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ABSORPTION ET ÉLIMINATION DE L^IODUBE DE POTASSIUM

M. Gamberini lai préfère Viodure de sodium^ parce qu'il est moins désagréable an eût et qu'il ag^t avec plus de promptilude. Le même médecin a aussi employé liodttre ff'i>',' nionium qui, d'après lui, fait rapidement disparaître les indurations du chancre et I.adénopathies indurées du pli de Faine; il serait plus actif que Tiodure de pota$^ian1. d*une action curative plus rapide, et ne donnerait jamais lieu à des accidents d'iodifui*?. On doit remployer à des doses moindres. Viodure de calcium a été préconisé p^ir M. Venot. — Ces succédanés, qui se rapprochent beaucoup de Tiodure de potassium, u^ Tont point détrôné; ils fournissent le moyen de Ivarier la médication todorée et de h rendre plus toi érable, sous une forme ou sous une autre, quand Torganisme malade ce s'en accommode pas.

Les iodures de potassium, de sodium, d'ammonium, de calcium sont indiqués dar.^ toutes les manifestations tertiaires de la syphilis. Les iodures de mercure agissent ^u'tout contre les accidtnts secondaires. Ces iodures sont au nombre de deux : le pnji"- dure et le biiodure. Le premier est universellement employé , et son maniemect • facile et peu dangereux ; le biiodure, au contraire, est un poison très Tiolent, et ou t prescrit rarement seul à Tintérieur; mais on a très souvent et très avantageusem- - . recours à sa combinaison avec Tiodure de potassium découverte par P. Bouilay. F constitue un iodure double de mercure et de potassium, un iodhydrargyrate d'iodurr' . potassium. Dans ce sel, il y a parties égales de biiodure et d'iodure. Gibert trouva ]• la proportion d'iodure était trop faible pour obtenir les effets thérapeutiques qu'on «Jl ^ .. attendre de cet excellent remède, et il proposa de le préparer avec une partie de \'.\ dure et cinquante parties d 'iodure potassique.

Viodo forme agit plutôt comme agent de la série du chloroforme que comme iodi'^ui proprement dit. Introduit dans la thérapeutique en 1836 par M. Bouchardat, il Tt jamais eu aucune vogue comme médicament interne, parce qu'il est plus dang.i'n'as qu'efficace ; mais il en a acquis, depuis vingt ou trente ans, une très grande comme «t..( -thésique local et comme cicatrisant dans les ulcérations chroniques de toute espèvr, • : en particulier dans celles d'origine scrofuleuse et syphilitique. C'est un excellent toi>.que ; il a contre lui son odeur désagréable et pénétrante, qui le rend impossible da-la clientèle privée.

L'absorption de l'iode et de ses composés se fait surtout par la muqueuse gastri ^u- . Par la peau et la muqueuse des voies respiratoires, il n'en pénètre dans le sang que <1'^ quantités infinitésimales, par la première surtout. Il faut donc administrer le mt^(ii< ament à l'intérieur; c'est sous ce mode d'introduction que nous allons l'étudier, et n<^i> ne nous occuperons que de l'iodure de potassium, qui a été, qui est et qui restera l'ap . ' le plus précieux de la médication iodique, du moins dans le traitement de la syphilis.

L'iodure de potassium est habituellement bien toléré par la muqueuse gastro-intf ^' nale, et même à doses élevées il n'exerce aucune action irritante sur l'estomac ni ^ur U ^ intestins; mais il faut qu'il soit pur. Il n'en est pas de même, d'après M. Rabute<iu. ^ i renferme des iodates; ceux-ci sont difficilement acceptés par l'estomac, parce qui-donnent, avec l'acide chlorhydriquedu suc gastrique, de l'iode libre qui irrite les par •de cet organe. En pareil cas, il se produit assez vite une chaleur pénible au crvu\ •* l'estomac, avec un sentiment pénible de constriction ; les digestions deviennent lentt^ t ' difficiles, et il survient de la diarrhée.

Mais, je le répète, ce n'est pas du côté du tube digestif que se produisent les in'.>u>(.nients de la médication iodurée. L'ensemble des phénomènes qu'elle produit chez u assez grand nombre de sujets résulte de la rapide diffusion du sel dans tout rorvcani^n ' de son élimination par divers émonctoires, et des conséquences qui en résultent con.r ^ troubles fonctionnels et comme lésions. Ce sont ces troubles fonctionnels et ces K*<. -'^ qui ont reçu le nom d'iodisme.

Pour donner une idée de l'iodisme, je vais rapporter succinctement un fait dont j > été témoin. Chez un malade, âgé de 34 ans, dont rien ne révélait Tidiosyncrasie antif i-

SYMPTOMES ET DEGBSS DE L'IODISME. 1023

tbique à Tiodure de potassinm, 0,50 centigrammes de ce sel furent administrés dans la journée. Le soir même se produisit tout à coup l'explosion d'un iodisme formidable, dont tous les phénomènes se montrèrent simultanément : céphalalgie atroce, occupant surtout le front et les parties antérieures de la tète ; — peau chaude; pouls, 80.— Agitation extrême, avec angoisse précordiale et douleurs sous-sternales. — Insomnie. — Œdème des paupières, rougeur de la conjonctive, larmoiement continuel. — Nez rouge, tuméfié, douloureux; fosses nasales obstruées, versant des flots de liquide séreux et séromuqueux. ^ Les principaux phénomènes de congestion s'étaient portés sur la gorge et le larynx. La luette, en effet, était devenue le siège d'un œdème énorme, qui occupait également tout le bord libre du voile du palais. — Enrouement et extinction presque complète de la voix. — Anxiété respiratoire.

On voit que 0,ôOcentigrammesd'iodurede potassium avaient instantanément provoqué, sous leur mode symptomatique le plus aigu, tous les phénomènes d'une grippe violente. Au bout de vingt-quatre heures la fièvre tomba , mais tous les autres accidents persistèrent. Cependant, après quarante-huit heures de durée, ils s'atténuèrent et disparurent ensuite assez rapidement.

Il 851 rare que l'intoxication iodique s'élève à un pareil degré d'intensité, mais il est rare aussi qu'elle fasse complètement défaut. Presque tous les individus qui ingèrent de Tiodure.pour la première fois éprouvent au minimum un peu de larmoiement, avec rougeur de la conjonctive, de l'enchifrènement et du jetage nasal mucoso-séreux, des douleurs spontanées et à la pression au niveau des glandes sous-maxillaires et des parotides qui présentent un léger degré de tuméfaction congestive active, un embarras ou une douleur dans les sinus frontaux, un peu de malaise général, une certaine gêne dans la gorge et un peu de titillation au larynx, etc. La plupart de ces troubles iodiques se dissipent an J)out de trente-six à quarante-huit heures. Celui qui persiste le plus longtemps c'est le coryza.

Au nombre des manifestations les plus importantes et les plus significatives de l'iodisme, il faut placer les éruptions que l'ingestion de Tiodure de potassium fait naître sur la peau Chez la grande majorité des individus, l'éruption iodo-potassique est constituée par de l'acné. Mais les mêmes toxiques ne produisent pas invariablement telle ou telle forme dermatographique déterminée, quoique ce soit la règle. Aussi voit-on quelquefois l'intoxication cutanée par l'iodure, au lieu de se traduire par une éruption papulo-pustuleuse acnéique, provoquer des érythèmes à formes variées, des éruptions buUeuses, du purpura ou des variétés anormales d'acné, comme l'acné anthracoïde géante. Quelle que soit la forme de l'éruption iodo-potassique, elle restera toujours la même chez le même malade, ce qui prouve bien que c'est presque autant l'individu que le médicament qui détermine la forme éruptive. Telle est l'opinion de mon savant collègue et ami M. le docteur E. Besnier. (Voyez : Un cas cf éruption huileuse due à Viodure de potassium^ un cas d'éruption anthracoïde due au même agents par Ernest Besnier, AnTuiles de dermatologie^ t. III, p. 168.) Je ne saurais être aussi absolu, parce que, malgré la variété dans les résultats imprimée par Tiodiosyncrasie, la formule symptomatique, pour chaque tpxique, ne se modifie qu'exceptionnellement. Cette formule pour l'iodure c'est l'acné. Dans un cas, chez un sujet qui présenta au plus haut degré l'intolérance de l iodure,j'ai vu l'ingestion de ce médicament provoquer une sorte d'éruption kéloïde qui succéda à l'éruption iodique. C'étaient de véritables tumeurs saillantes de 1 centimètre, longues de 5 à 6, et larges de 8 ; elles étaient mollasses, ovalairesj rosées et peu douloureuses. Leur durée fut très longue, malgré la cessation de l'iodure. — Le cas d'anthra-^ coTde rapporté par M. Besnier se rapproche du mien. La variété dans les manifestations cutanées a fait supposer à ce médecin que le mode pathogénique de l'intoxication devait varier, et que si l'éruption était due la plupart du temps à l'élimination par la peau de l'iodure et à l'irritation directe des points atteints, d'autres fois elle pouvait provenir d'un phénomène réflexe dont le point de départ résiderait dans l'action des niédicaments sur le système nerveux d'une région intermédiaire aux centres trophiques,

1024 AcrriOK de l'iodubk de poTAsenni sus lu Akohctoiub.

très probablement des premières voies digestivee. Poar ma pan, il ne m'a pu i«mbl-. Jusqu'à présent, qu'il en fût ainsi. Je n'ai jamais constaté le moindre rapport entre {impression du médicament sur les voies digestivei, iMtomac en partiratier, et lai a^^i sur le tégument. Comme argument en faveardesa thèse, M. B^nierdit qa'iln'ajuuiva l'absorplion de l'iode i la surface des plaies susciter des émptioiu iodiqnet. Duun cas, 0,50 centigrammes d'iodurepriepar les voies digestives prodoitireot aDeutri-* extrêmement prurigineuse, tandis que la même dose du médicament injecté an 'f-^ de gommes syphilitique* ne donna pas lieu au même phénomène. — Un cas très iiur.g3ntd'iQtoiica.lion cutanée iodo-potassiqne a été ret&Ië parH. le docteur Celsot^llimn. Son malade eut une flèvre iotense, une éruption huileuse et des nodulet volDnioen i< la grosiieur d'une noii ou d'une pomme dans le tissu cellulaire ious<utaaé. (Voy. .Ivtyse du minioire de Celto Pellizcari, par M. Julien, dans les Artnalet de dtnMKil"i". 1. 1, p. 36!, £■ série.)

Onabeaucoup exagéré les propriétés diurétiques del'iodure de potassium, et odcii^ cas d'un malade de H.Ricord qui était arrivée uriner 50 litres de liquide parjuur.Di'' combien en buvait-il ? Ces observations fabuleuses manquent toujours de rigoNr. <Jivoyons-nous habitaellementT Un peu plus d'activité dans la sécrétion nrinairv c quelques-uns des malades qui prennent de 4 à (S grammes d'iodure ; et c^teodail < 'par les reins que la mt^eure partie de l'iodure est éliminée. D'après M. Rabnieaa, <ic.rquatre heures stifOsent pour cela, mais une quantité notable passe encore par les ktittions, deux, trois et même quelquefois quarante joura plus tard. Qu'il existe oae altcntion du filtre rénal, et l'accumulation de l'iodure dans le sang forcera les antns ianir ■ toires cutanés et muqueox à l'éliminer et à subir les effets loiiqaes du médictineot i^i eux. M.tihauvet a vu l'élimination de l'iodure, chei les néphrétiques, durer qutrv.rin] dix et même douie jours. (Sur Ui dangert des midiealioru actica data la cai àt Itn-j.v rénales. — Thèse l'emarquable. Paris, IBTI.)

Eb bien, celte énergie éliminatrice du rein, eu égard à l'iodure de potassiam. peni-'ll' devenir pour cet organe une source de dangers divers? Subira-t-il, lui aussi, une son«d iiloxicatîoa comme les muqueuses et la peau, ou restera-t-41 indemne de toute ilténir. màme passagère? C'est une question qui a préoccupé M. le professeur Edmonsotnihi son, de l'Université de Haryland. D'après lui, sur un grand nombre de cas trailé !• de fortes doses d'iodure, dans la syphilis avancée, on trouve après la mon da tri"évidentes de maladie rénale. Les modifications de l'organe sont, la plupart da uni|indépendantes de l'empoisonnement syphilitique, puisque la gomme y est reUintiH:'' rare- M. Otkinson conclut que l'iodure de potassium a une action dinrétique; qi'il l^' en même temps produire l'apparition de l'albumine et des cylindres dans rQriiie.e< <f" par conséquent son usage prolongé est susceptible de provoquer le mal de Brigtfa.- Di '■ 19 cas sur 70 de syphilis invétérée, il existait des altérations rénales plni oa wngraves, qui se traduisaient surtout par l'apparition de l'alhnmineet descylindre^r; ibéliaux ou hyalins au moment précis oii l'iodureétait administré. Jamais le pinnctaii^^ rénal n'a été atteint. L'auteur en conclut que, quoique tes lésions produites parlirv^un de potassium soient de peu d'importance et pour la plnpan du temps iransiloiKt' '■ production d'altérations plus graves n'est pas impossible. J'ai vu grand ncaibn > malades soumis à de hautes doses d'iodure de potassium qui n'ont jamais ea lenK'i'''''' rénale. Je sais donc obligé de faire de* réserves aa idj« '''' Kteur Otkinson.

on a regardé l'iodure de potassium comme an détauii«'' '•' lit poar combattre l'obésité. Les expériences de MM. Gam'-'' raires à cette opinion. Ce dernier, dans une série d'eiptni'' " a constaté que sous l'inHueiice de un gramme d'iodure prleux semaines, l'urée descendit de H grammes • U M ^u<-' aoment de près de 10 poar 100.

FOEMULAIES DU TRAITSMEITT AHTISTPHILITIQUB. 1025

La sécrétion du lait est diminuée par Tiodure de potassium à tel point qu*on en peut entraver la montée, dès le premier ou le deuxième jour des couches, en le prescrivant. D'un autre côté, comme je Tai dit plus haut, son action diurétique est loin d'être prouvée.— Toutes ces circonstances n'expliquent-elles pas l'augmentation d'embonpoint que Wallace avait remarquée chez les syphilitiques traités par ce sel ? Je n'ai jamais constaté que Tiodure atrophiât les mamelles ni les testicules comme on le prétend. Je ne crois pas non plus qu'il diminue l'activité génitale. Lugol avait remarqué que les scrofuleux qu'il traitait par l'iode devenaient lascifs. Les expériences les plus modernes tendent à en faire un modérateur du mouvement nutritif. Est-ce là le dernier mot sur lui f Je ne saurais le dire.

Gomment agit l'iodure contre les manifestations de la syphilis? On l'ignore absolument et toutes les théories qu'on a faites à cet égard n'ont aucune valeur et ne méritent pas d'être mentionnées.

Plusieurs auteurs croient que l'iodisme est indispensable pour que les eflfets curatits se produisent. C'est une erreur contre laquelle proteste l'expérience de chaque jour. Maintes fois l'iodure guérit à vue d'œil les lésions tertiaires sans susciter aucune action toxique, tandis que, d'autres fois, il ne les influence que peu parce qu'on le donne à trop faibles doses. Or c'est précisément avec ces faibles doses que se dévoloppe surtout l'action toxique.- Avec le mercure il n'en est pas ainsi, les effets curatifs n'atteignent toute leur plénitude que quand l'intoxication hydrargyrique apparaît sur les gencives et qu'il existe un certain degré de mercurialisme.

L'iodisme est beaucoup moins grave que le mercurialisme. Il guérit spontanément et vite, sans qu'il soit nécessaire de diriger contre lui un traitement spécial. Les symptômes se dissipent même assez rapidement quoiqu'on continue l'administration de l'iodure. Gependaut s'ils étaient intenses ou trop désagréables, on ferait bien de suspendre momentanément l'usage de ce sel pour le reprendre ensuite à brève échéance.

PRINCIPALES FORMULES ET PRÉPARATIONS EMPLOYÉES DANS LE TRAITEMENT DE LA SYPHILIS

S*il n*e8t pas indispensable, il est du moins intéressant de connaître les formules et les préparations qui sont en usage depuis plus ou moins longtemps dans le traitement de la syphilis. Plusieurs d'entre elles sont encore employées et peuvent rendre des services dans certains cas spéciaux. Baucoup portent, en outre, des noms historiques qui occupent ane place honorable dans la syphiliographie.

Traitement interne.

I. pilules deSédillot, ù C onguent napolitain. La formule adoptée par la pharmacopée des hôpitaux de Paris sous le nom de pilules mercurielles snronneuseii, contient 0,15 centigrammes* d'onguent napolitain et 0,10 centigrammes de savon médicinal. Je Taî "modifiée de la manière suivante :

^ Onguent na)>olitain frais 0,10 centigranmies.

Savon médicinal 0,06 —

Extrait thébaïque 0,01 —

pour une pilule. — Faites 60 pilules semblables. Chaque pilule contient 0,0Ô centtgratnmes de mercure métallique. On en donne de 1 à 5 ou 6 par jour.

Pilules mercurielles bleues. Les pilules bleues sont très usitées en Angleterre. Comme

MAURUC. — MALADIES VBNÉR. O'-)

1026 PRÉPARATIONS A BASK DK tSUBUKS.

j'ai rhabitnde de toujours formuler pour une teule pilale, rciâ commeat fai modibleur compositiOQ ordinaire :

¥ Mercure métallique 0,05 cenUgrammes.

Conserve de roses 0,u6 —

Extrait thébafque 0,01 —

pour une pilule. — Faites 60 pilules semblables.

La formule du Codex est: mercure, 2 grammes; conserve de roses, 3 grmmmei; 1^-^:21: de réglisse, 1 gramme : pour 40 pilules. — La dose de ces pilules est. comme celle >.i pilules de Sédillot, de 1 à 5 ou 6 par jour. On les donne beaucoup en Angleterre coamt cholagogues.

Pilule$ mercurieiiei de Beiiaste :

y Mercure cru j

Poudre d*aloè< àd 60 grammes.

Miel *

Rhubarbe 3U —

Scammonée 30

Poivre noir 10 —

P. s. a. des pilules du poids de 0,30 centigranunes. Chaque pilule contient 0,05 ceotigram. de mercure, autant d'aloès et 0,017 milligrammes de scammoné«. li pilules par jour comme purgatif; 2 chaque jour, dans les affections dartreuses et syphilitiques.

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