‹ Lecons sur les maladies vénériennesChapitre 401 sur 441 · ULCÉRATIONS ECTHYMÀTEUSES SUB LA VOUTE PALATINE · texte numérisé non relu

ULCÉRATIONS ECTHYMÀTEUSES SUB LA VOUTE PALATINE

complètement. Les autres, sur les jambes, aux bras, à la face, huit ou dix jourf après la défervesceuce, redevinrent ulcéreuses et crustacées. — Il fallut revenir à la médication spécifique. La guérison se fit encore longtemps attendre.

Quand au sarcocèle spécifique double qui avait triplé le volume des testicule?, il mit six ou sept mois à diminuer peu à peu. En janvier 1875, répididjis* englobé dans la tumeur piriforme commençait à s'en séparer.

C'est là un cas de syphilis très grave et même maligne dans sa prtmitrt poussée. Tout s*est concentré sur la peau; les muqueuses ont été complètemeci indemnes; à peine y eut-il au début quelques plaques insignifiantes surristhoie Les deux testicules ont aussi été atteints. Il est à remarquer que la santé gêne raie, quoique fort éprouvée par les deux poussées de rupia, a résisté et qoe la malade a toujours eu un appétit féroce. L'érysipèle,n*a exercé qa*u ne action cuntive incomplète et éphémère, mais il n'a causé aucun préjudice aux forces géD>f* raies et s'est guéri aussi vite que chez un sujet sain. Le traitement institué dè< \r début de cette syphilis a sans doute grandement contribué à en arrêter ii malignité. En mai 1876 (vingt-et-unième mois de la syphilis), douleurs nocturD.très violentes dans les deux jambes, puis périostose et exostose des tibias. U malade rentra pour la troisième fois dans mon service. Il n'avait alors sur i peau que les cicatrices des deux éruptions ulcéreuses antérieures. Les àcii\ testicules étaient revenus à l'état normal; ils étaient séparés de leurs épididymes qui, encore sclérosés, formaient en arrière de petites tumeurs disliocie-. Santé générale toujours très bonne.

6. Ulcérations d'emblée et sous le mode ecthymateux sur la voûte jMÛtUine et le v-tisurvenues à la troisième année d^une syphilis bénigne dans ses débuts» — GNenV*. très rapide par le traitement spécifique.

Les ulcérations syphilitiques profondes des muqueuses procèdent générdkment d'une néoplasie tuberculo-gommeuse. Celles qui s*efl^ctuent directemec:. sans son intermédiaire, et suivant le mode ecthymateux, sont beaucoup nio]::* communes et même très rares. — Cependant en voici un cas.

Le malade, âgé de trente-neuf ans, avait contracté des chancres syphilitique-^ en mai 1869; ils furent suivis de plaques muqueuses et d'éruptions licbénoîjqui durèrent plus d'un an. Traitement, dans le service de M. Hardy, par d'« pilules de Sédillot et des préparations arsenicales. — En 1869, aucune manifestation. ^ En 1870, vers la fin de mars, il eut des cloques sur la voûte pa'atine, et bientôt, au-dessous de ces cloques, des ulcérations déchiquetées, taiii"*.à pic et profondes. Elles siégeaient l'une sur la voûte, l'autre sur Je voile- — Aucune apparence de sufTusion néoplasique à leur périphérie. — rînstitm immédiatement un traitement mixte énergique et je cautérisai deux fobi-* ulcérations avec le crayon de nitrate d'argent* Elles se cicatrisèrent à r^.' d'œil. Au bout de trois semaines elles étaient complètement guéries.

Les ulcérations d'emblée sur les muqueuses sont moins dangereases (\i les ulcérations tuberculeuses, d'une moindre portée destructive, et cèdent p.-rapidement à la médication interne»

7. Syphilodermie rupiacée survenue au cinquième mois de la syphUis,^^ Guerx.- • très rapide avec une médication mixte, mais pnncipalement todurée, ei des |mdi> • ments par occlusion à Vemplâtre de Vigo,

M. X..., vingt-huit ans, entré dans mon service le 5 décembre IS71, di •«

SYPHILIDE ULCÉUO-GOMMEUSE PROVOyUÉB PAR DBS CAUSES MURALES. 947

boDDe santé habituelle avant d'avoir contracté la syphilis, présentait sur diverses parties du corps des macules cicatricielles constituées par une tache centrale noire, déprimée,^entourée de deux zones : l'une, interne, ayant la coloration normale de la peau, l'autre, périphérique, d'une teinte café au lait. Ces macules auraient suffi à elles seules pour établir le diagnostic. Mais le patient était affligé, depuis un mois et demi, d'une éruption de rupia grave siégeant exclusivement sur les bras et les extrémités inférieures. — La jambe gauche était la plus malade : cinq ulcérations à vif dans toute leur étendue, enflammées et très douloureuses, occupaient sa face antérieure et ses côtés et sécrétaient avec abondance un liquide séro-purulent. La jambe gauche n'avait qu'une pustule crustacée.

La santé générale était devenue mauvaise depuis sept mois, époque à laquelle le malade qui n avait jamais constaté chez lui l'existence d'un chancre quelconque, s'aperçut, pour la première fois, qu'il avait des glandes nombreuses au cou, à l'épitrochlée, dans les aines etc.— Bientôt après il lui survint plusieurs poussées de boutons secs et humides, des maux de gorge, etc. II fut soigné par M. Hardy, pendant trois mois, à l'hôpital Saint-Louis. 11 en sortait a peine quand apparut le rupia. Les ulcérations n'avaient aucune tendance à guérir spontanément, mais elles se comblèrent et se cicatrisèrent avec une rapidité étonnante sous l'influence du traitement général et local. On fit des pansements par occlusion avec le sparadrap de Vigo hydargyrisé, et on administra quotidiennement 2 grammes d'iodure et 2 ou 3 cuillerées à bouche de sirop de hiiodure très ioduré. La santé générale s'améliora fort rapidement. Dès la tio de décembre, toutes les ulcérations étaient en bonne voie de bourgeonnement cicatriciel. Quelques-unes même étaient guéries. — Au bout d'un mois environ de traitement, guérison complète de cette grave poussée de rupia.

8. SyphilU bénigne dans les six premières années, — Fers la fin de la sixième y à la suite de perturbations morales de toute sorte et des plus graves, invasion d'une fif/philide tubercuto-ulcéro-^ommeuse discrète. Santé {générale et plastique toujours très donne en apparence. — Guérison eœtraordinairement rapide.

Le malade, d'une mine rosée et fraîche, n*avait jamais eu aucune maladie, lorsqu'il contracta, en 1876, un chancre infectant dont je le soignai. Accidents consécutifs très légers; à peine un peu de roséole et quelques attaques de plaques muqueuses. C'était à douter de l'existence de la syphilis. Je n'ai jamais {>erdu ce malade de vue. Il a suivi un traitement hydrargyrique et ioduré pendant deux ou trois ans au moins. La santé a toujours été parfaite.

Depuis plus de trois ans il n'avait eu aucune manisfestation. Au commence* ment de 1882, à la suite de la déconfiture de la Bourse, il fit des pertes d'argent très graves et eut toutes sortes de désagréments et même de malheurs. Cela se passait en janvier, février et mars. Malgré les fatigues, les chagrins poignants, les insomnies, la santé paraissait inattaquée. Mais en avril t882, ce malade, qui avait alors une trentaine d'années, vint me consulter et je fus fort étonné de voir sur la surface cutanée de profondes ulcérations qui suppuraient abondamment. Il yen avait une quinzaine en tout, tant sur le corps que sur les membres, principalement sur les inférieurs. Au mollet, une de ces ulcérations était étroite et s'élargissait dans son fond; elle provenait évidemment d'une gomme ramollie. Et cependant il n'y avait que vingt jours que la syphilide avait débuté*

y48 UUPIA, PARAPLEGIE, GOMMES ET À'ÊCKOSE DU FllO^T.

Sur certains points le processus ulcéreux paraissait s'être fait d'emblée saDrinlerniédiaire d'une gomme ou d'un tubercule, par une perle de substance taillée à pic au centre d'une tache hyperlicmique, etc. — Quoi qu'il en >oil, It-s ulcérations étaient circulaires et profondes; quelques-unes avaient un Ilot central. — Elles mesuraient de un à deux centimètres de diamêlrc. — Rien sur U figure. — Mine florissante. Traitement : six gr. d'iodure par jour; pansemeoU avec du sparadrap de Vigo.

Au bout de quatre jours, chose à peine croyable, ces ulcérations si creuses ^t si suppurantes étaient sèches, comblées et en voie de guérison, presque guéri »•>! Le sparadrap avait fait développer autour d'elles une petite inSammati- .. comme érysipélateusc. Cette action locale a-t-elle élé pour quelque chose dat.la rapidité de la guérison?— Pas de récidives depuis lors.

9. Syphilis ulcâ'eusc d grave drs le début. — Au bout de six mois, mpia. Au t- ^t* d'un an, 'paraplégie. Plus tard, gommes du front et nécrose du coronal^ etc .

M. X..., 135 ans, entré le 7 mai 1878, salle r>, n» ;», présente un exemple ù' syphilis grave dès le début, à manifestations incessantes cl variées, et conîr. laquelle toutes les médications ont été impuissantes. — Chancre infectant • lévrier 1807, qui n'a laissé aucune trace. Traité à l'hôpital du Midi. Premi'.r. poussée assez bénigne; mais cinq ou six mois après le chancre, ulcérationlarges, profondes, multiples, suites du ne éruption de rupia, survenue ^ur h jambes. Trait. : biiodure ioduré.

En 18G8 (l2«mois révolu), démarche progressivement incertaine et vacillantt. sans douleurs rachidiennes. Incontinence d'urine. Pendant trois seni&înc>, paraplégie complète traitée à Thôpilal Saint-Louis par M. Bazin. Guérison de la paraplégie, persistance de l'incontinence d'urine.

En 1869 {"^^ année), tumeurs gommeuses sur le front, dont les pous^ées sut* cessives ont duré plus de deux ans, Elles ont suppuré et se sont coinpliqu< de nécrose de la table externe du frontal. Guéries au commencement de 1^ti [oo année).

En 1873 (7» année), retour de la syphilose crânienne : périostose et nêc^o^c dt* pariétaux à leur angle postérieur. Guérison au bout de deux mois, à Saint-L•.>ul^. Depuis cette époque, rien de nouveau.

En 1S78 (12<: année de la syphilis), faiblesse, incertitude dans la marche >;i-> mouvements ataxiques, mais avec impossibilité d'avancer, les yeux form»^ Incontinence incomplète d'urine ; fréquentes envies d'uriner, suivies d'iniivi»--!bilité de retenir l'urine. — Aucun trouble de la sensibilité des meinbro>. — Jambes couvertes de larges cicatrices arrondies ou ovalaires d'un blanc ro-*. lisse et circonscrites par des zones pigmentaires noires. — Front couturt: i cicatrices profondes, creusé sur quelques points de véritables trous qui conpondaient à une destruction totale de la table externe.— C'est au bout de a^y huit ans que cette syphilis, tertiaire dès le début, parut avoir épuisé son actiM:

tO. Chancre de la langue. — Premitre poussée superficielle et éphtm*n\ — A cinquième mois de la maladie, gommes et ulcérations sur les membres inftrtcuiy. - Ecthyma sur les membres supérieurs. — Quelque^ plaques de syphUid^^sqHnmtuj^.

S.,., âgé de G4 ans, avait contracté un petit chancre infectant de la lan.^ (Voyez p. 443, obs. 7 de ce volume.) Huit mois après, en juillet 1879, il lui ^ des ulcérations croùleuscs aux membres inférieurs; puis réruption s'tlii. ^

MODES 1%T DEGUÉS DE l/rLCKRATION l^.UOSIVO-ECTHYMATEUSE. 949

au tronc et aux membres supérieurs. Il ne se décida à revenir dans mon service que quand ses jambes ne purent plus fonctionner. Elles étaient couvertes do nombreuses ulcérations, les unes croùteuses, les autres à découvert, taillées û pie et suppurant avec abondance. Dans rinlervalle de ces ulcérations, tumeurs noueuses, rouges, peu douloureuses. C'était des gommes qui, en s'ouvrant, avaient donné lieu aux ulcérations, (ll^dème dur très considérable. Pas de varices. — Aux membres supérieurs, quelques ulcérations ecthymateuscs, mais surtout tuberculo-squameuscs. Idem sur le tronc.

Cet homme était très robuste et ne présentait aucune altération de la santé générale. Pas d'autres manifestations. On lui fit prendre chaque jour 3 ou 4 frrammes d'iodure de potassium. Le VI août (20' jour du traitement), guérison presque complète. 11 ne larda pas à sortir dans un état très .satisfaisant. Je ne l'ai pas revu depuis celle époque. C'est un exemple de syphilis relativement assez bénigne pour un vieillard et surtout très maniable à cause de sa facilité à subir l'action curative des spécifiques.

îi. Au troisième mois d'un chancre infectant, syphiUde ecthymateuse disséminée iKirtout. — Aucun trouble de la santé générale, — Ulcération plantaire. — Pas de mnlt'fjnité.

Chancre infectant, de peu de durée, à la base de la verge. — Aucun traitement interne. Trois mois après, ulcérations sur les membres et le tronc, au nombre d*une trentaine environ, arrondies, taillées à pic, larges en moyenne comme une pièce de un franc. — Aucune douleur. Absence complète de plaques muqueuses. — Aucun tronble fonctionnel. Ce malade avait toujours vti' bien portant et placé dans de bonnes conditions hygiéniques. Parmi ces pustules de rupia, une occupait la face supérieure du gros orteil gauche, l'autre :,i plante du pied droit, où elle avait creusé un entonnoir profond qui gênait lioaucoup la marche. La guérison de cette syphilide pustuleuse précoce fut .•i*^ez rapide.

12. Syphilis datant de un mois et demi. — Cicatrice d'un chancre delà rainure. — L(g*'re adénopathie inguinale. — Roséole érythémateuse. — ¥o)*mc très superficielle de syphilide érosivo-ulcéreuse.

X..., 32 ans. Chancre infectant contracté environ six ou sept semaines avant rentrée du malade dans mon service.— Outre la roséole érythémateuse et quelques papules sèches, on trouvait sur le corps huit ou dix petites plaques de syphilide érosivo-ulcéreuse à tous les degrés de développement. Chaque élément ftail coniposé de la façon suivante: !<> aréole rouge inflammatoire; ':° petit bourrelet très régulier d'épilhélium, soulevé et non rompu; 3» au centre, croûte brune ri jaunâtre. Le tout, aplati, sans saillie au-dessus de la peau et d'une forme très régulière, ronde ou elliptique. Quand on enlevait la croûte mince qui adhérait tivs fortement, ou trouvait au-dessous une érosion très superficielle sanguinolente et séreuse plutôt que purulente, circonscrite par le bourrelet de soulèvement épidcrmique. — Dimensions très variables depuis un tiers de centimètre, ju3qu*à 2 ou 3 centimètres de diamètre. — Ces plaques nVxistaient que ^ur le tronc.

11 est dilficile de classer de pareilles formes. On en trouve ainsi un certain nombre parmi les syphilides. Elles échappent à une description générale ; aussi e^t-il bon de décrire les faits particuliers.

950 CHANCRE ULCEREUX SUIVI DACCIDEXTS ECTHYMATEUX.

i3. Chancre infectant devenu phagédértique au moment précis où, apparurent les premières manifestations cutanées qui furent constituées par un mélange de papufrs et d'érosions. — Plus tord, ecthyma,

X..., 34 ans, santé chétive, constitution délabrée. Pas d'excès alcooliques. Aucune maladie antérieure à un chancre du prépuce qui apparut vers la fin d'avril 1880. Ce fut d*abord une rougeur, puis une ulcération croûteuse qui resta très longtemps stationnaire et ne prit une marche phagédénique qu*au commencement de juillet, au bout de deux mois.

A partir de ce moment, tout le filet et le méat ainsi qu'une partie de la couronne, furent envahis par un processus phagédénique qui les détruisit rapidement et même fit disparaître le quart antérieur du prépuce.

Lors de son entrée, la lésion ressemblait à un chancre mou phagédénique : bords épais et décollés, rouges, douloureux; fond tomenteux; sécrétion abondante et purulente; aucune induration; processus destructif et menaçant. Peu ou pas d'adénopathie. Inoculation négative.

Grosses papules manifestement syphilitiques, disséminées sur diverses partit^ du corps. Outre, cette éruption, ex ulcérations croûteuses. Apparence cachectique. Traitement mixte énergique.

Au bout de trois semaines, amélioration très grande : affaissement des borii> du chancre, régularisation de son contour, aplanissement et élévation de ^•>D fond, bourgeonnement réparateur. Ëtat général meilleur. Des deux élément><le la syphilodermie, Tulcéreux avait diminué, le papuleux prédominait.

Ce qu'il y a de remarquable dans ce cas, c*est que l'accident primitif n'a pa? été phagédénique d'emblée: il ne Test devenu qu'à l'époque précise de Tintoxication générale, au moment où apparaissaient les papules et les érosions cutanées. On peut donc le considérer comme un accident secondaire.

Au bout de cinq semaines, le chancre et la première poussée étaient gueri^. mais il se produisit alors trois ou quatre pustules d'ecthyma sur les membre^ inrérieurs. Je perdis le malade de vue.

14. Syphilide ulcéreuse d'emblée, généralisée et frisant la malignité. ^ Tr^n^ poussées subintrantes dont la deuxième concentrée sur la face et le cuir chevelu. Amélioration et guérison rapides. Bon état de la santé générale. Le chancre avait rfr ulcéreux.

M. X..., âgé de 25 ans, facteur de pianos, entré dans mon service le 25 janvier '881, salle 6 lit 23, était d'une santé excellente, d'une bonne constitution ^\ n'avait jamais eu aucune maladie héréditaire ou acquise, lorsqu'il vit apj>araitr le 18 avril 1880, sur le filet et autour du méat, un chancre infectant qui n** dura que trois semaines, mais n'en laissa pas moins une large cicatrice sa^K^rficielle.

Un mois et demi après le début de ce chancre, éruption d'une sjphilii' ulcéreuse d'emblée qui, sans être continente et maligne, était cependact répandue un peu partout,sur le tronc et sur les membres. La santé générale tr Tut très débilitée. Traitement pendant dix semaines à Saint-Louis. — En l-v vembre 1880 (sixième mois de la maladie), lorsque le malade entra dans roi^s service pour la première fois, il n'était pas encore complètement guéri. Beaucoup d'ulcérations des extrémités inférieures restaient en pleine activité. L ai *. droite du nez et quelques autres points de la face étaient ulcérés. — La >itui-

ULCÉRATIOXS TUBERCULEUSES COURBES ET CENTRIFUGES. 951

tioQ s*amé!iora mais partiellement et il devint bientôt visible qu^unc deuxième poussée était imminente. Elle eut lieu à la 6n de Tannée 488u (huitième mois de la maladie) et présenta cette particularité d'être largement ulcéreuse et d'occuper presque exclusivement le cuir chevelu et la face. — Ulcérations douloureuses et très prorondes du sillon mentonnier, de la lèvre supérieure, des ailes du nez et surtout du cuir chevelu, sécrétant beaucoup de pus, se couvrant de croûtes très épaisses, évoluant avec une excessive rapidité puisqu'en huit jours elles arrivèrent presqu'à leur maximum d'étendue.TraitemenI énergique: 6 gr. d'iodure, — Sirop de fer. Toniques. — Pansement avec une pommade hydrargyrique. — En trois semaines cette grave syphilide fut à peu près complètement guérie, et le 21 février 1881, les larges ulcérations du cuir chevelu du front et de quelques autres parties de la face étaient cicatrisées ; celles des lèvres et du menton étaient en voie de guérison.

Mais à peine la maladie était-elle en cet état si remarquable d'amélioration, qu'une troisième poussée ulcéreuse survint, bien que le traitement n'eût pas été interrompu. Sur différentes parties du corps, éruption discrète et successive de quelques pustules crustacées. Les spécifiques et surtout Tiodure en tirent justice assez rapidement, et enfin, le 4 mai 1881 (douzième mois révolu de la maladie) le malade sortit entièrement guéri de ces trois poussées subintrantes La santé générale était rétablie et était alors très florissante.

CAS DE SYPHILODRPMIES TUBERCULEUSES.

ib. Au sixième mois de chancres ulcéreux, syphilide tuber(mlo-uIcércits€y persistance des pertes de substance caracléristiqties, avec îlots ou promontoires dans leur ceiUre et sur leurs côtés, etc.

M. X..., entré dans mon service en 1878, avait eu six mois auparavant deux chancres syphilitiques ulcéreux dont on voyait les cicatrices. — Il lui survint, au bout de deux mois, diverses ulcérations sur le corps. Au moment où je Texaminai pour la première fois, il présentait l'état suivant : Ulcération profonde à fond jaunâtre, d'un diamètre de G à 7 millimètres, placée dans le sillon balano-préputial, à gauclie du frein. Elle provenait de la fonte d'uo tubercule. — Sur plusieurs points de la surface du corps, ulcérations o val aires, intéressant presque toute Tépaisscur du derme ; quelques-unes en pleine activité, d'autres en partie cicatrisées, au nombre d'une trentaine, de dimensions variées. Plusieurs d'entre elles étaient typiques : l'une sur le flanc droit, constituée par une perte de substance, mesurant 8 centimètres de longueur, était d'une forme elliptique; à un foyer de l'ellipse existait un Ilot de peau saine, entouré de pus de toutes parts. — Sur une autre vaste ulcération, la peau saine qui était au centre se rattachait aux bords par trois languettes. — Ulcérations du cuir chevelu en partie cicatrisées; aucune tumeur tuberculeuse sur la peau. On voyait cependant que les lésions ulcéreuses n'étaient pas survenues d*emblée, qu'elles ne procédaient pas de l'ecthyma ou du rupia, mais résultaient de la fonte rapide de plaques tuberculeuses ou de tubercules disposés en ellipses, qui avaient subi la fonte avant d'avoir envahi la peau saine qu'ils circonscrivaient. Dans les plaques, c'était la partie centrale qui se fondait la pre-

952 SYPHILIDE TUBERCULO-ULCKBKUSE SYMÉTBIQUE.

mièreetqui se cicatrisait aussi la première; puis rulcération s étendait par cercles concentriques. La disposition graphique était la même dans les deai cas : c'était un Ilot ou un promontoire au milieu d'une ulcération, mais dans le premier cas la peau était saine, tandis que dans le second elle était cicatricielle. Le malade avait eu, comme première poussée, des papules isolées ou en plaques dont quelques-unes avaient manifesté, dès le début, une teodacre ulcéreuse et étaient devenues peu à peu papulo-tuberculeuses. — Rien dans ia gorge.

Santé générale très bonne en tout temps. Jamais aucune maladie. Aucun trouble constitutionnel à la suite de cette grave syphilide. La femme qui la lui avait communiquée n'avait que des lésions insignifiantes.

i 6. Tubercules réunis en grandes plaques et survenus à la sixième cauue d'h syphilis dont les débuts avaient été bénins, La syphilodermie très circonscrite était • ■. partie airophique et en partie ulcéi^euse.

Le malade, qui jouissait et qui avait toujours joui d'une santé parfaite, coiitracta un chancre infectant en 1869. Pendant les années 1870-71, croûtes suppurantes sur le cuir chevelu, plaques muqueuses, laryngopathies, éniptiocr papuleuses résolutives. Traité par des injections hypodermiques, puis par l'iodun. de potassium. — Rien en 187:>, 1873, 1874. — En 1875, sans aucune cause oci^asionnelle, éruption de tubercules sur les jambes et sur le fronL Cette svphili'l" circonscrite durait, avec diverses alternatives, depuis quatorze mois quand le malade vint me consulter. Sur le front à gauche, près de la oaissauc^ des cheveux, macules et dépressions produites par des tubercules atrophiques. Dao^ le dos, à cheval sur la ligne médiane, g^^oupes nombreux et irréguliers de papule « résolutives ou de tubercules, dont quelques-uns étaient exulcérés et croôteux. — Sur la jambe droite en avant, deux larges plaques rouges, épaisses, ovaJaire^. couvertes d'élevures tuberculeuses. Une de ces plaques mesurait 15 centîmètrv^ de long sur 7 de large; l'autre avait 3 centimètres de diamètre. Quelques^C'^ des tubercules se résolvaient sans suppurer, d'autres étaient crustacés; d*au(r^. profondément creusés, jettaient beaucoup de pus. Le malade o*eD était p.t^ autrement.incommodé. Aucune douleur. Santé générale (excellente.

17. Syphilis bénigne et non traitée au début,— Au bout de huit ans, syphilide f i:6- r< culeuse symétrique et lentement phagédénique sur le cou et les régions sus-darirtilaires. Elle durait depuis deux ans lorsqu'un traitement mixte en fit justice assez 1 1/'

M. X., trente-cinq ans, ferblantier, entré dans mon service le <i avri . salle 7, n^ 16. — Bonne santé habituelle; aucune maladie coostitutioDnt^!'. chancre infectant en août 1866, suivi d'accidents très légers qu'il ne tomba:: ' par aucun traitement. — Huit ans après, en 1874, sans cause appréciable et '■-: bonne santé, bouton sur le côté gauche du cou, au-dessous de Toreille. C\\. ' un tubercule syphilitique qui s'ouvrit, devint phagédénique et couTrit d'u;> vaste ulcération à cercles concentriques, tout le côté gauche du cou et la ré^ ' sus-claviculaire correspondante. Pareille lésion ne tarda pas à se produire >ur le côté droit, de la même façon et à ulcérer avec une symétrie presque parfa/.le côté droit du cou et la région sus-claviculaire.

Cette affection tuberculeuse, exclusivement limitée aux points sus-iodiqur^ et sans aucune autre détermination spécifique, durait depuis deux aof, quaod >

INFILTRATION TUBBBCULBUSB DE LA LÈVRE IXFÉBIKURB. 953

malade entra dans mon service. Les deux triangles sus-claviculaires dans toute leur étendue et toute la partie antérieure du cou, depuis la naissance de la barbe jusqu'au sternum et aux clavicules, étaient labourés de cicatrices blanches, gaufrées, pointillées de brun par places, qui n'avaient pas laissé un Ilot de peau intact; cependant les téguments étaient souples et non rétractés. Cette syphilide tuberculeuse phagédéniquc et circonscrite était encore en activité, et se traduisait : i^ par un large collier ulcéro-crustacé, reposant sur la base du cou en avant et sur les clavicules de chaque côté; 2* par deux ulcérations à peu près symétriques situées chacune au sommet de chaque triangle sus-clavicu- Jaire; 3» enfin par une plaque tuberculeuse à la nuque, sur laquelle une ulcération crustacée avait creusé une grande S à bords finement déchiquetés et à pic. — Santé générale excellente^ cette syphilide si curieuse par sa symétrie et sa régularité, fut guérie en un mois et demi avec des pansements au Vigo et une médication ioduro-hydargyrique énergique.

i8. SyphUis ulcéreuse d'emblée, mais s'étant localisée surlafaceet le cuir chevelu. Impétigo du cuir chevelu, ecthyma des sourcils. — Puia, sclérose gommeuse de la lafigue ci infiltration tuberculeuse de la lèvre inférieure. — Longue durée de ces affections. Leur résistance. Leurs récidives. — Guênson de la sclérose tuberculeuse labiale à la suite d*un érysiprlc.

M. X..., 28 ans, employé. Bonne santé habituelle. Chancre mou et bubon suppuré, à Vkge de 23 ans, sans accidents consécutifs. ~ Au commencement de 187S, chancre infectant balano-préputial guéri au bout de quinze jours. — Très peu d'adénopathie. Traitement dès le début par le mercure ^ et riodure de potassium. Au bout de deux mois, maux de gorge, plaques muqueuses sur les lèvres. Pas d'éruption cutanée; mais, vers le milieu du mois de mai (4* mois de la syphilis), impétigo confluent du cuir chevelu ayantdonné lieu à dévastes ulcérations; pustules d'ecthyma dans les sourcils. C'est alors que le malade entra dans mon service. Il présentait l'état suivant, le 27 juin 1878 8** mois de la syphilis): Pâleur, amaigrissement, faiblesse générale. Bon appétit. A la partie interne du sourcil droit, ulcération arrondie, large comme une pièce de un franc, à bords taillés à pic et très relevés, qui la font paraître profonde et qui enchâssent une croûte épaisse, adhérente, au-dessous de laquelle sourd du pus sanieux. — Plaques ulcérées sur la lèvre inférieure. Rougeurs sans plaques ni ulcérations dans la gorge. - Dix ulcérations sur le cuir chevelu ovalaires ou arrondies; les plus grandes étaient ovalaires, et les plus petites arrondies. — C'est là une disposition qu'on trouve presque toujours dans les syphilodermies ulcéreuses. — Bords saillants et taillés à pic. Pus concret jaunâtre, exhalant une odeur infecte. Diamètre des ulcérations variant de 3 à 4 centimètres. La plus grande était à la nuque >. Ganglions cervicaux très peu prononcés. Je pris du pus sur une ulcération jaune et très inflammatoire et je

1. Malgré ces ulcérations, moins profondes en réalité qu'elles ne le paraissaient et qui «étaient vraiment impétigineuses, la chevelure est complètement revenue partout, sauf *ar quelques petits points où le processus ulcéreux allait sans doute plus loin qu'ailleurs.— Les ulcérations ecthymateuses et tuberculeuses sont presque toujours et beaucoup plus souvent que les impétigineuses, suivies d'une calvitie définitive sur les points attaqués.

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