CARACTÈRES GÉNÉRAUX ET HISTOLOGIE
Tadénopathie. Elle peut aussi lui succéder. Elle en est donc indé(K^ dante jusqu'à un certain point, et parait se rattacher beaucoup pkv étroitement qu'elle aux phénomènes qui s'accomplissent dans la d?oplasie syphilitique chancreuse. C'est là, en effet, qu'elle commea>fj et c'est de là qu'elle part. Son plus grand développement a lifii.i à son origine, autour du chancre, avec lequel elle ne fait qu'une ^e^i*^ masse et dont elle semble être le prolongement. Elle diminue, au contraire, à son extrémité centrale du côté des ganglions. Le cordui noueux qui la constitue est aussi dur que la néoplasie syphilitique, présente presque toujours sur son trajet des renflements qui peuv^ acquérir des dimensions considérables. 11 est indolent ou peu lio loureux et n'irradie autour de lui aucune inflammation soit du cù de la peau, à laquelle il n'adhère pas, soit dans l'atmosphère de tb cellulaire qui l'environne. Il reste donc indépendant et mobile, sclérose spécifique est encore plus marquée dans les ganglions. L processus qui les envahit progressivement dans le premier septeoHir du chancre, et qui se manifeste quelquefois au bout de deux ou tnn jours, les transforme en une masse ovoïde ou ronde, d'une dureté «ar tilagineuse ou chondroïde, peu sensible à la pression et même tout fait indolente, sauf dans les cas de complication inflammatoire. < tumeurs, qui sont presque toujours multiples, constituent par leurr?'. nion un groupe, une pléiade dans laquelle prédominent généraient un ou deux ganglions plus volumineux que les autres. Leurs dim sions varient depuis la grosseur d'un pois jusqu'à celle d'une noii même plus. Elles roulent sous les doigts, ne contractent aucune ad rence ni avec la peau, ni avec le tissu cellulaire. Aussi leur mokiii constitue-t-elle avec leur dureté et leur indolence un de leurs tr principaux caractères.
Après une durée variable, elles diminuent peu à peu; mais ^ll' survivent au chancre et attestent son existence, même quand il ii> reste plus aucune trace. Leur processus est uniforme dans la radjurii des cas, depuis le début jusqu'à la terminaison. Cependant, onconstii quelquefois dans leur masse une sorte de subinflaramation qui se r&i tache à des phénomènes de nécrobiose centrale. Alors elles adhen ui la peau, qu'elles rougissent un peu, et elles deviennent fluctuante ne faudrait pas confondre le ramollissement avec la suppuration ir^ chement inflammatoire. De pareilles collections n'ont pas, en effet, i tendance à s'ouvrir, et elles se résorbent spontanément ou sou^ ; d fluence d'un traitement spécifique. Tels sont les caractères géntrt de la lympho-adénopathie syphilitique primitive.
DES LTMPHO-ADÉNOPATHIES SYPHILITIQUES PRIMITIVES. 377
Avant d'entrer dans les détails de son étude, occupons-nous de son anatomie pathologique. G*est à M. Cornil que nous devons les notions les plus précises sur ce point intéressant de leur histoire. Mais il n'a décrit que Tadénopathie. Quant à la lymphopathie, on peut supposer i{u eUe est constituée par les mêmes lésions que la sclérose vasculaire qui se montre constamment dans le chancre, c'est-à-dire par une hypertrophie subinflammatoire de la tunique externe et de la partie la plus extérieure de la tunique moyenne et par une proUfération endo* ihéliale et une accumulation de cellules lymphatiques dans la lumière )ius ou moins rétrécie et engorgée des vaisseaux lymphatiques. La ymphe circule difficilement dans leur intérieur, et c'est à cette stase nécanique et à la diffusion du processus sur les réseaux lymphatiques Dtra-culanés qu'il faut rapporter l'œdème dur et les suffusions plasiques si communes dans la* lymphopathie syphilitique, surtout à son lébut. Le processus qui est propre à l'adénopathie syphiUtique se léveloppe dans l'intérieur des ganglions ; aussi la capsule fibreuse fest-elle pas notablement épaissie ; elle n'adhère pas au tissu conjonctif |ai l'entoure, ni à la face profonde du derme. Les tractus qui partent le la face interne de la coque et qui accompagnent les vaisseaux, depuis la surface des ganglions jusqu'au bile, présentent, au contraire, \si épaississement notable. Mais Thyperplasie porte principalement sur is follicules qui forment des tlotsdans la partie corticale de l'organe. I en résulte des saillies lobulées qu'on ne remarque que lorsqu'on a alevé la capsule fibreuse ou sur des coupes. Les follicules sont conlitués par un tissu réticulé fin ; c'est lui qui se tuméfie et détermine hypertrophie du follicule. — Outre les follicules, il entre dans la conilution d'un gangUon lymphatique un tissu réticulé à mailles plus irges que le tissu réticulé fin. Ce réseau réticulé à larges mailles, qui Qtoure de toutes parts le tissu réticulé fin, en formant des sinus Qtour des follicules, se remplit d'éléments embryonnaires, de cellules rmphatiques d'un volume ordinaire, et surtout de grosses cellules iffléfiées possédant un gros noyau ou plusieurs noyaux. Ainsi, hyperopliie du tissu des cloisons, tuméfaction du tissu réticulé fin des filleules, prolifération des éléments cellulaires dans les sinus lymphaques du réseau réticulé à larges maillés : telles sont les lésions qui )Dstituent l'adénopathie syphilitique.
Il est curieux et instructif de leur comparer les lésions que développe i scrofule dans les ganglions, d'autant plus qu'il n'est pas rare de voir
processus propre à cette dernière maladie constitutionnelle se cominer avec celui de la syphilis pour produire une adénopathie syphili •
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tico-strumeuse. Dans la sclérose scrofuleuse , l'hypertrophie d*- ! capsule atteint des proportions énormes et envoie des prolongemt*D{ qui partagent toute la glande en Ilots. Cette sclérose de la capsui^ : propage au tissu cellulaire sous-cutané, et c'est là ce qui produit IVe pàtement qui englobe dans une seule masse et soude les uns aux autr les différents ganglions de la même région. Dans Tintérieur de roriiui les fibres du réticulum tuméfié se ramollissent et se remplissent { cellules volumineuses à noyaux ovoïdes et à protoplasma granuli graisseux.
Lymphopathies syphilitiques primitives. — Elles peuvent se d^^T lopper sur toutes les régions du corps, dans la sphère lymphatiqu** i chancre infectant ; mais c'est sur les organes génitaux de rhunu qu'elles acquièrent les dimensions les plus considérables. C'est dûo là qu'il faut les étudier. Elles surviennent souvent sans cause occaM « nelle, et leur début, habituellement subaigu et même indolent. \'^\ prendre quelquefois des allures plus vives. La peau qui entour* I chancre devient d'un rouge foncé et s'épaissit; le tissu cellulaire »1l filtre, et il se produit un œdème dur plus ou moins inflammatoire q|l se propage au loin sur le fourreau et jusque dans les régions inrtj nales. A ce moment la lymphopathie parait occuper les réseaux sap«j ficiels et profonds de la peau ; elle envahit aussi le lymphatique dors de la y^v^Qj mais son augmentation de volume, qui est encore \4 considérable, et son induration, sont masquées par l'engorgemeot i tissu cellulaire sous-cutané. Peu à peu ce processus demi-inflamma: l se dissipe en partie, du moins sur les points les plus éloignés du foyj chancreux, et en même temps l'hyperthrophie et l'induration du ra» seau lymphatique augmentent dans de très grandes proportion? restent en cet état jusqu'à la guérison complète de la néoplasie prini tive et même au delà.
J'ai observé un grand nombre de ces lymphopathies dorsales, et j i ai vu devenir d'un volume vraiment extraordinaire. Le cord^ lympathique, plus gros en pareil cas qu'une plume d'oie, conimt-w au chancre par un renflement aplati. De là il se dirige, en décrivaDtdi flexuosités irréguUères, jusqu'à la racinede la verge. Mais en ce poia chose remarquable, il semble cesser brusquement, ou il ne se contiiii que par une sorte d'appendice filiforme qui se perd dans le tissu c^ lluil graisseux du pubis. Il est rare qu'on puisse le suivre jusqu'à son eDirj dans les ganglions. Quand il y a plusieurs chancres, il peut arriver qi de chacun d'eux parte un cordon; mais ces cordons ne tardent pas i^ réunir pour former, vers la partie, moyenne de la verge, unrunli
iBCÈS ET PISTTTLES DANS LES LYMPHOPATHIES SYPHILITIQUES. 379
Qoique. J'ai vu des lymphopathies dorsales énormes aboutir à des âdénopalhies très petites.
Le calibre des vaisseaux ainsi hypertrophiés présente de grandes inégalités et des renflements ovoïdes, arrondis ou aplatis, qui peuvent acquérir le volume d'une amande et même d'une petite noix. Ils ont le même caractère d'indolence que le cordon, et comme lui restent libres dans le tissu cellulaire qui les entoure. Ils adhèrent rarement à la peau. Sur les côtés de la verge, à la partie inférieure du prépuce et »ar le filet, dans les chancres du méat, on trouve souvent plusieurs »rdoDs indurés flexueux et moniliformes qui contournent la base du [laud et se jettent sur le cordon de la face dorsale. Il arrive quel- [uefojs que les renflements lymphopathiques deviennent le siège d'un ravail inflammatoire subaigu ; on les voit alors adhérer avec la peau et iTec la muqueuse, qui prennent une teinte rouge foncé à leur niveau t se dépouillent quelquefois de leur enduit épidermique, de manière à icûuler une érosion cbancreuse, reposant sur une plaque épaisse de éoplasie. La tumeur, arrivée à ce degré, se ramollit et s'ouvre quel- Qefois, puis elle s'ulcère ou ne laisse qu'une fistule à travers laquelle a peut pratiquer le cathétérisme du vaisseau malade, soit en avant, ût en arrière. Dans un cas semblable, M. Bassereau ayant fait l'autopsie u malade, constata la parfaite intégrité de l'artère et des veines doriles du pénis. Le canal flstuleux était formé par un vaisseaux lymphaque hypertrophié, à parois dures et épaisses, diminuant de volume ers son extrémité pubienne, qui se perdait dans les ganglions inguiaox droits. Son extrémité antérieure se confondait avec ce qui restait a néoplasme syphilitique.
Plusieurs fois j'ai vu ces renflements former de grosses collections ïcluantes. J'ai toujours résisté à la tentation de les ouvrir, et bien eu a pris, puisqu'elles se sont toujours résorbées spontanément. Les rtules sont exceptionnelles. Quant à ces prétendus abcès, ils sont forais par de la lymphe accumulée, contenant une grande quantité de Hules endothéliales ou de cellules embryonnaires granulo-grais- !u>es. La lymphopathie dorsale est une complication assez fréquente 1 chancre infectant. J'en ai eu quelquefois jusqu'à 5 ou 6 cas dans ma illeenraème temps.
Ainsi, pour nous résumer, il y a dans les lymphopathies symptomajues du chancre infectant une période de diffusion et une période de ncenlration. La première qui caractérise le début, se dissipe ou per- )(e et est généralement suivie de la seconde, qui est constituée par i}*pertrophie et l'induration du lymphatique dorsal. Cette dernière
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peut manquer et être très faible, tandis que l'œdème dur, la sclérvi^^ diffuse produits par la lymphopathie diffuse, prenant des proporliiu^ élépbantiasiques, se voient plus fréquemment. Par contre, on ob»^^» des lymphopathies dorsales circonscrites à un seul vaisseau, sur lequ^ se développent des renflements énormes, sans qu'il y ait d'indurati'iii oedémateuse diffuse du tissu cellulaire sous-cutané.
Faut-il rattacher à la lymphangite spécifique les indurations, M nodosités qui se forment souvent autour des chancres indurés? Vf^fquefois, mais pas toujours, et dans les cas seulement où il y a qu^l^p apparence plus ou moins vague de cordon. Les tumeurs globuleuH^I indurées, les plaques ou même les masses plus irrégulières dVfTplasie, toutes ces indurations satellites du néoplasme primitif se dtu loppent sans doute dans son épaisseur et dans le tissu cellulaire sou* cutané.
Le processus des lymphopathies syphilitiques primitives est toujouij chronique ; à peine se produit-il quelques sensations douloureuses e| niveau du renflement qui s'enflamme d'une façon subaiguê • t ^1 ramollit ou s'ulcère. La résolution est la terminaison la plus fréqueo-j elle a lieu au bout de quatre ou cinq semaines. Mais la lymphopatfa/ dorsale, lorsqu'elle est très prononcée, peut durer quatre ou lifi^ mois. Chez la femme, les lymphopathies, qui siègent habituelleiind aux grandes lèvres, s'accompagnent aussi d'un œdème considérable ^ de l'induration d'un cordon lymphatique, à masses noueuses, qiî '« trouve au niveau du mont de Vénus ou dans le pli génito-crural.
£n dehors des organes génitaux, la lymphopathie primitive est Ucsccoup plus rare. Je l'ai constatée sur les côtés du menton dans un « .-« de chancre induré de la lèvre inférieure. Elle a été observée au*>i [«? d'autres auteurs, et entre autres par M. Bassereau, chez un msïi^ atteint d'un chancre de la pommette et d'un bubon spécifique vîi l'angle de la mâchoire.
Adénopathies syphilitiques primitives. — Pour comprendre Timp'^ tance de cette lésion, il suffira de dire qu'elle ne manque babitu<+! lement que deux fois sur cent. Elle joue donc un rôle con«iJ^ rable dans le processus général de la syphilis, pendant sa prenu*^ période, et nous la retrouverons généralisée à l'époque où lesaecid*ii> cutanés, muqueux et autres, attestent, d'une façon non douteux l'intoxication constitutionnelle. Ici nous nous bornerons à renvist:'' au point de vue clinique, dans ses symptômes et son évolution.
Quand je me suis occupé du siège qu'occupait le chancre s}7*) ■
PLÉIADES GÂNOLIONKAIKES. 381
ique sur les divers territoires du tégument, j'ai eu soin de noter l'en- Iroit précis où se montrait Tadénopalhie. Dans la région sous-ombilicale la corps, les ganglions inguinaux et cruraux sont le rendez-vous de ous les lymphatiques, soit des membres inférieurs, soit des organes jéDitaux de l'anus et des régions adjacentes. C'est donc là que se renonlre le retentissement de l'accident primitif sur tout le système lymbatique de la moitié inférieure du corps : chancres génitaux de homme et de la femme, chancres de l'anus, de Fextrémité inférieure n périnée, des fesses, du pubis, de l'hypogastre, font naître autour u pli de l'aine une adénopathie multiple, uni ou bilatérale. Au-dessus eTombilic, la topographie de cette affection est plus variée; ses prinipaux centres sont le ganglion épitrochléen et les ganglions axillaires our les mains, l'avant-bras et le bras ; l'aisselle et le bord antérieur a pectoral pour les chancres mammaires ; les ganglions souslaiillaires pour les lèvres et le menton; les sus-hyoïdiens pour la iogue ; et en6n le ganglion pré-auriculaire pour les chancres des pauvres et du nez. Telle est la distribution générale de l'adénopathie iiuilive. Les irrégularités fréquentes de la vascularisation lympha- [[ue de telle ou telle région, rendent compte des rares anomalies de ège qui s'observent quelquefois, ainsi que des adénopathies croisées, est-à-dire situées sur les côtés du corps opposés à celui qu'occupe le ancre.
Les degrés de l'adénopathie présentent de très grandes variétés. Son iveloppement comme volume et comme nombre des ganglions affectés est pas toujours, il s'en faut de beaucoup, en rapport avec l'étendue, profondeur, la superficie, la petitesse, c'est-à-dire la gravité, ou la Jûignité du chancre infectant. C'est à ce point qu'on courrait grand ^que de se tromper, si l'on voulait juger d'après elle les principales rconstances pathologiques qui ont imprimé à la lésion initiale tel ou I caractère comme symptômes et comme processus. Ainsi, j'ai vu «vent de petits chancres épithéliaux, foliacés, à peine érosifs, dévepper une adénopathie bi-inguinale considérable. Par contre, il arrive irore plus fréquemment qu'un chancre très ulcéreux et même phagéinique ne détermine qu'une intumescence ganglionnaire à peine >l»réciable. Ce dernier fait était attribué par Baumes à la violence de lliixion locale, qui attire, en quelque sorte, tout à elle et s'oppose à absorption. Peut-être serait-il plus exact de dire que l'énorme proliralion cellulaire qui se fait à la périphérie de ces sortes de chancres, Uour des vaisseaux, obstrue les voies lymphatiques et s'oppose à la înétralion des produits morbides du chancre dans les ganglions.
382 INDOLENCE, APHLEGHASIE, SCLEROSE BÉSOLUTIVE
Cette théorie est bien plus vraisemblable pour le chancre simple phaj dénique que pour le chancre infectant. Et, en effet, dans la chancreli les conditions d'un apport matériel du pus virulent dans les ganglio;.^ sont indispensables à la production du bubon chancrelleux. Mai> 1^ genèse de l'adénopathie syphilitique n'obéit pas, entièrement duniom^j au même processus. Du reste, le foyer chancreux syphilitique d erj jamais ulcéreux d'emblée ; dans sa première phase, si courte quVL^ soit, l'hyperplasie l'emporte sur la destruction moléculaire, et la circ'j lation lymphatique n'est pas encore obstruée au moment précis d'ordinaire la néoplasie ganglionnaire nait et se forme. Quelle que ^ l'interprétation à laquelle on s'arrête pour se rendre compte du fi que je signale, il importe de ne pas perdre de vue sa signiGcation n ^ ne pas déclarer à la légère qu'une ulcération qu'on est app»*! diagnostiquer est chancrelleuse, parce qu'elle est restée sans écho ji: glionnaire.
Le tempérament, la constitution des sujets, ont-ils quelque inHu^i> sur le degré que peut atteindre l'adénopathie dans son dé\fl(ii:!^ ment? Sans aucun doute ; mais elle est difficile à déterminer. Le^ l'H glions sont, en général, moins gros et surtout moins appréciables rj les sujets gras que chez les sujets maigres ; aussi l'adénopathie e>t*^i chez eux moins prononcée. Je ne l'ai jamais vu atteindre en pareil • des proportions considérables. A priori, on devrait croire que le Ut phatisme prédisposé à l'adénopathie primitive et lui imprime une v\ vite hyperplasique qu'elle ne présente pas chez les sujets sanguiubiUeux, etc. Je ne nie pas qu'il n'en soit ainsi ; mais, ce que j^' |»u affirmer, c'est que, dans bien des cas, la raison du phénomène n justifie par aucun état antérieur de l'économie, constitutionnel acquis.
Parmi les ganglions qui forment un groupe ou une pléiade, il } a toujours un qui l'emporte sur les autres par son volume ; cVst dans lequel se rendent plus directement les vaisseaux lympbatîq: qui partent des chancres. On l'a nommé avec raison le ganglion ^ tomique. C'est toujours lui qui devient le siège de l'hyperplasie qu.n chose rare, elle est monoganglionnaire.
Le degré, dans l'étendue de l'adénopathie, serait très inlére:*- r. connaître. L'action morbide s'arrète-t-elle au premier groupe de? j glions, ou, de là, se propage-t-elle aux groupes de ganglion? s'échelonnent sur le trajet des voies lymphatiques, depuis la péni îrie jusqu'au centre ? Je suis disposé à répondre par Taffirniative ; ni i le fait est difficile à prouver. Et, en effet, quel moyen d*explor.itîi
DES ADÉNOPATHIES SYPHILITIQUES PBIMITIVES. 383
j'offre à nous pour juger de Tétai que présentent les ganglions internes pendant les premiers jours du processus? Aucun qui soit de nature à fournir des garanties. Les autopsies elles-mêmes qu'on a faites ne prouvent rien. On a dit : les ganglions iliaques étaient, aussi bien que les ganglions inguinaux, le siège du travail morbide; mais, pour l'affirmer, on se contente de parler de leur volume plus grand qu'à Fétat normal. Les avait-on mesurés avant l'apparition du chancre? Les aatopsies n'auraient donné des preuves certaines que si on avait fait l'étude histologique de ces ganglions, et démontré, par le microscope, la réalité d'un travail morbide, qu'on se bornait à déduire d'une augmentation de volume très hypothétique. Pour les ganglions externes, nous voyons du moins s'opérer sous nos yeux les change- Dents de volume et de consistance ; mais, quand il s'agit des ganglions liaques, lombaires, mésentériques, pancréatiques, etc., nous ne pouoDs faire que des suppositions. Au plus fort de Tadénopathie chanreuse locale, les ganglions, éloignés du district où s'accomplissaient es premières phases du processus et accessibles à l'examen, ne préeatent encore aucune modification. Ce n'est que plus tard, lorsque iûtoiication générale se manifeste par ses symptômes indéniables, oe tous les ganglions externes, et surtout les ganglions cervicaux, ntrenl décidément dans le mouvement d'hyperplasie spécifique qui, a chancre, s'est irradié sur tout le système lymphatique. Mais alors, Q est en pleine syphilis constitutionnelle.
In des caractères, avons-nous dit, les plus remarquables de Tadé- (>pathie primitive, c'est son indolence aphlegmasique. Il*y a beau- Aup de cas où elle est absolue, depuis le commencement jusqu'à t fin. La nouvelle lésion, qui se développe dans les aines ou ailleurs, e cause même aucune gène sérieuse, et le malade ne la découvre u'accidentellement ; mais il arrive pourtant quelquefois que, pendant « premiers jours de leur intumescence, les ganglions présentent une oaleur spontanée ou une sensibilité à la pression, alors même qu'ils e sont le siège d'aucun travail inflammatoire évident, central ou périâ^'rique. Ces phénomènes douloureux sont toujours éphémères et "onvent leur explication dans les excès, les fatigues, les pansements Titanls, les vulvites, les uréthrites, les éruptions herpétiques, etc. ependant, on ne peut pas toujours rapporter leur apparition à une au^e occasionnelle ; ils dépendent alors du processus lui-même ; i^s ils ne présagent rien au point de vue de ses tendances ulté* eures, qui restent résolutives.
La dureté de Fadénopathie présente des degrés variables, suivant
384 FAUSSE FLUCTUATION DANS QUELQUES ADÉNOPATHIES PRDIITIVI-
les individus et même suivant les ganglions d*un même groupe. Depri l'induration chondroïde et ligneuse jusqu'à la consistance à peine p!a grande que celle de l'état normal, elle offre toutes les nuances. L comme pour beaucoup d'autres caractères de l'adénopathie, od q< trouve pas de rapports constants, d'harmonie parfaite entre la l^s;<^ des ganglions et celle du chancre. J'ai observé de petits chancre> Uh ces avec des adénopathies très dures et multiples, et, par contre, o! voit de gros chancres à forme gommeuse ne susciter qu'une néopU^i peu indurée dans les ganglions. Toutefois, dans la plupart des câ> î'adénopathie primitive offre la même résistance chondroïde, élasliv et sèche, que l'induration chancreuse. Il se produit à la surface de -jj^ ques adénopathies syphilitiques, surtout de celles qui sont soliuirf^^ très développées, des modifications que j,e n'ai vu décrites dans au u ouvrage. Elles sont rares, et je ne les ai rencontrées que quatre cinq fois. Voici en quoi elles consistent : sans qu'il survienne de d.^ leurs vives au niveau du bubon syphilitique, ni un changement duU:4 dans la coloration de la peau, qui prend une teinte pourtant un '^ rosée, la surface de la tumeur se ramollit, et, chose plus étrange. pH sente, au bout de vingt-quatre ou quarante-huit heures, une Suc: tion manifeste. Eh bien, ce serait une erreur de croire qu'il s'est f : sous la peau une collection de Hquide. Trompé par ces fausses ap; rences,j'ai pratiqué quelquefois une incision dans les parties *>i, percevais le mieux le phénomène trompeur, et, à ma grande surj^r ^ il ne s'est jamais écoulé une goutte de pus; du sang pur mêlé de ^rj site, voilà tout ce qu'on évacuait. Au fond de la plaie, apparaît le . .{ glion induré qui vient faire hernie autour des lèvres de TiDi  quoi est due cette pseudo-fluctuation ? Je ne m'en suis pas trè rendu compte. Toujours est-il qu'elle se produit quelquefois, et il se garder avec soin de déférer à l'indication qu'elle suggère. L'in. > d'une tumeur qui ne contient aucun produit morbide expose lonj. r outre qu'elle est inutile, à des déceptions désagréables. 11 ne faui |j confondre l'état de choses très exceptionnel que je décris avec la f 'J nécrobiotique de l'hyperplasie ganglionnaire, dont il sera qu»-- I dans un instant.
Le nombre des ganglions^malades varie beaucoup. Leur nmtti/ ^ i sur l'un des côtés du corps ou sur les deux, alors même que la i**^ii est unilatérale, doit être regardée comme un des meilleurs cara» î] de I'adénopathie syphilitique primitive. Quand il n y a qu'un seuL. glion connu, aboutissant des lymphatiques en communication a^> chancre (ganglion épitrochléei^, par exemple"), il est clair que Ta»: ?