‹ Lecons sur les maladies vénériennesChapitre 241 sur 441 · ABSENCE DB DOULEUR, DE DÉMANGEAISON ET DE FIÈVRE · texte numérisé non relu

ABSENCE DB DOULEUR, DE DÉMANGEAISON ET DE FIÈVRE

lié qui tourne au brun et au noir pigmentaire. — Les ulcérations Qt disséminées ( rupia, ecthyma ) ou groupées suivant des lignes urbes (tubercules) et séparées par des intervalles de peau saine ou r des infiltrations néoplasiqucs fragmentées ou en larges plaques itinues. — A ces ulcérations succèdent des cicatrices arrondies Hns grandes qu'elles et dont la dépression centrale est en rapport ?c la perte de substance du tégument. — La membrane cicatri- Ue est unie et très fine ou plissée et ridée. Dans les premiers temps î est d'une coloration brune et violacée qui disparaît peu à peu ar faire place à la teinte blanche que présentent toutes les cicatrices, tour de cette cicatrice il y a souvent une aréole pigmentaire d'un *t brun foncé ou tout à fait noir, qui tranche sur la surface blanche elle circonscrit et sur la peau saine périphérique. Cette aréole est s longue à disparaître. D'après la forme et la disposition des cica- :es on peut quelquefois porter un diagnostic rétrospectif, recon- Ire par exemple qu'une syphilide tuberculeuse a été circonscrite serpigineuse suivant la dissémination, le groupement, la forme ciale et l'étendue des cicatrices.

e viens de vous décrire cette partie de la symptomatologie géné- \ des syphilides qui comprend leurs caractères objectifs. Je serai s bref sur leurs caractères subjectifs, car leur peu de développe- U ou même leur absence complète est une des particularités les \ remarquables de ces sortes de dermatopathies. • Absence de douleur ^ de démangeaison et de fièvre. — Grâce à l'in- ,'ace de leur nature et de leur processus, les éruptions syphilitiques ausent, en général, aucune irritation de la peau. Sans doute, un le degré de prurit peut se montrer dans quelques éruptions générées et précoces dont l'évolution est exceptionnellement aiguë ; s le fait est rare et la sensation prurigineuse est toujours beaucoup Ds intense et plus éphémère que dans les mêmes éruptions d'ordre mun. La démangeaison, quand elle existe, est peut-être plus prouve au cuir chevelu qu'ailleurs, et lorsqu'elle accompagne les >tions précoces, elle se limite aux extrémités supérieures. Son iDce dans les éruptions est d'une grande importance pour le diastic et doit faire penser inmiédiatement à la syphilis. Cependant il

tenir compte des circonstances qui la peuvent provoquer dans les dlodennies où elle fait habituellement défaut. Ces circonstances

: le lymphatisme, une peau fine et naturellement irritable, les siens, les tiraillements, l'abondance des sécrétions cutanées sur

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les points envahis, certaines professions comme celles des ouvriers qi travaillent au milieu de poussières, la constitution dartreuse ou arthi tique, le tempérament bilieux, la faiblesse, l'&ge avancé et Tirritabili nerveuse des malades, la malpropreté, une mauvaise hygiène, etc.^• La douleur est encore plus rare que la démangeaison dans les ém tions précoces ; mais il faut noter pourtant que les plaques muquf>u$ des commissures labiales, de l'entrée des narines, de l'anus, d orteils, causent, lorsqu'elles s'ulcèrent ou deviennent fissuraire<. très violentes cuissons. — Dans les formes ulcéreuses, surtout di celles qui sont précoces, confluentes et malignes, les ulcérations 5( pigineuses qui labourent la surface cutanée sont parfois très douk reuses. La lenteur de l'évolution est en général une garantie d id lence. — Quant à la fièvre, vous ne l'observerez que dans da circonstances, au début de l'intoxication comme prodrome ou 10a quence des premières poussées exanthématiques généralisées, et pi tard à la suite de graves syphilodermies qui ont jeté les malades di un état de cachexie profonde. C'est alors une fièvre hectique. 1 fièvre de suppuration qui manque dans les formes discrètes et lent mais qui se manifeste presque toujours tôt ou tard dans les s\\nM malignes, précoces, confluentes et serpigineuses.

Processus. — Pour compléter le tableau que je viens de vous tn "< grands traits, il me reste à vous parler du processus des syphib^ C'est un chapitre important de leur histoire, et peutrétre duit-.o mettre, comme valeur séméiotique générale, sur la naème ligB^ celui des caractères spécifiques. Vous me verrez, du restt^. il le cours de ces leçons donner toujours une grande place aux qn tions qui se rattachent à la marche, à la durée et à la terminai^ ^ni affections syphilitiques. Dans l'évolution, en effet, se concentrent tc-oi traits de physionomie, toutes les variétés d'expression symptomatH qu'amène fatalement dans une même maladie la succession des traj

La chronicité et l'aphlegmasie constituent, vous le savez, ud** ' circonstances phénoménales les plus constantes des syphilides. Eb bi

1. Les complications prurigineuses si rares, surtout à un degré intense, dan^ matoses syphilitiques, doivent toujours éveiller l'attention et faire songer j > 1 tence d'une autre éruption. — D'après le professeur Gamberini, la démjr. ^ d'origine purement syphilitique, présenterait ce caractère remarquable de r--'^ mercure, à l'iodure de potassium et aux arsenicaux administrés séparément, ' combattue au contraire avec succès par la liqueur de Denowan, où ces troi5 <- ^ ^ont réunis.

CHBONIOITÉ, APflLEGHASIE, MODE SUCCESSIF DES ÉRUPTIONS. 503

on les retrouve invariablement dans la façon dont les éléments éruptifs en particulier et les poussées générales dans leur ensemble évoluent depuis leur naissance jusqu'à leur disparition. La lenteur du développement tient à plusieurs causes. Une première cause c'est la nature de la diathèse elle-même qui s'emparant peu à peu de l'économie ne procède point par violence et par brusques assauts, comme les intoxications morbides des fièvres exantbématiques virulentes, par exemple. Aussi les événements ne se précipitent-ils point; la lutte est sourde comme l'invasion et il ne se fait aucune dépense instantanée de synergie réactionnelle vigoureuse contre les effets de l'empoisonnement. Deux autres causes contribuent à imprimer une marche lente aux déterminations syphilitiques cutanées et muqueuses. Ce sont, d'une part, le processus propre à chaque élément générateur, et, d'autre part, le mode successif qui préside à la formation d'une syphilide quelconque. Prenez la lésion élémentaire, tache érythémateuse, papule, tubercule, gomme, pustule: elle met toujours un temps considérable pour parcourir chacune de ses phases. Quand elle finit à la longue par acquérir sa plénitude d'efflorescence, elle y persiste, ne se flétrit pas, ne se précipite point dans la régression, et lorsque celle-ci commence, on en peut suivre les étapes pendant des semaines et même des mois. Remarquez en outre que la lésion élémentaire, dans les syphilides, est fixe et ne présente ni la facilité de déplacement, ni la tendance à la délitescence qu'on observe dans beaucoup d'autres dermatoses. — Le mode successif de l'éruption est une cause de longue durée bien particulière aux syphilodermies. Yoicice qu'il faut entendre par là : dans beaucoup d'affections cutanées, le mouvement éruptif fait éclore partout et simultanément les érythèmes, les papules, les vésicules, etc. Dans la syphilis, les lésions similaires ou différentes qui constituent une même poussée, n'entrent en scène que les unes après les autres. Vous trouverez donc souvent à côté d'une papule affaissée, pâle, flétrie et en pleine décadence, une jeune papule qui pointe à peine, une autre qui grandit encore, une autre qui reste stationnaire. — Ou bien vous verrez des taches érythémateuses de roséole, près d'atteindre leur période de déclin, se couvrir d'un semis de papules miliaires et reprendre une nouvelle vie, etc., etc. La même poussée de syphilides ne se compose donc pas comme étapes de celles qui appartiennent à chacun de ses éléments. Elle est constituée par une série de petites poussées subordonnées à la poussée générale qui la rajeunissent sans cesse et prolongent singulièrement son existence. Aussi est-il difficile de distinguer nettement des périodes dans une même attaque de syphilide. Sans doute, comme toutes les

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