CONCLUSIONS
OÙ la syphilis faisait pousser avec une pareille prodigalité et sous les' formes les plus variées, toutes ces tumeurs et toutes ces suSusions néoplasiques dans le tissu cellulaire sous-cutané? Par contre, n'arrivet-il pas presque toujours que les syphiloses viscérales dont la lésion génératrice est essentiellement la gomme, ou mieux encore, l'infiltration, la suffusion gommeuses, ne sont accompagnées d'aucunes productions morbides de cette nature, soit dans la peau, soit dans le tissu cellulaire sous-cutané?
Après avoir décrit dans leur ensemble les manifestations syphilitiques précoces du tissu cellulaire sous-cutané, je vais résumer, sous forme de conclusions, les principaux faits de leur histoire :
i^ Dans le tissu conjonctif hypodermique, de même que dans beaucoup d'autres tissus et organes de l'économie, il peut se produire des lésions, presque immédiatement après l'accident primitif et pendant l'époque la plus active de la période virulente. La pathologie syphilitique de ce tissu commence donc beaucoup plus tôt qu'on ne l'a supposé jusqu'ici, et elle n'est pas exclusivement limitée aux phases les plus avancées de la maladie constitutionnelle.
2* Au début de la syphilis, comme durant la période tertiaire, les productions morbides qui se développent dans le tissu conjonctif sousrutané sont constituées par des néoplasies affectant la configuration de tumeurs ou de suffusions.
S"" En se fondant sur leur processus le plus habituel, on peut diviser les productions gommeuses précoces sous-cutanées en trois séries :
La première série est constituée par une forme de lésion néopla- <ique qui n'a pas été décrite jusqu'à présent et que je désigne sous le nom Xéry thème noueux syphilitique. Elle est caractérisée par la généralisation simultanée et sous forme éruptive, de néoplasies variées sur les différentes parties du corps, mais principalement aux membres inférieurs et moins souvent aux supérieurs. Elle est souvent précédée et accompagnée de phénomènes fébriles et de perturbations rhumatonévralgiformes siégeant dans les parties qui vont devenir le siège de ces néoplasies aiguës. — Dans ces néoplasies, qui sont presque aussi dermiques qu'hypodermiques, il y a des plaques de véritable érythème noueux, des tumeurs sous-cutanées, des suffusions étendues, à apparence phlegmoneuse, etc. Mais la résolution est toujours la règle. Quelles que soient sa forme, son étendue, ses connexions étroites avec la peau et la vivacité de ses symptômes, la néoplasie reste tou-
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jours solide et ne subit à aucun degré la pliase néerobiotique qui iduit au ramollissement.
4" Dans une seconde série de cas, les plaques, les nodosh-^, \^tumeurs, les infiltrations, se produisent isolément; aucune ^^>:.i éruptive ne préside à leur apparition. Elles sont insidieuses das^l^.: début et toujours indolentes et aphlegmasiques. — Elles teodent^otanément à la résolution, et leur durée est en général très c ^lv. Quelquefois elles se ramollissent et forment des coUectioDs liGG:^' sous-cutanées. Mais la peau qui les recouvre résiste, et la réàor}. se fait sans suppuration et sans ulcération.
S"* Dans la troisième série de cas, les néoplasies de toutes fun:mais d'ordinaire exclusivement hypodermiques pendant leur [k: de crudité, aboutissent très vite à la suppuration. — Larapidit leur processus est leur trait le plus caractéristique. — Lia peauqai ^ recouvre est toujours envahie, et elles sont l'origine de dermaloy^ ulcéreuses qui offrent souvent une grande ressemblance aveciesfon • primitivement ecthymateuses. — En se fondant sur leur marche, c leur durée et sur la gravité des lésions qu'elles produisent, on p^i^^^distinguer deux variétés. La première, qui est bénigne, s obsent plus communément; elle peut guérir spontanément en un ou deux m .' et même beaucoup plus vite quand on donne de l'iodure de potassiii- — La deuxième, qui est maligne, ne diffère que par sa précocilt : ^ plus mauvaises gommes de la phase tertiaire. Elle est très rare. L'^ produits morbides qui la constituent évoluent avec lenteur, oi^> ' * n'ont aucune tendance à la résolution. Us suppurent, s'alcertc' donnent lieu à des pertes de substances larges et profondes tt * montrent souvent réfractaires à l'iodure de potassium, qui ne peut' les prévenir ni les guérir.
6*" L'époque d'apparition des néoplasies hypodermiques préccxe.''^ en moyenne : A) pour l'érythème noueux syphilitique, le 4*moi?i|'* le début du chancre ; — B) pour les néoplasies circonscrites sou5iî'> nées et dermiques qui aboutissent à la résolution, le 5* mois apr^^ début du chancre ; — C) pour les néoplasies précoces et ccpeui^ ulcéreuses de l'hypoderme, le 9* mois après le début de racciden::'' mitif. L'intervalle le plus court entre ce dernier et l'apparilioD * néoplasies a été deux mois, et le plus long, quinze mois. — Au ' comme coïncidence pathologique de la syphilose précoce hyp""' mique, observe-t-on toutes les lésions superficielles de la peau eU * muqueuses qui surviennent pendant l'époque la plus active de lapen * virulente.