‹ Lecons sur les maladies vénériennesChapitre 45 sur 441 · AFFECTIONS QUE SUSCITE LA SYPHILIS · texte numérisé non relu

AFFECTIONS QUE SUSCITE LA SYPHILIS

quand on est parvenu à les guérir, est-on sur qu'elles ne se reproduiront pas?

Avec la plaque muqueuse et le cortège des manifestations de même nature, dont elle est le type le plus virulent, nous savons du moins à quoi nous en tenir. Le règne de cette lésion est destiné à passer. Vous pourrez être afiirmatif sur ce point. Les accidents dits secondaires ue récidiveront qu'un certain temps, quelques années, tout au plus, et puis le malade en sera débarrassé pour toujours, à moins, ce dont je doute, qu'il ne contracte une deuxième syphilis.

Messieurs, la syphilis n'est pas grave seulement par elle-même, elle l'est encore par les affections qu'elle suscite et les diathèses qu'elle réveille et met enjeu. Chez beaucoup de personnes qui portaient en elles les germes d'une maladie constitutionnelle, mais qui n'en avaient pas encore subi les atteintes, ou qui les ayant subies en étaient débarrassées, vous verrez l'intoxication affaiblir la force de résistance cl rompre Téquilibre peu stable de la santé, au profit des prédispositions morbides. C'est une sorte de levain qui produit plus d'une fermentation, d'abord celle qui lui appartient en propre, et puis celles qui restaient à l'état de latence et d'inaction dans l'organisme.

Il en résulte des conséquences très variables dont les plus immédiatement à craindre ne sont pas toujours celles de la syphilis. Ainsi, Ton voit des malades dépérir, s'étioler, devenir anémiques, perdre leurs forces et tomber dans le marasme sans qu'une pareille décadence orga* nique se puisse expliquer par le nombre, la gravité ou la localisation des accidents spécifiques. Mais bientôt des désordres se rattachant à une autre maladie constitutionnelle, à la scrofule, à la tuberculose, par exemple, viendront vous donner la clef de cette évolution mystérieuse gravitant autour de la syphilis, sans participer franchement à sa nature.

Quelquefois il y a dans les manifestations un tel enchevêtrement des symptômes propres à la syphilis et aux autres états morbides qu'elle a suscités, qu'on ne sait quel nom leur donner. Il faut, par une analyse très minutieuse et longtemps poursuivie, faire la part respective de ce qui revient à chaque cause morbigène. Certainement que cette tâche n*est pas impossible. Elle ne le serait que s'il existait une combinaison intimtdes phénomènes ,qui feraitperdre à chacun d'eux leurindi^îdualité.Mai^ ce n'est point ce qui a lieu. Ke croyez pas, par exemple, aux scrofulal»»de vérole dont vous avez entendu parler. Cette dénomination chimiqi:o. appliquée aux lésions dont je vous parle, est pittoresque, sans doute;

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