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NÉCESSITÉ DU TRAITEMENT TOPIQUE DANS LES SYPHILIDE

aux topiquesr les lésions sous-jacentes. Sur ces lésions, vous ferez faire tous les soirs une friction avec la pommade au turbitb minéral dont je viens de vous donner la formule, ou bien un mélange à parties égales d'onguent napolitain et de masse emplastique de Vigo hydnrgyrisée. Le malade aura soin de laisser les mains recouvertes d'un gant de caoutchouc pendant toute la nuit. Vous cautériserez tous les trois ou quatre jours les fissures, si communes en pareil cas, ou les ulcérations, soit avec du nitrate acide de mercure, soit avec du chlorure de zinc à saturation, en ayant soin de ne les toucher que légèrement et une seule fois à chaque séance. Dans les formes ulcéro-fongueases des syphiUdes plantaires accompagnées de douleur et d'une inflammatioD périphérique plus on moins violente, il faut un repos complet pendant quelques jours. Vous prescrirez des applications de charpie imbibtt? d'eau phéniquée, et vous cautériserez vigoureusement les ulcérations fongueuses avec la solution de chlorure de zinc. Plus lard, quand ce mauvais bourgeonnement sera réprimé, vous recouvrirez les plaies avec des r,ondelles d'emplâtre de Vigo hydrargyrisé, que vous renouvellerez tous les jours.

Dans une des leçons précédentes, je vous ai exposé le traitement topique des plaques muqueuses, et j'en ai fait ressortir Timportance. C'est avec lui seulement que vous viendrez à bout très promplement de ces lésions qui pullulent et se reproduisent avec une si grande farilité dans certaines régions et qui échappent bien souvent à l'action du traitement général.

Les syphilodermies tertiaires ulcéreuses exigent impérieusement un traitement local. 11 faut d'abord débarrasser l'ulcération de la croule qui la recouvre ; on y arrive facilement au moyen de bains répétée et surtdut de cataplasmes de fécule appliqués pendant douze heures. Une fois les plaies découvertes, on les pansera avec une des pommades précédentes , avec celle au turbith ou celle composée d'onguent napolitain et d'emplâtre de Vigo. On pourra aussi les saupoudrer avec de l'iodoforme porphyrisé ou un mélange à parties égales d»^ calomel et d'oxyde de zinc, et enfin on les recouvrira hermétiquement avec un pansement composé de bandelettes d'emplâtre de Vigo hydrargyrisé, superposées et imbriquées conmie dans le pansement par occlusion de Cbassagnac.

Lorsque le phagédénisme s'empare des syphilodermies ulcéreuse?, il faut concentrer tous nos moyens d'action internes ou externes, le> porter à leur plus haute puissance et les diriger ensuite contre celle gra^'

PALMAIRES ET DANS LES STPHILIDES TERTIAIRES. 1011

complication. Quelquefois nous réussissons; mais si rorganisme est épuisé, les spécifiques échouent; ils deviennent même nuisibles et contribuent à plonger de plus en plus le malade dans l'état cachectique. En pareil cas, il faut suspendre momentanément son usage et se borner aux agents de reconstitution quand il nous est possible de les mettre en œuvre.

TRAfTEMENT GÉNÉRAL. — HyGIÈNE. — BaLNÉATION THERMALE. — NoUS

sommes loin du temps où on soumettait les malades à une diète rigoureuse, où on les saignait, où, au moyen de sudations et de purgations réitérées, on pratiquait largement sur eux la spoliation des humeurs viciées'. Aujourd'hui, nous faisons toutTopposé; nous nous efforçons de refaire la richesse du sang, que la syphilis déglobulise à toutes ses piTiodes, mais surtout dans sa première phase; nous relevons les forces nerveuses déprimées; nous soumettons les malades à une hygiène fortifiante, etc. Est-ce ainsi qu'il faut agir dans tous les cas ? N'y a-t-il pas quelque exagération à poursuivre une anémie qui, pour être commune, est loin cependant de se révéler toujours par des signes positifs. La mode, pour qe pas dire la routine, ne conduit-elle pas à appliquer d'une façon banale une médication, fort utile quand elle est formellement indiquée, mais qui peut devenir nuisible si on la prodigue à tort et à travers ? Pour ma part, je ne vois pas aussi souvent qu'on le dit la nécessité d'administrer du fer et du vin de quinquina. Sur vingt malades du sexe masculin, vous n'en trouverez peut-être pas deux chez lesquels il se produise, par le fait seul de la syphilis et seulement à partir de l'accident primitif, un état chloro-anémîque se nivelant par la décoloration notable des téguments, la langueur et rabattement des forces, la torpeur ou l'excitabilité du système nerveux, de l'essoufflement, des palpitations, des bruits de souffles vasculaireSy etc. Chez les femmes, de pareilles modifications sont plus fréquentes, et encore en voit-on beaucoup qui subissent les premières atteintes de la syphilis sans que la fraîcheur de leur teint en soit altérée.

1. 11 y a des cas, cepmidatit, où il est utile et même indispensable de prescrire un fi'KJn^^ sévère et même la diète, chez les pléthoriques, par exemple, qui ont un sang trop abondant, trop riche, qui tombent dans une sorte de dyscrasio hyperbémiante, par les excès d'une nourriture trop succulente, etc. C'est dans de pareils cas qu*il faudrait recourir au Traitement arabique. Ce traitement a joui d'une grande célébrité autrefi>is et peut-être en a-t-on trop aisément adopté un tr)ul contraire. 11 consistait à se nourrir pendant quarante jours exclusivement de pain sec ou de biscottes, d'amandes, de noix, noisettes, figues et raisins secs, et, en outre, à ne boire que de Teau pure. Aucun médicament ne devait être pris durant ces quarante jours. Ce traitement donnait parfuis de très beaux résultats, quand on avait le courage de le supporter jusqu'au bout i

1012 TBAITEMENT GÉNBBAL. — HYGIÈNE.

Quoi qu'il en soit, Tindication des toniques et des ferrugineux se présente, et il importe d'y déférer,non seulement pour remédier à l'appauvrissement du sang, mais aussi pour favoriser l'action des spécifiques*. L'hygiène doit être, de la part du médecin et surtout du malade, l'objet d'une attention continuelle. Maintes fois le traitement spécifique le mieux institué ne réussit qu'à moitié ou même échoue, parce que le malade n'aura pas voulu se soumettre aux prescription» hygiéniques que vous lui aurez recommandées. Voyez les syphiHliqucs qui entrent dans nos salles : beaucoup ^d'entre eux s'améliorent rapidement sous la seule influence du repos, d'une bonne nourriture, du calme de l'esprit et aussi parce qu'ils n'ont plus la possibilité de faire des excès ou de s'abandonner aux habitudes vicieuses qui dépriment les forces vitales et contrecarrent tous les efforts que fait l'organisme, dans sa réaction spontanée, pour combattre les effets de l'empoisonnement syphilitique.

Il y a sans doute beaucoup de médecins qui ont mis sur le compte da traitement spécifique qu'ils préconisaient une amélioration qui n était due qu'à une bonne hygiène. Vous ferez donc ressortir dans vos conseils la nécessité de mener une vie systématiquement réglée en ce qui concerne les heures des repas, le temps du sommeil, l'exercice de toutes les fonctions et en particulier de celles des organes génitaux. Sachez que ce qu'il a de plus nuisible ce sont les veilles prolongées, l'abus de liqueurs fortes et du tabac, les excès de table ou une alimentation malsaine et insuffisante, un air vicié, les fatigues corporelles, la dépression morale produite par la syphilophobie ou par ces cause?

1. Voici sur l'anémie des syphiliques quelques excellentes réflexions de M. Diday. q'^je me fais un vrai plaisir de citer :

De l'anémie. — « Mais ce n'est là qu'un mot, et la chose est aussi difficile kc\zii''' qu'à connaître. Que d'espèces d'anémies, depuis celle des indigents, qui se irait? i* mieux par un billet d'hôpital, jusqu'à celle des grandes villes qui, tout au coûtn^rr. fond pour ainsi dire au soleil! Que de types de cet état, depuis le cachectique sp'-'iv qui guérira par le mercure, jusqu'à rhyperh]fdrargyrisé qu'il s'agit uniquement de fi frenoncer à sa drogue favorite ; depuis le sexagénaire hypochondriaque, amaigri in i ■ par sa vérole que par les terreurs imaginaires qu'elle lui donne, avec leurcorièJt t*»tue! d'insomnie, d'isolement, de privations de toute espèce, jusqu'à la pauvre til<e''' pour avoir cru à de trompeuses promesses, se réveille un jour déshonorée, dêlai*^repoussée de sa famille, mère et syphilitique !... Certes, l'arsenal des reconstitaao^" -^ un des mieux fournis de notre matière médicale ; mais, convenex que, en face fl»* ^' besoins, il faut y puiser à pleines mains, et réfléchissez surtout que, en face de be^ • 81 divers, il faut savoir y choisir. Je n'entrerai dans aucun détail. Contre cette «'" ou comprend que le fer ne suffise pas toujours, et le médecin philanthrope compr: aussi que l'or doit quelquefois intervenir, mais autrement que comme succédAw mercure. » ( Thérapeutique des maladies vénériennes et cutanées^ Paris, G. Ma>" éditeur, page 326.)

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