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SAN'G COMPLET
Le pouls s’accélère chez l’homme de 10 à 15 pulsations pendant l’opération et reste ensuite plein et rapide; il ne redevient normal qu’après le sommeil.
Enfin, outre la poussée sudorale faible, limitée à la face, qui se montre pendant l’opération, on observe une sudation plus prolongée après le frisson et alors même que ce phénomène fait défaut.
Ajoutons que, contrairement à ce qui se voit quand on se sert de sang emprunté à des animaux d’espèce différente, le malade n’accuse jamais de démangeaisons, ne présente point d’exanthème.
Presque toujours, une heure environ après la transfusion, à la fin de la période de sueur, le malade s’endort; ce sommeil, qui est de bon augure, dure de 2 à 4 heures. A son réveil l’opéré éprouve un bien-être marqué, a de l’appétit.
Enfin, on observe dans presque tous les cas une urination abondante et une exonération intestinale plus ou moins copieuse.
Notons enfin quelques phénomènes rares, tels que des maux de tète, des vomissements, ou môme des convulsions (Moncoq). Les vomissements et les convulsions seraient dus, d’après cet auteur, à ce que l’on aurait injecté le sang avec trop de précipitation.
Maintenant que vous êtes au courant de l’état actuel de la question, je puis, et ce sera l’objet de la prochaine leçon, vous donner la relation de nos propres expériences qui, comme vous le verrez, ont jeté quelque lumière sur certains points obscurs de l’histoire de la transfusion de sang complet.
Sommaire s Expériences personnelles sur le sang complet. — Transfusion entre animaux d’espèce différente. — Phénomènes consécutifs à cette opération.
Messieurs,
L’étude de la transfusion avec sang complet est, comme l’exposé des recherches de nos prédécesseurs vous l’a démontré, encore moins avancée que celle de la transfusion avec sang défibriné. Il y aurait donc lieu de faire un grand nombre d’expériences nouvelles, pour lesquelles, malheureusement, le temps nous a manqué.
Cependant nous avons obtenu, sur ce point, par la voie expérimentale, quelques résultats intéressants.
Vous vous souvenez que l’expérience qui nous a montré d’une manière tout à fait évidente que le sang défibriné est frappé à mort, est celle où du sang défibriné emprunté à l’animal lui-même lui a été réinjecté. Il m’a semblé en quelque sorte indiqué de faire une étude semblable avec du sang complet.
Pour pratiquer ce genre de transfusion, je me suis servi du modèle du transfuseur de M. Roussel, adapté aux expériences sur les animaux. Que l’inventeur reçoive ici nos remerciements pour avoir bien voulu donner au laboratoire cet instrument commode et qui ne se trouve pas aisément chez nos fabricants. En répétant bientôt devant vous quelques opérations, je vous ferai apprécier la facilité relative de son maniement.
Il permet, entre autres avantages, de doser d’une manière assez rigoureuse la quantité de sang employé, chaaue
SANG COMPLET
coup de pompe correspondant à 10 grammes de sang à très peu près. En retardant, autant qu’un instrument peut le faire, la coagulation du sang, il est précieux pour les transfusions pratiquées sur le chien dont le sang est très coagulable.
A cet égard, je dois dire que, dans les expériences multiples exécutées au laboratoire, les dangers qui proviendraient de la coagulation du sang dans les instruments m’ont paru singulièrement exagérés. Bien que l’appareil, lorsqu’il fonctionne, soit traversé constamment par du sang nouveau, on ne constate pas la formation de petits caillots qui pourraient être entraînés par le jeu de la pompe, et nous n’avons jamais, chez nos chiens, déterminé d’embolies. Voici simplement ce qu’on observe :
Au bout d’un certain temps, qui nous a paru à peu près égal à celui que met le sang à se coaguler spontanément lorsqu’on le recueille dans un vase, le sang qui remplit l’instrument se prend en gelée presque tout à coup et l’on en est averti par l’inefficacité de la compression de la pompe. Il faudrait alors exercer une pression très vigoureuse pour faire sortir, par la canule placée dans la veine du sujet récepteur, un fragment de sang coagulé qui pénétrerait dans la veine sous la forme d’un cylindre mou, comme passé à la filière.
Encore faudrait-il une manœuvre particulière pour fragmenter ce cylindre qui fait corps avec le reste du caillot, pour en déterminer le morcellement et la pénétration dans la circulation. En tout cas, il suffit de s’arrêter, lorsqu’on veut injecter le plus de sang possible, dès que la résistance éprouvée en comprimant la pompe devient tout à coup très forte.
Ce que nous avons vu avec cet instrument doit vraisemblablement se passer avec la plupart des autres. Il n’y a donc pas là d’argument sérieux contre l’emploi du sang complet.
TRANSFUSION DU SANG
Cela posé, j’arrive à notre expérience. Elle a consisté à faire passer le sang d’un chien d’une jugulaire dans l’autre.
Eæp. XLIX. Chien bien portant, très vigoureux, du poids de 25 kilos. N = 8 252 000. T. R. avant l’opération 39°.
Le 18 juillet, on fait passer à l’aide de l’appareil Roussel, d’une jugulaire externe à l’autre, environ 500 grammes de sang. Pendant les manœuvres de l’opération l’animal perd environ 40 grammes de sang.
Après la transfusion, le chien est un peu essoufflé et fatigué. 20 minutes après on ne compte pas plus de 7 513 000 globules rouges.
Il ne survient pas de frisson. — Trois quarts d’heure après l’opération, la température rectale est de 39°, 4 et, au bout de 3 heures, de 39°. Le soir, l’animal ne mange pas.
Le lendemain, il mange, paraît bien portant, est vif, gai; cependant il ne pèse plus que 24k,250. T. R. 39°, 4.
Le 21, les plaies sont en bon état, l’animal continue à se bien porter. Poids 24k,500. T. R. 39°.
Le 22 le chien a recouvré son poids initial. T. R. 39°.
Le 3 août, les plaies sont presque complètement cicatrisées et l’animal parait être aussi bien remis que possible.
En consultant les chiffres qui représentent l’état anatomique du sang, on voit que le nombre des globules rouges, après avoir légèrement diminué, puis augmenté le 3° jour après l’opération, a atteint le 6e jour un minimum de G 324 000. A partir du 8e jour il a augmenté de nouveau, et cela d'une manière assez rapide. Toutefois, au bout de 22 jours, l’animal a encore moins de globules qu’avant l’expérience. Il ne récupère le chiffre initial que le 26e jour.
SANG COMPLET
Tableau représentant l'état anatomique du sang.
DATES
18 juillet
1er août
(1) Vingt minutes après l’opération.
Les hématoblastes ont éprouvé des variations relativement peu considérables. Cependant on remarquera qu’ils ont présenté immédiatement après la transfusion un minimum de 103 200.
Si nous ajoutons aux 500 grammes de sang transfusé les 40 grammes perdus , nous voyons que 540 grammes de sang représentaient pour cet animal environ le ^ du poids du corps. Ür, en comparant les effets d’une saignée de même importance avec ceux que nous avons obtenus dans ce cas, il nous est impossible de ne pas être frappé de la ressemblance entre les fluctuations des globules rouges dans l’une et l’autre de ces opérations.
Cependant il existe entre la saignée et la transfusion de sang complet des différences sur lesquelles j’appelle toute votre attention.
Le 2e jour après la transfusion f le nombre des globules rouges reste relativement élevé et augmente même le
TRANSFUSION DU SANG
3e, avant de subir les 4e, 5e, G° jours un abaissement progressif.
HS!