TRAITEMENT DE LA SALIVATION MBECUBIBLLE
fri« lions sur le ventre pour combaitrc une péritonite puerpérale, des brides cicatricielles «ouvrir les joufs qui adhéraient aux gencives et rapprocher et immobiliser les mâchoires; rarticulation temporo-maxillaire ne tarda pas à s^enkyloser. Il fallut recourir à une "pération, qui ne remédia que très imparfaitement à cet état de choses. — L'épuisement par la saliviition et par l'inanition peut conduire le malade à un état de cachexie et de marasme qui se termine par la mort.
Le (liagQostic de la stomatite mercurielle confirmée est facile. Tout à fait à ses débuts, on la reconnaît à la sensibilité spéciale des gencives des incisives supérieures, au goût m»'(allique qu'éprouvent les malades, à la fétidité de leur haleine. Il est bon de leur faire pressentir la possibilité de ces accidents et de leur recommander la suspension immédiate du remède dès qu'ils s'en apercevront.
La durée de la stomatite mercurielle est en rapport avec son intensité. Elle est plus lon^'ue généralement que celle d'une stomatite ordinaire, et même dans les cas légers il faut quelquefois plus d'un et de deux septénaires pour obtenir une guérison complète; je parie bien entendu des cas dans lesquels on a cessé d'administrer le mercure dès le (Ichut de la stomatite.
CVst la première condition pour la guérir. Voici maintenant les moyens thérapeuliqucs les plus propres à obtenir vite ce résultat :
!• Chlorate de potasse. On a beaucoup préconisé son efficacité, plus peut-être qu'il ne «unvenaii. dans le traitement de la stomatite mercurielle. On l'a môme conseillé comme préventif de cette affection. J'ai l'habitude de le prescrire en gargarismes toutes les fois que je donne des préparations mercuriellcs. Je ne suis point convaincu qu'il empêche la -alivation, mais je force par là les malades à laver leur bouche; or, ces soins hygiéniqui'H sont d'une efficacité incontestable pour préserver la muqueuse buccale de l'intoxicaliun hydrargyrique. Je recommande en même temps de brosser les dents et les e:encives :ivei' une brosse douce saupoudrée d'un mélange à parties égales de poudre de charbon et de poudre de quinquina.— Pour un gargarisme au chlorate, on se contentera, lorsqu'il M existe point de stomatite, d'eau ordinaire dans un litre de laquelle on fera dissoudre <lt» 15 à '20 grammes de chlorate de potasse. Lorsque la stomatite est établie, je fais rempîarer Vk^au ordinaire par une décoction de racines de guimauve et de têtes de pavots à parties égales. Je conseille aussi aux malades qui n'ont pas un gargarisme sous la main de mettre tout simplement, cinq ou six fois par Jour, une pincée de sel dans leur bouche et d<' se gargariser avec leur salive. On donne aussi ce médicament à l'intérieur, et on 'Q fait prendre 6 à 10 grammes par jour dans un julep gommeux. Le chlorate de potasse a certainement des avantages incontestables, mais on n'en obtient pas des effets 'iiratifs aussi merveilleux que le prétendaient ses panégyristes exagérés.
-*' Boissofia acides. Les limonades sulfuriques et citriques ont été très vantées autrefois et elles méritent en partie leur réputation. J'en dirai autant du lait; c'est même la huisson qu'il faut expressément recommander. J'en fais prendre au moins un litre par jour aux malades atteints de salivation.
'i* liorax. Je l'emploie souvent en gargarismes quand le chlorate de potasse cause des liDuIeurs trop vives sur les ulcérations. Je me sers aussi d'un mélange à parties égales 'le miel rosat et de borax pour toucher les points entamés de la muqueuse et le bord libre dt*s gencives.
4* Caustiques, La cautérisation est un moyen plus efficace que les précédents quand la salivation est abondante et qu'elle est excitée par de larges et profondes ulcérations. Un ^e servira du crayon de nitrate d'argent dans les cas légers. M. Diday préconise beau- « oup l'acide chlorhydrique. Il promène, pendant 8 à 10 secondes, sur les ulcérations, un<> petite boulette de charpie imbibée de cet acide; la douleur est excessivement vive mais elle se calme au bout de :2 ou 3 minutes. On touche de nouveau les plaies jusqu'à 4 *t que le bourdonnet caustique n'y détermine plus aucune souffrance. — L'acide chroinique a aussi été conseillé.
.V Moyens adjuvants. Purgations légères de temps en temps, surtout si les intestins
1020 KÉVROPATHIES XEBCUBIELLSB.
sont resserrés. — Nourriture substantielle sous forme liquide ou demi-liquide. ^ hm^W* de Dower le soir, à la dose de 0,30 à 0,50 centigrammes, pour faire dormir et proiojur la diaphorèse. — Bains de pieds vinaigrés et sinapisés, etc.
Avec les précautions qu'on prend aujourdliui pour administrer le mercure, il est nre que la stomatite devienne très forte. La plupart du temps, elle se borne à uneimutt in superficielle des gencives. Si on pouvait la maintenir dans cette limite, elle serait pr^iue toujours désirable, car elle est Pindîce d'un degré convenable de saturation, et elle k le meilleur thermomètre de l'action du mercure sur Téconomie.
Action sdr le foie. — Le mercure exerce sur le foie une action cbolagogne incoctestable. Les faits cliniques le démontrent.
Action sur les intestins. — Presque toujours il existe des phénomènes de catarrhe pi^ tro-intestinal avec évacuations plus ou moins abondantes. Dyspepsie, douleur épi^itrique spontanée et à la pression, vomissements.
Action sur l'appareil de l'innervation. — Ils manquent complètement ou n'o'-:pent qu'une place secondaire dans le mercurialisroe aigu, tandis qu'ils sont au pren . plan dans le mercurialisme chronique. Parmi eux le plus fréquent et le plus typiqu'* < le tremblement mercuriel, qui s'observe, par conséquent, dans trois grandes mila:-^ d'origine toxique : Valcoolisme, le mercurialisme, le saturnisme. On a trouvé du m^r indans le cerveau, mais quel est son mode d'action intime sur cet organe? Probablem-tt qu'il provoque de la phlcgmasie chronique et de la dégénérescence graisseuse dao$ h centres nerveux et les nerfs périphériques. Ce sont là les lésions qu'on trouve dtosl'^ névropathies saturnines et alcooliques. Le tremblement mercuriel se produit sort r dans l'intoxication mercurielleprofessionnelle.il débute parles membres supérieur^.: se manifeste que sous l'influence des mouvements volontaires, ressemble à celui à^V sclérose en plaques et produit quelquefois une impotence fonctionnelle complète, itmuscles du cou ne sont envahis que plus tard et dans les cas graves. Le tremblemrr' de la langue est un des plus constants.
Il est excessivement rare d'observer le tremblement mercuriel au début et mémedi:.' le cours d'un traitement hydrargyrique. Le fait cependant peut se produire : les obvr vations de Colson {Arch. de méd., t. XV) le prouvent d'une manière péremptoire. 0"^-^ à moi je n'en ai observé aucun cas chez les sujets hydrargyrisés dans un but thénfw^tique. — M. Diday, dans ses leçons si remarquables sur l'histoire naturelle de la syphil.^ en rapporte quelques cas fort intéressants qui se sont développés sous ses yeui. \ i suite de l'administration modérée du mercure faite soit par lui, soit par d'autres méder:n^ Une fois le tremblement survint dès la 3* friction. Dans les autres cas le mercore ^ti ' pris à l'intérieur. C'est surtout le mercure en va])eur, absorbé par la surface pulmonim qui donne lieu à cette grande névropathie toxique. Van Swieten raconte, d*aprt« i médecin anglais, que le gonflement des gencives et une série d'accidents formidaM^ commencèrent trois heures après une fumigation de 1 gramme 50 de cinabre.
Parmi les autres accidents nerveux produits par l'intoxication mercurielle il faut cittr la paralysie et V atrophie musculaire, Vanesthésie diffuse ou dans un côté du corp^ '>* a mis aussi sur son compte Vépilepsie, Vapoplexie, Vinsomnie complète, \^ fmUette d< mémoire, la diminution de P intelligence, la folie (Diday). Notons aussi Vhypockond ' mercurielle. Il y a beaucoup d'exagération dans tout cela. On a surchargé le roerrun' lisme, surtout celui qu'exige le traitement de la syphilis. Sur des milliers de mih^*^ avec les précautions que l'on prend et la modération que l'on apporte aujourd'hui lit ^ l'administration du mercure comme antisyphilitique on ne trouverait peut-être ud de ces accidents, même à un faible degré. — C'est la syphilis bien plus que le mercv: qui est susceptible de les produire.
Action sur l'appareil urinaire.-> La stéatose rénale avec albuminurie est cummc
va
lODIQUES ET lODUBE DK POTASSIUM. 1021
dansiemercurialisme aigu et rare dans le mercurialisme chronique. M. Bouchard constata, sept jours après une première friction et cinq jour après lo début de la stomatite, une suppression presque complète de la sécrétion urinaire. La mort eut lieu par anurie, La proportion de 1 urée dans le sang s'éleva à 2^60 pour 1000 et celle des matières extratives à 17 granmies 9 pour 1000, c'est-à-dire que la quantité de ces dernières fut doublée et celle de Turée devint dix-sept fois plus grande qu*à l'état normal. On peut en conclure que Tempoisonnement métallique entraîne à sa suite un empoisonnement organique par raccumutation et la viciation des produits de dénutrition. Il y a non seulement insuffisance rénale, mais, en même temps, trouble profond dans l'évolution des albuminoïdes. De là l'altération profonde des traits, la bouffissure de la face et l'Œdème des extrémités, les hémorrhagies multiples, les thromboses, etc.
Action sur les fonctions de reproduction. — Les troubles de la menstruation sont nuls ou n'ont rien de constant. — Avortement, accouchement prématuré (Colson). Les enfants des mercurialisées sont chétifs. Gœtz a même vu un cas de tremblement congénital. Le mercure passe-t-il à travers le placenta? M. Porak n'a pas trouvé du mercure dans l'urine des nouveau-nés dont les mères avaient pris du mercure pendant un an au moins. A dose thérapeutique le mercure produit les plus heureux effets sur les fonctions de la reproduction chez les femmes syphilitiques, car c'est le seul médicament qui puisse prévenir Tavortement chez elles.
Un mercurialisme antérieur à l'intoxication syphilitique n*a aucune action prophylactique ni préventive contre elle. Un étudiant qui venait d'être mercurialisé largement à Montpellier pour une chancrelle, contracta un chancre à Lyon et la vérole parcourut chez lui toutes ses phases avec la même régularité et la même intensité que s'il n'avait pas pris de mercure (Diday). — Une femme âgée de trente-quatre ans avait travaillé aux chapeaux et absorbé delà vapeur de mercure pendant vingt ans. Au bout de cinq ans il lui survint des tremblements qu'on traita par le lait, puis des crachements de sang, de Taffai* blissement général, de la stomatite. En somme elle avait été très mercurialisée. 11 y avait quinze mois qu'elle avait renoncé à sa profession lorsque son mari lui communiqua la &yphilis. Or cette syphilis, que je traitai, fut assez forte, car elle produisit des éruptions papuleuses, du psoriasis palmaire, des poussées de plaques confluentes, des sueurs profuses, des étourdissements, des saignements de nez, etc.
NOTE SUR L'IODISME.
C est un célèbre dermatologiste français, Biett, qui employa le premier, en 1821 , à rhôpital Saint-Louis, les iodiques, et surtout les iodures de mercure dans le traitement de la syphilis, et principalcpient dans celui des syphilides. Cullerier, Lugol et quelques autres y eurent recours et obtinrent des succès, mais ils les attribuèrent à ce que les iodiques combattaient le fond scrofuleuX qui existait chez leurs syphilitiques. L'iode et ses composés n'occupèrent une grande place dans la thérapeutique de la syphilis que quand Wallace eut publié, en 1832, ses remarquables travaux sur Viodurede potassium dans le traitement de la syphilis constitutionnelle.
Depuis cette époque, l'iodure de potassium n'a rien perdu de la vogue qu'il avait acquise très rapidement dans tous les pays du monde. Sa réputation méritée n'a fait, au contraire, que s'accroître. Il n'a pas eu à lutter, comme le mercure, contre des adversaires de bonne ou de mauvaise foi. Le charlatanisme lui-même n'a eu aucune prise sur lui, et il semble que son règne s'affermisse chaque jour.
Quelques auteurs ont cependant remplacé l'iodure de potassium par d'autres iodures.