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CARACTÈRE VIRULENT ET CONSTITUTIONNEL

nouveaux horizons. C'est que, en effet, elle ne consiste pas comme la blennorrhagie et le chambre mou *en un état morbide circonscrit, dans lequel la localisation des effets du virus est le fait unique ou prédominant. Les choses changent de face, et c'est, au contraire, l'affectioD locale qui devient insignifiante ^ si on la compare au vaste compleius des nombreuses manifestations morbides dont elle est le point de départ.

Dans la grande maladie dont je vais tenter de vous donner une idée générale, l'économie entière entre en jeu. Elle est atteinte dans sos forces vives, dans les foyers les plus profonds de sa nutrition élémentaire. Et comment n'en serait-il pas ainsi, puisque le sang lui-même, pendant des années, est souillé par le principe virulent et contagieux?

Il arrive donc un moment où toutes les molécules de l'organisme sont imbibées de la matière morbigène. Or cette matière qui s'élabore un peu partout, mais principalement dans le système lymphatique, du moins pendant les premières phases de la maladie, ne se prèle pas aui éliminations faciles et rapides qu'on remarque dans les intoxications transitoires. L'imprégnation est longue, tenace et rebelle. Elle résiste aux échanges matériels qui s'opèrent incessamment dans le sein des tissus; elle résiste à la force éliminatrice spontanée qui se met en activité, dès qu'un agent agressif et nuisible s'est insinué au milieu d'eui; enfin, elle ne se laisse expulser ou neutraliser que difficilement par les agents spécifiques, et encore n'est-ce jamais du premier coup ni sans une série de retours offensifs, toujours à redouter malgré les signes les plus rassurants de leur déroute définitive.

Si long que soit le séjour du virus dans le milieu sanguin, il arrive un moment où on ne l'y retrouve plus. Ce liquide a perdu ses propriétés contagieuses; et, dès lors, les lésions émanées de l'action syphilitique ont cessé, elles aussi, d'être dangereuses et ne sont plus inoculables.

En conclurez-vous que la maladie générale a dit son dernier mot ?

Croyez-vous qu'elle ait atteint le terme de son évolution, panv qu'elle est arrivée à cette étape de sa route où les milieux organiqu»»* semblent s'être purifiés, et où l'on ne constate plus en eux la présenre de ce virus qui avait été jusqu'alors le principe et le germe de toutes les manifestations morbides ?

Malheureusement, messieurs, il n'en est point ainsi. Sans doute, chez un grand nombre de malades le processus ne va pas au delà. Mais

rùrnbien d*autres, au contraire, pour lesquels cette fin trompeuse liVst qu'uD commencement !

(/est que la syphilis subit à cette phase de son processus une sorte de (ransformation. Elle se concentre sur elle-même pour acquérir une plus grande puissance destructive. De diffuse et superficielle qu'elle avait été jusqu'alors, elle devient circonscrite et profonde. Les cellules embryonnaires qu'elle jette à profusion dans les tissus sous forme de suffusions diffuses ou de nodosités tuberculo-gommeuses, étouffent les tissus, les font disparaître, les sclérosent, les ulcèrent, les anéantissent. Membranes tégumentaires, tissu cellulaire sous-cutané ou interstitiel, périoste, os, muscles, nerfs, viscères, rien n'est respecté. La maladie s attaque à tout. Vous la verrez se réveiller après des années de silence, omme aussi frapper coup sur coup, sans trêve ni merci. Prévus ou inatteodus, ses assauts, même les moins graves, sont toujours à craindre, ^t ils laissent après eux une empreinte qui ne disparait pas ou des désordres qu'on ne peut réparer. La prise de possession est plus forte, :lus invincible, et si la maladie embrasse moins à la fois, elle étreint plus énergiquement. On dirait que ses racines ont plongé plus avant dans Torganisme, bien au delà du sang, dans les parties les plus iniimes de l'être, aux derniers confins organiques, jusqu'à la substance primordiale de la vie.

La syphilis est devenue constitutionnelle. Elle a fini par une diathèse dprès avoir commencé par une intoxication.

Ainsi, virulence, non pas seulement locale mais diffuse et imprégnant l'Ut l'organisme dès le début et pendant une période de trois ou quatre années ; puis constitutionnalité profonde, indéfinie, probablement :>destructible : tels sont les caractères fondamentaux de la syphilis, >ui qui lui donnent la double consécration d'une maladie générale lar excellence .

A ces deux caractères, ajoutez-en un troisième, qui est comme le "Toilaire des deux précédents : la syphilis est susceptible de se transi.i'-ltre par hérédité. Elle est donc contagieuse, virulente, constituai QDelle et héréditaire.

Comment parvient-elle à s'emparer ainsi de l'organisme et à faire ['«-if^r sur tous ses actes cette autocratie pathologique dont il est si difî' iW et trop souvent impossible de secouer le joug?

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