leçon, p. 488 et suiv
PRIfiCIPAUX CABACTi:&£S D£ LA SYPHILOBB CUTANÉS. 711
thies profondes, tenaces, qui sont dans Timminence de récidives incessantes et qui présentent au plus haut degré l'expression d'un état constitutionnel à échéances morbides illimitées. Il y a un mot dont je me sers très fréquemment quoiqu'il ne se trouve pas dans les dictionnaires ; c'est le mot Syphilose. Je l'emploie pour désigner l'ensemble des affections particulières qui sont produites par la syphilis passée à l'état constitutionnel, à l'état tertiaire. Eh bien, les dermatopathies que je vais vous décrire constituent dans leur ensemble la syphilose cutanée.
C'est vous dire qu'elles sont presque toujours tardives et ne commencent guère que trois ou quatre ans après l'accident primitif; — qu'elles présentent un processus très lent et essentiellement chronique ; — qu'elles ont une signification toujours sérieuse et une portée pathologique profonde et lointaine; — qu'elles entament et détruisent la peau et les muqueuses et laissent après elles des cicatrices indélébiles; — qu'elles ne sont probablement pas contagieuses.
A ces caractères ajoutez les suivants: l"* elles sont circonscrites : au lieu de' se répandre, de se disséminer sur une grande étendue ou sur la totalité de l'enveloppe tégumentaire , elles n'en attaquent qu'une partie relativement restreinte. — 2° Elles sont habituellement homogènes^ c'est-à-dire que chacune de leurs poussées est formée par le même élément générateur. Les types se mêlent moins fréquemment que dans les syphijides érythémato-papuleuses dont le polymorphisme est un des principaux attributs*. — Ces deux caractères ne sont pas absolus. On ne les retrouve pas dans les syphiUdes malignes précoces qui participent beaucoup des syphilides du premier groupe.
Enfin, ce qui complète leur physionomie, c'est que la configuration
I. Il ne faut pas attacher une grande importance à ce caractère. Sans doute le polymorphisme est loin d'être aussi fréquent dans le groupe ulcéro-gommeux que dans le groupe érythémato-papuleux ; mais on trouve encore dans un grand nombre de cas, des mélangea, sur le même individu, d'ecthymas, d^impétigos, de tubercules, de gommes. — Il y a des auteurs qui insistent beaucoup sur Vabsence de symétrie dans les lésions tertiaires de la peau, c'est-à-dire sur leur inégale répartition de chaque côté de la ligne médiane. Ces lésions sont, il est vrai, moins symétriques que les éruptions généralisées, érytbémateuses ou papuleuses de la phase virulente. On n'en trouve quelquefois que d'un seul c6té. Mais il arrive souvent néanmoins que des éruptions tuberculeuses, que des ecthymas, que des gommes sont tout aussi symétriques qu'une éruption roséolique ou que des plaques muqueuses. Donc, ce caractère d'asymétrie n'a rien d'absolu, pas plus que le précédent, etc. — La simultanéité ou la succession des éléments générateurs propre à la syphilose cutanée, jette souvent de l'obscurité sur le diagnostic anatomique de telle ou telle syphilodermie. — Comme on pourra le voir en parcourant l'appendice de la leçon 1>^ il y a nombre de faits dans lesquels se trouvent réunies, à une certaine période de 1 affection cutanée, des lésions ecthymateuses, des lésions tuberculo-ulcérouses. sans «-ompter les néoplasies de l'hypoderme.
712 SYPHILOSB CUTANéB A TYPE FUSTULO -ULCÉREUX.
circulaire, si commune dans toutes les manifestations syphiliiiqu^ et tégumentaires, de tout âge et de tout type, ne leur fait jamais déf»^ et se traduit par la forme arrondie de chaque élément générateur par la juxtaposition en lignes courbes des groupes éruptifs.
SYPHILOSES CUTANÉES A TYPE PUSTULO-ULCÉREUX-
Trois variétés : Vimpétigo, Veethyma, le rupia.
Sjfphilides impétigineiues : impétigo bénin. Il survient souvent dans la phase secondaire. — Ir - .
serpigineux ou impétigo rodens : son affinité pour la face et le cuir cheTela. Stphilidks icthymatbuses. — Importance et fréquence de l'ecthjrma. Ecthyma bénin ou superficiel. C'est une syphilodermie de transition. Ecthyma profond. Il constitue une des formes les plus fréquentes et les pins sêri^»*» ^
sypbilose cutanée. — Pustule initiale, éphémère. — Uteération : son étandnc, sa profo«Siv.
s'établit d'emblée sans néoplasie préalable. — Croûte : elle est sèche, conique, stratri'
noir yerdâtre. — Cicatrice: déprimée, circulaire, unie et d'un blanc nacré. Bupia. Ce n'est qu'une variété de l'ecthyma avec exagération de tous ses caractères. — \zt k
de forme, de chronologie, de symptômes, de processus entre l'impétigo, Tecthyma et }^ r j.
L'ecthyma, qui tient le milieu entre l'impétigo ot le rupia, représente le type des sjpk:.i^4
ulcéreuses d'emblée.
Anntomie pathologique : Dissociation, fragmentation et destruction de la charpente dn ^i; r
l'inondation rapide des éléments embryonnaires. — .Mtération et oblitération des ts^^v»!-! Pemphigus. 11 ne se montre que chez les nouveau-nés et appartient wax éruptions pit>^-i
plutôt qu'aux éruptions ulcéreuses.
Les éruptions qui appartiennent au type pttstulo-ulcéreux ou hî-* crustacé sont avant tout ulcéreuses d'emblée. La pustule du dêtiut croûte qui lui succède et qui recouvre toujours rulcération d« f que des circonstances accessoires. Je vous renvoie pour le prci^^^ intime de la lésion à ce que je vous en ai dit précédemment*, u syphilose cutanée présente des degrés plutôt que des formes différ^'ai On est dans Thabitude de décrire séparément sous les noms d n tigo^ à'ecthyma et de rupia ses trois variétés, quoiqu^Ues n'(4 souvent que des lignes de démarcation presque imperceptibles. >' J chez donc pas à ces mots Tidée d'une individualité toujours t accentuée. Là, comme dans toutes les affections cutanées sy^Ki ques, il y a de nombreuses nuances; elles effacent insensihl-c! les distances qui séparent les types. Pour les suivre et les eipna dans leurs modes changeants et de transition, il ne faut pas se :'i à un point dogmatique comme sont forcément amenés à le fair^ «^ qui abusent des divisions et des subdivisions. Ici il n'y a rien d*al>! tout se lie, se succède, se fond en dermatologie, comme dans les si\ù