OURABILITE DE LA SYPHILIS
Au sujet des degrés de la syphilis, il est une question qui trouve sa plice ici, puisqu'elle touche directement à la prognose et nous devons nous en occuper ou de moins en dire quelques mots. Vous serez appe- It^s souvent à y répondre. Combien de fois, en effet, les malades ne vous demanderoDt-ils pas s'ils sont définitivement et pour toujours guéris de leur syphilis ! Eh bien, messieurs, sur ce sujet, comme sur tant d'autres, Dous sommes encore ot)ligés de rester dans le doute. Je sais bien qu'on a dit : oui, la syphilis est susceptible d'une guérison absolue puisque les reinfections sont possibles et que l'immunité conférée par une première intoxication peut cesser tôt ou tard. — ^^ Autrefois on acceptait beaucoup plus facilement qu'aujourd'hui les exemples de réinfection. Nous sommes <i< venus plus difficiles sur le diagnostic du chancre syphilitique. Est-ce quonn'a pas pris souvent pour un nouvel accident primitif récemment rontracté, des lésions tuberculo-gommeuses symptomatiques de la première et de la seule infection? Je ne veui point nier la possibilité d'une double contagion syphilitique, surtout lorsque la seconde se produit à une époque très éloignée de la première, mais je n'en ai pas encore rencontré un seul cas bien authentique.
Par contre, que de fois n'observe-t-on pas des lésions de l'ordre tertiaire se produire inopinément à une époque, où des années de santé parfaite, depuis les premiers accidents, pouvaient légitimement donner re>poir que la diathèse était épuisée ou éteinte ! Et s'il en est ainsi, comment affirmer que la syphilis la mieux guérie en apparence dans »es manifestations de la période virulente, ne renaitra pas plus tard, à une époque indéterminée, sous sa forme constitutionnelle ? Sans doute il y a dans bien des cas de grandes probabihtés pour qu'il n'en soit pas ain^i, surtout quand par un traitement longtemps continué on a combattu la diathèse dans toutes les poussées successives de sa.première ptiase. Mais malgré ce que peut avoir d'encourageant un pareil aveu, je suis bien obligé de vous dire que je ne connais pas et qu'il n'existe aucun signe infaillible capable de donner la certitude absolue que la syphilis n'existe plus dans tel ou tel organisme, et que tous ses germes sont morts spontanément ou ont été radicalement détruits.
Nos perplexités pronostiques résultent surtout de l'ignorance où nous sommes du mode pathologique qui préside à la transformation de la maladie virulente en maladie constitutionnelle. Nous ne savons pas la plui>art du temps à quel moment précis commence cette dernière, et elle ne ^'ajTuse pas toujours du premier coup par des lésions assez tranchées |-^ur De nous laisser aucun doute sur son existence. Et puis, ses pousvV^ ou ses récidives sont infinies; elles peuvent durer toute la vie, et.