‹ Lecons sur les maladies vénériennesChapitre 93 sur 441 · V. rt'ts d'existence · texte numérisé non relu

V. rt'ts d'existence

■ ... Il avait bien été question pour la Commune de supprimer la débauche '•l'n.ile, on plutAt de la traquer, de l'arrêter, sans dire toutefois ce qu'on en <• "j:t ensuite. En réalité, on n'avait rien fait que se mêler à ses orgies. On •-•>r:)f>tait des prostituées en armes dans les rangs des insurgés. Il y en eut qui ;r.^>Qt part aux saturnales de la barricade de la rue Royale. Le monde de la i' ;>auche publique fournit son contingent de pétroleuses, et il put croire, avec ^f malfaiteurs et les repris de justice, que l'incendie de la Préfecture de police, "u •It'truisant ses archives, le bureau des mœurs et le Dispensaire, consacrait --ni alTranchissement définitif >

Vest-il pas remarquable que la guerre, avec tous les désordres qui l'a rorapaguent, favorise à ce point la propagation du chancre mou? V..US avez vu qu'à Lyon, comme à Paris, mais sur une moins grande ^1 lieile, il se produisit aussi une sorte d'épidémie chancreuse. Le même fiit eut lieu en Danemark : le chancre mou, qui y était en voie de il'iroissance, augmenta rapidement pendant la guerre de 1864.

tiu a-t-il été ainsi dans tous les temps et dans tous les pays? je I i::nore, mais je suis porté à le croire, puisque les conditions antihygiéniques sont à peu près partout les mêmes en temps de guerre.

Il importe de dire cependant que, si elles sont mauvaises encore aijy»urd*hui, avec tous les progrès dont le dix-neuvième siècle a le droit d «tre fier, elles étaient pires autrefois, déplorables, horribles; et c'est vn frémissant qu'on songe à la masse incalculable de maux qui fondent SQT notre pauvre humanité en même temps que cet épouvantable fléau. Tyjihus, dysenterie, scorbut, choléra, sans parler des autres maladies, la famine, l'appauvrissement, la ruine, etc., voilà son cortège habituel.

OuVstle chancre mou en comparaison? Presque rien. Figurez-vous l»fturlant les ravages qu'il a dû exercer durant ces interminables Vi-rrf^s qui n'ont cessé de désoler l'Europe ; que dis-je l'Europe? le n. v.ih entier, depuis que le monde existe.

Mais le chancre mou a-t-il fait son apparition sur cette terre en même ^•i.(iî» que rhomme? Je le suppose, sans en avoir la preuve bien posit^»-. n est permis toutefois de douter qu'il ait eu, depuis son origine, 1- î:i^me degré de virulence qu'aujourd'hui, et surtout qu'il ait été

C-J. Lecour, De la prontitution à Paris et à Londres, 1789-1871; 2* édition, aug- '•• 'V chapitres sur la prostitution à Paris pendant le siège et sous la Commune, I MQveaux renseignements statistiques. — Paris, 1874, pajçes 301 et suivantes.

172 AUGMEirrATION PB0GBE88IVE

aussi commun. N'aurait-il pas laissé dans Thistoire des traces idoIln équivoques ?

Il est vrai qu'aux époques barbares et peu civilisées on n'y regardait pas de si près. Nos aïeux, qui soutinrent si souvent le choc des légion^ romaines, puis des bordes barbares; qui se battirent pendant tout 1^ moyen âge, firent les croisades et tant d'autres guerres jusqu'au! temps modernes, étaient moins douillets que nous, moins analytiques. Le chancre mou devait être le moindre de leurs soucis. Ils IVogl bèrent avec tant d'autres espèces morbides, qui pullulaient autour d'eux à ces époques néfastes, où le confort de la vie moderne était inconnu, et où l'hygiène, encore à peu près dans l'enfance, bégayait à peine ses premiers enseignements.

J'ai terminé ce que j'avais à vous dire sur l'histoire du chancre m.<] dans ces dernières années.

Permettez-moi de revenir maintenant sur une question que je d\ii fait qu'effleurer dans la dernière leçon, sur Yaugmetilaiion progre>sive de la syphilis y qui fait contraste avec la rareté actuelle du chancn mou^ et qu'il n'est pas sans intérêt de lui opposer.

Je vous ai fait part de mon impression sur ce sujet ; je vais l'appuvH et la justifier par des chiffres.

Ces chiffres, je n'ai pas à les chercher bien loin, du moins en ce qu concerne l'hôpital du Midi, puisque je vous lésai déjà donnés en diven endroits de cette leçon, et qu'il suffira de les réunir.

Voici quel a été chaque année, depuis 1861 jusqu'à 187S, lenombr des affections syphiUtiques tant primitives que consécutives rerur- *' traitées dans cet hôpital.

Années 1861 570

— 1870 (septembre) 501

— 1875 (!•' semestre) 1554

Page 1