent, occasionne du malaise, de la i:':^ les mouvements, devient sensible à lapressionetpuis même trt'^i!* reux, conune une adénite aiguo. La peau adhère à la tumeur, ^' sit , rougit dans une plus ou moins grande étendue qui d . en général, la périphérie du chancre. Le tissu cellulaire sou?* s'infiltre et devient le siège d'un empâtement franchement phlegri < i Enfin, la tumeur perd sa mobilité primitive et son sommet ne t d à être fluctuant. Comme on le voit, c'est le processus de I ^ phlegmoneuse simple, dite sympathique. L'abcès s'ouvre <p q ment, puis l'évacuation du pus ayant continué pendant quelqut>^j la réparation commence et marche avec rapidité. La guéri un septénaire et demi ou deux après le début, quelquefois [ d'autres fois plus tard, quand l'abcès est considérable et que I
LEUR RAMOLLISSEMENT NECROBIOTIQUE. 387
glioQ, dénudé de toutes parts sur les côtés, vient faire saillie entre les lèvres de l'abcès. Le pus, en effet, ne se forme généralement pas en pareil cas dans Tintérieur du ganglion, mais dans l'atmosphère du (issu cellulaire qui l'entoure. Aucun processus d'ulcération ne s'établit dans le foyer, à moins que le chancre infectant ne soit mixte, c'est-àdire cbâncrello-syphilitique. Ce pus, inoculé sur le malade lui-même, De donne que des résultats négatifs ; il a toutes les apparences d'un pus louable et de bonne nature. Inoculé à un malade vierge de syphilis, loi corarauuiquerait-il cette maladie? Probablement non, s'il n'était paâ souillé par du sang. Mais ce sont là des questions douteuses et SUT lesquelles il serait téméraire de se prononcer d'une manière absolue.
L'inflaoïmation n'est pas toujours périphérique; elle a quelquefois H)n point de départ dans un des ganglions hyperplasiés ; de là elle se iropage au tissu cellulaire ambiant et à la peau. C'est une adénite «nple greffée sur une adénopathie spécifique. Tout le groupe n'est pas mvahi; à côté ou autour du gangUon enflammé, on trouve ceux qui, out en étant indemnes, perdent un peu de leur mobilité par suite du ravail phlegmasique qui les environne.
lo mode de processus qui s'éloigne beaucoup du précédent, quoitiH aboutisse aussi à une collection liquide et qu'il ait des allures m inflammatoires, c'est cette espèce de ramollissement à marche aie, chronique, qui s'empare peu à peu d'un ou de plusieurs gan- KoDs hyperplasiés, sans cause appréciable, où, à la suite d'une irriâion quelconque dans le district lymphatique du chancre. L'adénoithie symptomatique devient un peu douloureuse ; elle grossit et Aère à la peau, qui prend une teinte d'un rouge sombre, et, au bout îciaq ou six jours, elle est fluctuante. Tous ces phénomènes de réacm locale sont aussi atténués que possible et beaucoup moins aigus le ceux de Tadénite phlegmoneuse sympathique. Si on ouvre l'abcès, ni sort un pus séreux, froid, qui n'est pas du pus d'inflammation toche. Si, au lieu d'ouvrir l'abcès, on attend, ce qui vaut beaucoup isui, on voit la tumeur liquide diminuer peu à peu de saillie et itendue, et disparaître sans laisser aucune trace. Elle se résorbe ontanénaent ; c'est la règle. Aussi je me garde bien d'y toucher. Toilà un processus qui est éminemment syphilitique; il ne s'agit pas
comme dans l'adénite phlegmoneuse sympathique, d'une inflamilion commune , ajoutée à l'hyperplasie syphilitique ou provoquée f^Ue. Non, c'est l'hyperplasie elle-même qui se liquéfie par le fait me espèce de nécrobiose interne, semblable à celle qui envahit
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quelquefois la masse indurée des gros chaucres et qui est si ctird dans la gomme. Les éléments cellulaires prolifères sortent de? Lii réticulaires, rompent les tractus qui les séparent, font en» it coque du ganglion et se répandent dans le tissu cellulaire. Mai'i: de créer autour d'eux une réaction violemment inflammatv'restent dans les limites d'un processus subaigu qui devient régressif par dégénérescence granuleuse, et aboutit vite à la tion des produits morbides.
Les adénopathies symptomatiques des chancres mixtes s*:c'. : chaiicrello-syphilitiques et tantôt syphilitico-chancrelleuses, > que le processus a débuté par un bubon chancrelleux ou par yry nopathie syphilitique.
Dans le premier cas, qui est le plus commun, Tadénite pré- f symptômes habituels du bubon chancrelleux : inflammati"!. rapide formation de pus dans toute Tétendue de la tumeur, cûl\ du foyer en une ulcération à pus virulent réinoculable, etc. Pi' * quand le chancre infectant développe son adénopathie, il ne > tf pas grands changements dans le bubon chancreux. J'ai vu ci\^ ses bords devenir le siège d'un œdème dur, d'une vraie scîir son pourtour se tuméfient les autres ganglions de la pléiade groupe, qui peuvent être envahis. par le processus chancrell dehors en dedans, contrairement à ce qui a lieu lorsque le pus ^ir pénètre jusqu'à eux, par la voie des lymphatiques. Ainsi, Ay; syphilitique périphérique et sous-jacente, développement de tt ganglionnaires dans la pléiade ou dans le groupe^ ulcération t chancrelleux auto-inoculable: tels sont les principaux caract buhon mixte, après sa phase purement chancrelleuse« Si. a période, on inoculait le pus de ces bubons à un individu non >y tique, lui communiquerait-il la maladie constitutionnelle f h mentation et la clinique n'ont pas donné de réponse.
Le bubon mixte syphilitico-chancrelleux ne diffère du précêd^fi par le développement préalable de Tadénopathie polygaugliooa C'est sur un de ses ganglions que s'établit le bubon chaD< r. Le fait est rare, mais il en existe des exemples très autbentiqr.' lésion est alors, comme dans toutes les lésions mixtes en génèri. combinaison, dans des mesures variées, des deux processus.
Une autre association pathologique, qui est en dehors du c^'^-maladies vénériennes, c'est celle qui résulte d'une détermination i-^ scrofule sur les ganglions spécifiquement hyperplasiés. Il se f ? sous la double action des deux maladies constitutionnelles, une ^ck
irn ADÉNOPATHIES PRIMITIVES SYPHILITICO-STRUMEUSÈS. 389
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r^w complexe dans laquelle il est souvent trcsdiflicile de déterminer iL^:- .qui revient à chacune des influences morbides. Le premier effet [m:-: crofule est d'hypertrophier la coque ganglionnaire et de lui faire it de tous les côtés des jetées d'byperplasie amorphe qui enva- X le tissu cellulaire ambiant et le convertissent en une gangue ; rj fe, diffuse, au milieu de laquelle sont enchâssées et immobilisées asses ganglionnaires d'une même région. La tumeur qui en e varie de configuration et de volume, suivant les dispositions ^^, laies. Dans l'aine, elle est allongée transversalement, oblique ; . ut en bas et de dehors en dedans, mamelonnée par des saillies L ilières, dure à leur niveau, moins résistante dans leurs inter-
et à sa périphérie. Dans son ensemble et dans chacune de ses
««elle est immobilisée. A l'aisselle elle est globuleuse; sous le
. laire inférieure et dans la région sushyoïdienne, les masses,
ment globuleuses, forment des foyers médians et latéraux qui
ent, hypertrophient toute la région et donnent à la partie infé-
e de la face le cachet scrofuleux. Rien d'étonnant à ce qu'il en
josi : des deux influences constitutionnelles, celle de la scrofule
«aucoup plus profonde, plus étendue et surtout plus longue que
de la syphilis. Le processus de la lésion est donc surtout celui de
Êopathte sirumeuse. 11 est même difficile de démêler l'élément
6que. A peine peut-on percevoir au milieu des tissus gonflés, et à
) de la palpation, la dureté caractéristique des ganglions hyperpla-
. par la syphilis.
lis le processus scrofuleux ne se borne pas aux lésions précèdes. Il arrive souvent qu'un ou plusieurs points de la tumeur se olIiNsent, qu'il se forme des trajets fistuleux, des cavités anfracises et fongueuses qui deviennent des sources intarissables du pus Qx. Ce sont alors de vraies écrouelles, dans lesquelles la syphilis . |>ar n'avoir aucune part, car son adénopathie, essentiellement ilutive à cette période de la maladie, disparaît pour laisser le champ e à la scrofule. Il faut donc bien être pénétré de ce fait, que le fOH xt/philiiico-slrumeux, quel qu'ait été son point de départ, finit ou lard par devenir et par rester essentiellement strumeux, etque, s'il )pure et s'ulcère, c'est à la scrofule et non à la syphilis qu'il faut ^tril»uer. Il n'en est pas ainsi à toutes les phases de la vérole. Mais Ta il s'agit d'adénopathies tertiaires dont il ne doit pas être ici •>lion.
1^ pus qui s'écoule de ces tumeurs n'a aucun caractère virulent, uf dans les cas où c'est un bubon mixte chancrello-syphililique qui a
390 ADÉNOPATHIES FfilHITIVES SGBOFULO-SYPHILITIQUB&
suscité Tadénopathie strumeuse ou qui a été compliqué par elle. R» vd toujours la question de savoir si le pus séreux du bubon syphiliu*^ strumeux, inoculé à un sujet vierge de syphilis, lui donnerait ou u lui donnerait pas la syphilis ? La tumeur peut être primitivement >i:i: meuse et se trouver augmentée par Tadénopathie que suscita ùj chancre infectant, situé dans le territoire lymphatique ; mais la plu; ;u du temps c'est l'inverse qui se produit. Chez un sujet prédispo^t^ ^'i n'a actuellement aucune détermination ganglionnaire strumeu>^. I chancre en suscitera peut-être une par l'intermédiaire de son adtH pathie symptomatique. Dans le premier cas, Tadénopathie syphilinij aggrave peu l'adénopathie strumeuse, tandis que cette dernière, da: le second cas, constitue pour elle une complication très sérieuse.