I. AfTections blennorrhagiques
! Primitive ou chancres syphili- 1
tiques 4,044 j» 1,729 Consécutive 685 )
m. Chancres simpJes et bubons virulents TnO
Total 4,548
Comparons ces chiffres entre eux, comme je viens de le faire pour Tannée 1874 et le premier semestre de Tannée 1873. Voici ce que li <ju s trouverons :
i* La blennorrhagie représente la moitié environ du nombre total des maladies vénériennes ;
2* La syphilis, le tiers moins deux dixièmes;
3" Le chancre simple, la huitième partie.
Enfin le chancre simple est à la syphilis comme l est àS^ moins une fraction minime; au chancre syphilitique comme l est à 1,95, et aux affections blennorrhagiques comme 1 est ai.
Rapprochez ces deux tableaux et vous pourrez juger de la différence d»'5 résultais. Qu'y voit-on d'abord? Que la blennorrhagie est restée à p^-u près dans les mêmes rapports avec Tensemble des trois maladies vchériennes, et ensuite que la décroissance numérique du chancre wûple a atigmetité dans des proportions énormes.
Un m'objectera sans doute que je compare deux ordres de malades, k< constUianis et les admis, qui ne peuvent pas donner la même prop»rtion relative d'affections vénériennes. Je le reconnais; mais je ferai remarquer que ce qu'il y a d'irrégulier, de défectueux, dans ce rapprochement est loin d'être défavorable au chancre mou. Sa rareté, en effet, »^t devenue telle depuis deux ans, que je reçois dans mon service t< u> ceux qui se présentent à ma consultation. Aussi peut-on regarder l«t «biffre 1 43 des chancres mous et bubons virulents soignés pendant Ui années 1874 et 1873 dans mon service, comme exprimant, à peu 4f chose près, tous les chancres simples et bubons virulents qui se sont [présentés à ma consultation.
*>r, comme je n'ai point reçu toutes les blennorrhagies ni toutes les ^^]>hilis tant primitives que consécutives, il en faut conclure que la proportion du chancre mou par rapport aux autres maladies véné-
152 EN 1874 ET 1875 il t avait a paris environ dix fois moins
Tiennes, est encore beaucoup moins forte que je ne l'ai établi plus haut; qu'il ne représente peut-être que la vingt-cinquième ou la trentième partie de leur totalité ; qu'il n'est aux blennorrhagies et aux syphilis réunies que comme 1 est à 42 ou 15, et au chancre syphilitique que comme 1 est à 8 ou 10.
Oui, messieurs, je crois qu'il y a actuellement à Paris au moins dix fois plus de chancres syphilitiques que de chancres mous. Et remarquez qu'il n'est question ici que des maladies vénériennes observées daD^ la classe pauvre de la population. Dans les classes aisées et riche>, 1h chancre mou estinfiniment plus rare encore. Quant à moi, je n'en vois presque jamais dans ma clientèle privée, depuis le siège et les huit ou dix mois qui le suivirent. Son infériorité par rapport à la blennorrha^ne et à la syphilis ne se chiffre pas. Dans le milieu dont je vous parle, elle équivaut presque à la non-existence,
La grande infériorité numérique du chancre simple, par rapport au chancre syphilitique, étant démontrée mathématiquement, j'ai dû rechercher si le fait était général, ou bien si la ville de Paris avait seu^ le privilège de voir diminuer d'une façon si extraordinaire une de? trois espèces vénériennes.
Il y a quelque temps, j'eus la bonne fortune de recevoir dan> mon service la visite de M. le docteur R. Bergh, médecin de l'hôpital communal de Copenhague, où il est chargé du ser\'ice des maladies vénériennes et des affections cutanées parasitaires. Je ne lai>sAi point passer l'occasion de causer, avec cet honorable et très distingué confrère, de la question qui me préoccupe, et je lui demandai des renseignements sur la situation actuelle du chancre mou en Danemark, sans lui faire part préalablement du résultat de iue> recherches. M. Bergh me répondit qu'il avait constaté que le chanmsimple avait considérablement diminué en Danemark depuis plusieurs années; mais qu'au dire des médecins militaires il avait présenté en 1864, pendant la guerre avec les Prussiens, une recrudescence irè'^ marquée. Il m'apprit en outre que M. le docteur Demaùsson, dt* Stockholm, faisait un travail sur la rareté du chancre mou.
L'année dernière, à peu près à pareille époque, j'eus Thonneur de recevoir la visite de M. Aug. Koren, docteur-médecin en jSon»t*j:e. à Christiania, et, entre autres choses, nous causâmes du chancr»» simple, sur lequel je faisais alors quelques levons. M. Koren avait pa>sv par l'Allemagne pour venir en France, et il médit qu'à Christiania, à Prague, à Vienne, à Munich, à Strasbourg, les chancres indure>