‹ Lecons sur les maladies vénériennesChapitre 319 sur 441 · DIAGNOSTIC ET PRONOSTIC DES TUBERCULES ATROPHIQUES · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC ET PRONOSTIC DES TUBERCULES ATROPHIQUES

absorbées en même temps. » — Dans les récidives qui sont très fréquentes, les tubercules se groupent sur quelques régions, tandis que lors de la première éruption, surtout si elle se fait à une époque peu éloignée de l'accident primitif, par exemple vers la fin de la deuxième année, les éléments éruptifs sont dispersés çà et là, un peu partout et d*une façon symétrique sur chaque moitié du corps. La face, le dos et les avant-bras sont le siège le plus fréquent des récidives. Quelquefois la face et plus rarement le cuir chevelu sont incessament attaqués par les retours offensifs de la syphilodermie, jusqu'à ce que leur peau ait été presque entièrement convertie en tissu cicatriciel. — - Dans les groupes de tubercules agglomérés, comme dans les plaques cutanées de papules agminées, la fragmentation est un bon signe de résolution. Les éléments éruptifs fusionnés deviennent distincts. Ce sont les plus anciens qui se résolvent les premiers, et, comme ils siègent au centre do groupe, c'est d'abord au centre que disparaît l'éruption qui est alors convertie en un anneau circulaire, lequel se fragmente à son tour, etc. Abandonnés à eux-mêmes, les tubercules atropbiques restent comme immobiles et stationnaires pendant des mois; puis ils se flétrissent peu à peu en laissant à leur place une dépression et une macule pigmentaire parsemée de points ou recouverte d'un petit réseau blanc cicatriciel. Quand on soumet le malade à un traitement rigoureux, dès les premières phases, le processus s'arrête et rétrograde en général. Il y a pourtant des cas réfractaires et on voit parfois sur la face prin- «ipalement, des tubercules poursuivre imperturbablement leur marche p'^ndant trois ou quatre mois, jusqu'à ce qu'ils aient accompli leur (puvre de transformation cicatricielle. Cette œuvre peut-elle être prévenue et empêchée? Il est difficile de répondre à cette question parce qu'on peut toujours objecter que les tubercules qui se résolvent sans laisser de trace n'étaient pas des tubercules, mais des papules.

Diagnostic et pronostic. — C'est qu'en effet ces deux éléments sont bien difficiles à distinguer l'un de l'autre quand ils surviennent à la même date. — Vers la fin de la deuxième année, comment affirmer qu^un groupe d'éruption, rouge, mamelonné, dur, plus ou moins saillant, avec ou sans configuration circulaire, est une plaque tuberculeuse ou papuleuse? — Dans les syphilodermies papuleuses circonscrites 4e cette période, la papule n'est presque jamais ou reste rarement à l'état de pureté : elle s'érode ou surtout se couvre de squames psoriasiformes, tandis que le tubercule conserve, jusqu'à sa résorption, ses caractères de petite tumeur intracutanée, lisse, rouge, arrondie, uniforme et ferme. Quelquefois, il est vrai, des squames se forment à sa

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surface et même dès croûtes, quand sa superficie s'érode. En pareil cas le diagnostic est fort difficile. Nous y reviendrons au sujet de U syphilide tuberculo-ulcéreuse. — Quant au pronostic, il résulte des codsidérations que je vous ai exposées. Il faut tenir compte de la date de l'éruption, du nombre et du siège de ses éléments, de leur tendance et leur aptitude à subir l'action curative des spécifiques, de leur farilit«f à récidiver. Des prévisions fondées et complètes ne peuvent pas >e porter en un jour. Je vous parlais tout à l'heure de ce jeune homme, d'une santé magnifique, frais, rose et gras, qui, deux ans et demi après une syphilis insignifiante dans ses débuts, a eu sur le méatuiinaire un tubercule atropbique qui y a creusé une dépression cicatricielle semblable à celle d'un cautère. Depuis quatre mois il n'est rien survenu de nouveau. Croyez-vous qu'en pareil cas il soit facile de préjuger l'avenir? Ce tubercule unique qui a évolué malgré le traitemt^&t doit-il faire craindre les éventualités plus graves de sypbilodennie tuberculo-ulcéreuse, de gommes sous-cutanées, de viscéropathie tertiaire? La syphilis constitutionnelle se réduira-t-elle chez lui à ce minimum d'un tubercule atropbique, sera-t-elle bénigne et fugace comme l'ont été le chancre et les manifestations secondaires? Une réponse catégorique est fort embarrassante. Il faut craindre plutôt qu'espérer et traiter en conséquence.

STPHILODERMFES TUBERCULO-ULCÉREUSES.

Chronologie. — Comme cette syphilide est essentiellement coD^tl• tutionnelle, à un plus haut degré encore que la précédente, elle se manifeste plus tard, en moyenne 4 ou 5 ans après le début de la maladie et parfois après 20, 30, 40 ans d*infection silencieuse ou active. Ooaod elle survient dans la deuxième et surtout dans la première année, et qui est rare, il y a de grandes probabilités pour qu'elle se géDérahvsur les deux moitiés du corps conmie un exanthème, qu'elle soit coufluente et d'un processus particulièrement malin et destructeur.

Étiolooie. — Toutes les causes dépressives, physiques ou morale?, la faiblesse originelle ou acquise de la constitution» les excès, les veiller. l'alcoolisme, etc., peuvent provoquer cette éruption, ou du moins pla -r l'organisme dans des conditions telles que ses forces saines de^ienarc' incapables de maîtriser les forces morbides latentes et d'empéiH'^' l'éclosion de germes jusqu'alors neutralisés.

Il en est de même, vous le savez, pour toutes les manifestations n n pas seulement de la syphilis, mais aussi des autres maladies constitution-

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