Voyez Tappendice de la 19' leçon, obs
DBS 8YPHIL0DEHMIES TUBERCULEUSBB ATBOPHIQUES. 741
complaît en tout, sur la surfatee du corps, que cinq ou six éléments êruptifs. Je viens même d'observer un cas où il n*y a eu qu'un seul tubercule qui a envahi peu à peu, sans provoquer aucune sensation anormale, la commissure supérieure du méat urinaire. 11 y avait doux ans et demi que le malade, jeune et très bien portant, avaitcontracté un chancre infectant des plus bénins, suivi de déterminations très superficielles et éphémères du côté de la peau et des muqueuses. Je l'avais toujours soigné dés le début de sa syphilis ; il y avait près d'un an qu'il n'avait eu aucune manifestation spécifique, lorsque ce tubercule s'est montré. Il ressemblait trait pour trait à un chancre induré, sauf que Tadénopathie faisait défaut. Sa durée a été de deux mois malgré le traitement mixte. Il est resté presque toujours sec, s'est amoindri peu à peu, laissant à sa place une perte de substance atrophique qui a émoussé, dans l'étendue d'un gros pois, la partie antéro-supéricure du gland. Rien, absolument rien ailleurs, et, depuis la guérison, pas d'autre accident de même nature.
Lorsque les éléments êruptifs se concentrent sur quelques points, et deviennent confluents, ils sont peu volumineux. C'est alors qu'ils s'entourent d'une infiltration néoplasique diffuse qui leur sert de substratum et au sein de laquelle ils paraissent plongés. La lèvre du malade que je vous ai montré tout à l'heure est un bel exemple; mais il est bien faible pourtant en comparaison de ce que peut produire cette néoplasie lorsqu'elle acquiert tout son développement qui est presque illimité en surface et en épaisseur. Supposez que toutes les parties de la face soient hypertrophiées, chez notre malade, comme la lèvre inférieure : vous aurez une figure monstrueuse et déformée par Veléphaîitiasis tuberculeux. Vous aurez une des variétés du Léoutiasis. Vous connaissez déjà celui qui est produit par les papules. Bans les cas les plus graves, mais aussi les plus exceptionnels, la confluence de la syphilo- néoplasie éléphantiasique peut se généraliser et envahir tout le corps*.
1. Voici un cas remarquable de syphilide tuberculeuse, atrophique ot confluente, rapporté par Cazenave. Elle durait depuis sept ans et avait fini par envahir la presque tota* !uh du corps. On aurait pu croire à un éléphantiasis des Grecs. « La figure notamment • i ut tellement tuméflée qu*elle était méconnaissable et avait l'aspect de la face d'un lion. Le< joues étaient fortement saillantes ; le nez était profondément carhé dans un sillon fie lui laissaient entre elles les Joues ; les lèvres étaient épaisses et allongées: les pau- ['.^T^i tuméûées comme dans certains érysipèles ne permettaient qu'à peine aux yeux ')♦' sVnir'ouvrir; les sourcils étaient fortement hypertrophiés ; le front était couvert 'IVnormes plaques tuberculeuses; les oreilles déformées présentaient trois fois leur vuiume, etc. Toute la surface du corps était semblablemcnt hypertrophiée. Néanmoins, ;;uérisoQ complète en huit mois par le traitement spécifique. i>
742 MODES DE GROUPElCBllTy PBOCBSSUB,
Dans la syphilide tuberculeuse atrophique en groupes, il n'y a pis toujours confluence sans ordre, au milieu d'une gangue néoplasique diffuse. Les éléments éruptifs très rapprochés, tangents ou subinlrants. se juxtaposent systématiquemnt suivant le mode circulaire et forment : i^ des cercles complets ou incomplets, isolés, tangents, subiotrants ; ces derniers dessinent des 8 de chiffre ou des lignes polycv cUques, etc., etc. Ce sont les mêmes dessins, à génératrice courbe, les mêmes arabesques que dans les syphilodermies érythémato-papuleuses, mais avec moins de variétés et de fantaisie ; — 2* des groupes stellaires avec un ou plusieurs tubercules au centre, et un ou plusieurs cercles concentriques de tubercules plus jeunes et plus petits qui gravitent tout autour. Cette disposition stellaire ou corymbiforme s'efface ou devient moins apparente quand les éléments éruptifs sont entass«^s les uns sur les autres, et, à plus forte raison, quand plusieurs groupes corymbiformes sont réunis On a alors la disposition en grappes dt raisin (syphilis pustuleuse racémiforme d'Alibert). Je me borne a vous indiquer ces curieuses configurations parce qu'elles sont les mêmes que pour les éruptions secondaires et se produisent suivant des modes identiques. Je vous les ai autrefois assez longuement décrites pour n'avoir plus à y revenir.
Processus. — Après une période quelquefois très longue de tensioa et de plénitude, le tubercule se flétrit et s'affaisse. £n le pressant oc sent qu'une certaine mollesse a succédé à sa fermeté.La peau pâlit et y desquame un peu à sa surface; puis elle se déprime, s'amincit et devient à la longue un peu blanchâtre. Elle s'atrophie et se convertit en tissu juin dulaire à mesure que le tubercule disparaît. Cette évolution complet dure plusieurs mois au minimum. — Mais ce qui prolonge surtout !i duréed'une syphilodermie tuberculeuse atrophique, c'est la récidive su: place des éléments éruptifs ou l'invasion par eux d'autres points de id peau qui étaient restés intacts. M. Bassereau a vu une lésion de ce genr» qui durait depuis plus de dix ans. t Nous avons observé deux cas, dis^ ot MM. Bumstead et Taylor, dans lesquels plus de six cents tuberculcrs ?' formèrent pendant une période d'au moins dix années, laissant dt* cicatrices permanentes sur la face et sur le corps, particulièremeot dans le dos et aux extrémités. Quoique les ailes du nez et les lobes dt? oreilles eussent été détruits, il n'y avait jamais eu la moindre tra'r d'ulcération. L'atrophie qui est la conséquence de ces éruptions résuht probablement de quelque changement occulte produit dans les cellulrs normales par la présence des cellules d'infiltration. Il est certain (]ue l'infiltration et la charpente organique qui la supporte régressent et sclI