‹ Lecons sur les maladies vénériennesChapitre 438 sur 441 · DE LÀ SYPHILIS EUROPEBNNE DU QUINZIÈME SIÈCLE · texte numérisé non relu

DE LÀ SYPHILIS EUROPEBNNE DU QUINZIÈME SIÈCLE

tant la plus certaine étonne lui a Tait, de nos jours, que des objections Tacites à réfuter.

Ces objections, M. Rollet les a toutes réfutées victorieusement :

!• Celle de Hensler qui admettait rancicnueté de la syphilis en Europe.

2« Celle de Gruner qui accordait bien que la syphilis n'avait pas commencé en Europe avant 4492-93, mais qui, la croyant antérieure à la date du premier retour de Colomb, la faisait provenir de l'Afrique et non de TAmérique. 11 supposait que les Maranes, composés non seulement de Juifs, mais encore de Mahométans, de Maures, étaient sujets aux maladies endémiques de l'Afrique, au nombre desquelles il plaçait la syphilis, et c'était eux qu'il accusait d'avoir apporté cette maladie en Espagne. Je ne suivrai pas M. Rollet dans la discussion du texte de Fulgose,qui, d'après lui, a été mal interprété par Gruner et l'a induit en erreur. Fulgose n'indique pour la première apparition de la syphilis qu'une date indécise. — » La question capitale, ici, dit M. Rollet, est de savoir si la maladie était endémique à cette époque aux Antilles, et le fait n'est pas

douteux Tout s'est passé dans le premier voyage de Colomb, de manière à

disséminer le plus possible la maladie, puisque l'équipage avait débarqué sur trois points diiïérents, et que les hommes qui en faisaient partie avaient traversé la péninsule, touché à toutes les côtes et s'étaient montrés les uns avec

Pinzon en Galice, les autres avec l'amiral à Lisbonne , Séville et Barcelone

On comprend très bien qu'avec l'incubation de 75 jours en moyenne, qui précède l'éclosion des symptômes secondaires, des matelots infectés, du 6 décembre 1492, jour de leur arrivée à Hispaniola, au 13 janvier 1493, jour de leurdépart, n*aient eu, pendant la traversée et jusqu'au débarquement en Europe, le 4 mars, c'est-à-dire pendant six semaines, deux mois, ou un peu moins de trois mois au maximum, que des accidents primitifs, des chancres, lésions presque toujours indolentes et attirant si peu l'attention qu'elles sont ignorées parfois des malades eux-mêmes. En tout cas, ces chancres n'avaient rien d'incompatible avec le train ordinaire de la vie, et on s'étonne de voir un érudit comme Sanchez, qui était aussi un praticien, nier l'importation américaine pour cette raison qu'elle aurait rendu la navigation impossible. »

Les objections de Sprengel, tirées de la rapide dissémination de la maladie, .sont également réfutées par M. Rollet. • 11 est vraisemblable, dit-il, que, dans les pays les plus éloignés de l'Espagne que signale Sprengel, il n'y eut, en 1493, que des cas isolés, et quelques semaines ou quelques mois ont pu suffire pour opérer la dissémination de la maladie sous cette forme. •

Quant à l'argument de Galligo et de M. Bonnière, tiré d'une ordonnance du prévôt de Paris datée du '25 mars 1493 et visant une maladie semblable à Ja syphilis, qui régnait déjà depuis plus de deux ans, M. Rollet le réduit à néant en prouvant que Vordonnauce authetitique n*a été promulguée que le lundi 2^ juin 1408. L'argument ne repose donc que sur une faute de copiste, qu'avec des recherches comparatives on n'aurait pas manqué de reconnaître.

La réaction qui s'était faite un peu partout depuis un siècle, et surtout dans ces derniers temps, contre l'hypothèse de l'origine américaine de la syphilis, n'a eu, je crois, qu'un triomphe apparent. Quanta moi il me semble, à voir les choses dans leur ensemble, que la syphilis n'a fait son apparition en

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