SYPHILIDE TUBERCULEUSE DURANT DEPUIS DIX-HUIT ANNÉES
lurent peu sérieux; maïs eu 1866 (3« ou 4« année de la syphilis), des ulcérations se produisirent sur les jambes et sur la figure. Depuis cette époque, le malade a toujours eu, chaque année et d'une manière continue, sans aucun tR'rangement de la santé générale, des ulcérations sur la peau, ou plutôt des ùoiitons recouverts de croûtes peu épaisses et qui se convertissaient en ulcéra* lions ou même se résolvaient sans suppurer. Ces syphilides tuberculeuses - ihintrantes et interminables ont presques toutes été sèches et atrophiantes. M lis, bien qu^elles n'aietit pas ou qu'elles aient peu suppuré, elles n'en ont l'viô moins laissé des cicatrices. On les trouve surtout à la nuque; c'est un pointillé blanchâtre qui donne à toute la peau de la région l'aspect d'une vaste cicatrice ponctuée et gaufrée sur laquelle se dessinent encore quelques réseaux de peau saine.
Divers traitements avaient été faits, dès le début, mais sans grands succès ou avec des améliorations éphémères. L'afi'ection n'en avait pas moins poursuivi '.mperturbablement sa marche pendant dix-huit ans. Il y avait en efîet dix-huit ans que ce malade, dont la santé générale est très bonne, avait contracté un rhaucre syphilitique lorsqu'il vint me consulter en juillet 1880. La syphilide tuberculeuse ulcéro-atrophiante qui occupait alors les épaules et les régions •«usclavirulaires durait depuis trois ans. Elle ne s*élait ulcérée que depuis dix jours, auparavant elle avait toujours été sèche. On y trouvait trois ordres de lésions : — 1° Syphiiide cimnée, tuberculo-croùteuse, décrivant de chaque roté de la ligne médiane un grand cercle de 0™,'20 de diamètre, formé de petites élcvurcs enchâssées dans l'épaisseur du derme et entourées par l'ulrération. Dans l'intervalle de ces élevures croûteuses et dans l'espace circonscrit par leur courbe, la peau était d'un rouge sombre, inégalement t'paissie, rugueuse et amincie çà cl là par des cicatrices atrophiques. — '2<* Sur toute Tépaule droite et dans la moitié correspondante de la région dorsale, infiltration, épaississement, mamelonnement avec teinte rosée de la peau ; il en résultait une immense -plaque de sclérose tuberculeuse continue, homogène dans toutes ses parties, dure, tout à la fois hypertrophiante et atrophiante, ainsi que l'indiquaient les aspérités de sa surface résultant de saillies hypcrplasiées, disséminées sur un lacis de tissu cicatriciel blanch&tre. Sur la partie inférieure de celte grande plaque, qui n^étail ni squameuse, ni croùteuse, on voyait vers la pointe de l'omoplate quelques groupes circinés de tubercules humides, érodés et squameux. '— 3<> Plus loin, sur les limites »^\ternesde la plaque scléro-tuberculeuse qui avait envahi la région deltoïdienne, vf-rs rinsertion inférieure du muscle, ulcération profonde ^ large comme une pièce de deux francs, à bords épais et décollés, à fond pultacé, présentant un petit promotoire de peau rouge et cicatrisée qui s'avançait un peu dans sa cavité, ce qui lui donnait une configuration un peu réniforme.
Ce malade ne pouvait attribuer cette syphilide interminable à aucun excès. Bonne hygiène, santé toujours excellente. — Sauf quelques douleurs passaiTtres, toutes les éruptions avaient été indolentes.
Au bout de deux mois d'un traitement mixte que je poussai vigoureusement, cette vaste syphilide tuberculeuse était complètement guérie ou du moins ne pn'seutait plus ni hyperplasie, ni ulcéralions; mais la peau restait inégale, diaprée de rouge et de blanc, amincie et atrophiée. — Aucune autre manifestation spécifique sur le reste du corps.
9o6 MÉLANGE DK SYPHILIDES SECONDAIRES ET TERTIAIRES.
21. Syphilis à acddeiUb ulcéro-gummeux très précoves, dès le o« mors. — Méin'.'j< d'accvienis secondaires et iurtiaires, — Éruptions papulo-tuberculeyses. — Troiàsfrmalion d'épididymites bknnorrhagiques en albiiginite syphilitique, etc,
M. X..., 19 ans, d'une bonne santé habituelle, contracta, dans les deux premiers mois de l'année iB8l, un chancre balano-prépntial ulcéreux, et même un peu pbagédénique. Un mois après, roséole rapidement guérie. Trois mois apK-5, éruption papulo-tuberculeuse généralisée. Ce malade, entré cinq ou six fois dac^ mon service, a présenté de nombreuses poussées, qui ont donné à sa syphii.< une physionomie complexe et insolite. Ainsi, en juillet 1881 (.^«^ mois du chanrre . des gommes volumineuses et qui s'ulcérèrent rapidement, apparurent sur \<jambes. En septembre (7» mois], deuxième poussée de gommes à processus ai^; siégeant, comme la première, sur les extrémités inTérieures. — Prompte init^nson. — En novembre, troisième poussée de gommes sur les jambes, et t même temps plaques muqueuses de Tisthme non ulcéreuses.
En février 1882 (12« mois), le malade entra dans mon service pour la quatrième fois. Outre la syphilis, il avait eu une blennorrhagie en septembre l<8l. qui s'était compliquée d'orchite double et qui, imparfaitement guérie, donna lieu alors à une deuxième attaque d'orchite double et à une arthrite des Qttii\ genoux. — Pendant son séjour dans mes salles, réapparition de plaqu*-^ muqueuses etsyphilide papulo-tuberculeuse, surtout aux membres.
Ce qu'il y avait de remarquable chez lui, c'était la précocité du tertiarisinc *-{ le mélange de seb lésions gommo-ulcéreuses avec des plaques muqueuses i»'^ lutives.
Un autre côté fort intéressant de ce cas-là, c'est que les affections testiculair**^ qui, à leur début, avaient été aiguës, brusques ci manifestement blenoorrhagiques, devinrent peu à peu syphilitiques. Leur résolution ne fut pas franch*. de l'épididyme^ elles envahirent le testicule. Sept mois après leur apparitio'i la métamorphose était complète. En effet, les deux testicules, triplés de volunif. libres dans les bourses, constituaient chacun une tumeur piriforme, réguncr>. homogène, sans funiculite, dure, lourde, et dans laquelle l'épididymc et ie i»— ticule fusionnés ne présentaient aucune ligne de démarcation.
En juillet [\1* mois), il se forma sur la face antérieure de l'avant-bras \y\> plaque tuberculeuse de 8 à 10 centimètres d3 diamètre, ovataire, sèche, (•«;• mamelonnée et assez semblable à un vaste chancre induré en voie de cicatr.* sation. Sur une partie de son étendue, croûte réniforme, noirâtre, niaî> i. lésion était plutôt atrophique qu'ulcéreuse dans son ensemble. — Impt-tii: du cuir chevelu. — Testicules toujours dans le même état et préseotanl *type de l'albuginite syphilitique. — Pollutions nocturnes. — Ulcératiortertiaires sur la paroi postérieure du pharynx, remarquables par leur io i«lence.
Cette grave syphilis, à poussées multiples et subintrantes, finit par s'ao liorer, et je perdis le malade de vue.
22. Syphilis tertiaire d'emblée. — Plusieurs poussées de s^hilides uMrrtt<r$. — Dans le cours de la quatrième année^ nécrose du maxillaire supérieur, — Aff-tu tuberculo-gommeuse de Visthme.
M. X..., 24 ansj peintre, se portait très bien et n*avait jamais eu aucur.