‹ Lecons sur les maladies vénériennesChapitre 350 sur 441 · J'ai vu un fait analogue dont voici l*histoire résumée · texte numérisé non relu

J'ai vu un fait analogue dont voici l*histoire résumée

A la cinquième année d'une syphilis bénigne dans ses débuts et non traitée: tjot*- -' Vune dans la fér/ion épitrochléenne du bras gauche^ f autre n la partie antérieur^ ••' cuisse du même côté. — Troubles net^veux et circulatoires produits par la gomtne tl» trochlée. — Guérison rapide^ sans phase de ramollissement et d\ilc€ration,

M. X., âgé de trente-deux ans, cordonnier, entré dans mon service, salie «, n* !• 9 février 1872, se portait habituellement bien et n'avait jamais eu aucune maladi-- j^raie ou locale, lorsqu'il contracta un chancre infectant au commencemenl de \*^ ^' • de temps après, mal de gorge et pla(|ues muqueuses, mais rien sur la peau. - Ai. traitement spécifique interne.

En octobre 1871 (1* année presque révolue de la syphilis), une ulcération de U ht.-' • d'une pièce de cinq francs en argent survint sur Tépaule gauche. Quinie jours <*u :<' semaines après, apparut une tumeur gommeuse au-dessus du ganglion épitrDchlr-r bras gauche. Presque en même temps une autre gomme poussa sur la partie auu-rt • de la cuisse à 12 cent, au-dessus de la rotule.

La première qui avait la grosseur d'un œuf de pigeon était parfaitement diMinî- • ganglion épitrochléen qu'on sentait au-dessous d'elle. Mobile au début, elle s^a*'. * par adhérer à l'aponévrose mais pas à la peau. Quelques jours après son apparition, devint le foyer de phénomènes résultant de la compression qu'elle exerçait ?ur le^ ■• ' -

PfiODUITb PAK LKS TUM£UUS GOHMËUS£S DE LHYPODËUME. 813

douleurs névralgiques dans tout le membre et dans Tépaule. Ajoutons aux phénomènes produits par la compression des vaisseaux et des nerfs, ceux qui résultent de la compression d*organes creux, de la trachée par exemple, du pharynx, de l'œsophage, des fosses nasales, des canaux excréteurs, etc. Dans un cas que je relaterai plus loin, une tumeur gommeuse de la joue, comprima le canal de Sténon, puis y fit naitre une fistule salivaire.

La symptomatologie des tumeurs gommeuses est donc en grande partie subordonnée à leur distribution, surtout en ce qui concerne leurs phénomènes extrinsèques ou de voisinage. Tout le vaste territoire de I hypoderme est apte k produire des gommes. Aucune région ne parait posséder contre elles une immunité complète, sauf, peut-être la paume des mains et la plante des pieds où leur rareté est excessive. Aucune non plus n'est douée à leur égard d'une fécondité exclusive et exceptiounelle. Il existe cependant entre les divers districts du tissu cellulaire sous-eutané quelques différences, et si on les classe en prenant pour base leur aptitude à se laisser envahir par la néoplasie gommeuse, on trouve, en première ligne les jambes, en deuxième la face et le crâne réunis, en troisième les cuisses et les fesses, en quatrième les bras, puis le thorax, etc.

La topographie des gommes ne se borne pas à leur imposer des symptômes qui résultent de leurs rapports avec les parties adjacentes ; elle imprime aussi des modifications à leur manière d'être, et fait varier leur physionomie habituelle d une façon plus ou moins accentuée. Sur

t-t sur les vaisseaux et qui consistaient : I" en douleurs irradiantes le long du cubital se pnjloiigeant jusqu'à lannulaire et au petit doigt correspondant, continues mais avec l'xacerbations et sensation de fourmillement et d'engourdissement semblable à celle que {•r<Kluit un coup brusque sur le nerf; 2*^ en troubles de la circulation sanguine veineuse, caractérisés par un gonflement œdémateux, notable avec teinte livide des deux derniers •ioigts. La douleur et la gêne circulatoire s'atténuèrent et disparurent, lorsque sous I influence d'un traitement ioduré, la tumeur diminua de volume, cessa d adhérer à I a^Hjinévrose et reprit sa mobilité première.

La tumeur de la cuisse était beaucoup plus volumineuse. Elle avait les dimensions d'un grus œuf de poule. Indolente et aphlegmasique elle n'adhérait pas à la peau et présentait cependant peu de mobilité. On aurait pu croire, au premier abord, qu'elle occupait la face antérieure du triceps, au-dessous de l'aponévrose; mais la contraction du muscle ne la modifiait en rien. D'abord mobile, elle finit par adhérer à l'aponévrose. \m\s par s'en détacher en diminuant de volume.

Au bout de deux ou trois semaines d'un traitement énergique à l'iodure de potassium et au biiodure ioduré. ces tumeurs diminuèrent de deux tiers. Elles s'étaient entièrement H'sijrbécs au bout de deux mois. Le malade avait été éprouvé par un mai de gorge violent cl luag quelque temps avant le début des gommes. — Cette affection n'avait laissé aucune perte de substance ni aucun vestige de spécificité. — A part l'amaigrissement causé par ce mal de gorge, santé parfaite.

814 GOMMES DES JAMBES ET DE LÀ RÉGION IirGUINALS.

les extrémités inférieures, principalement sur les jambes, les gommer m'ont toujours semblé moins indolentes que sur les autres parties du corps. Elles sont inflammatoires et évoluent avec une rapidité beaucoufr plus grande que partout ailleurs. J'ai observé des cas dans lesquek la période de crudité ne durait que quelques jours. Les nodosités.^ fondaient à vue d'o&il et aboutissaient en moins d'un septénaire i iey ulcérations qu'on aurait pu prendre- pour de l'ecthyma si on namt pas assisté à leur phase de formation. Les gommes des jambes s'entourent souvent d'une néoplasie diffuse qui prend parfois les aBons d'un phlegmon, mais ne suppure pas. D'autres fois, au contraire, KUt néoplasie est une sorte d'œdème dur, sec, hypertropbique qui s'éuk au loin, augmente le volume des jambes, les déforme et leur doDn" l'aspect éléphantiasique. Une autre particularité des gommes de a jambe, c'est leur peu de mobilité, leur forme souvent aplatie, Ircr tendance à envahir le périoste du tibia et leurs coïncidences fréqu^Di'^ avec les hypérostoses de cet os.

Dans les aines, les tumeurs gommeuses présentent un grand mt^r>t clinique, parce qu'elles peuvent simuler d'autres affections qui nt'flt rien de commun avec elles. Quand on n'assiste pas au début du processus et qu'on ne les observe qu'à leur phase d'ulcération, il s^ri * très facile de les confondre avec des bubons chancrelleux. Comme eui elles sont déchiquetées irrégulièrement, anfractueuses et envah:santes ; elles creusent le tissu cellulaire sous la peau, rongent en sorface et en profondeur et prennent avec une grande facilité les allcr^* d'un phagédénisme dangereux. Tenez-vous donc sur vos gardes [i»»'!? ne pas commettre une erreur de diagnostic qui aurait des conséqueD> «^^ fâcheuses pour le traitement, car si, croysTnt à un bubon cbancrelleui. vous néghgiez la médication interne, vous verriez l'affection se perp^ tuer indéfiniment, en dépit de la médication topique. C'est ce qui m'"-' arrivé dans un cas que j'ai relaté tout au long. Ma méprise ne fut p de longue durée, et l'iodure administré à haute dose produisit danf « vaste ulcération de l'aine des effets curatifs si décisifs et si rapid*^^. que cette seule circonstance aurait suffi pour affirmer la nature s>]i. litique de la lésion. Instruit par l'expérience, j'ai étudié cette que«* • sous toutes ses faces et j'ai consigné le résultatde mes recherches d£> un mémoire où je démontre que les prétendus bubons chancnUrJ (V emblée^ ne sont souvent que des gommes ulcérées et pbagédéniq^ * de l'aine'.

1. Étude clinique et critique sur quelques ulcératioru spécifiques de Vaine etf*,' culier sur le bubon d'emblée. Adrien Delahaye.

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