CCII
TRANSFUSION DU SANG
ration est plus profonde, le pouls plus vif, plus plein. Pendant et après l’opération le transfusé accuse une sensation de chaleur interne ; celle-ci est quelquefois ressentie le long de la veine où se fait l’injection, comme les premiers observateurs l’avaient déjà noté.
Très fréquemment, dans les trois quarts des cas, d’après Roussel ', à qui l’on doit une bonne étude de ce genre de transfusion, il se produit un frisson. Généralement c’est 20 minutes environ après l’opération qu’il commence, pour durer une demi-heure environ. D’intensité très variable, il n’est jamais d’ailleurs extrêmement accusé. Roussel a reconnu que ce frisson, dont la pathogénie est du reste à élucider, paraît être en rapport avec la dose de sang injecté ; ainsi, quand elle ne dépasse pas 150 grammes, il fait défaut; léger, quand elle atteint 200 grammes, il devient violent aux environs de 250 grammes. Ce sont les doses pour l’homme. Sans que ce phénomène présente une régularité absolue, on peut encore direqu’d est plus précoce, plus prolongé chez les individus atteints d’anémie chronique, dont les veines sont rétrécies.
Quanta la température, elle s’élève de 1/2 à 1° d’après Roussel, pendant que le malade accuse une sensation de froid et que les extrémités paraissent refroidies. D’ailleurs le mouvement fébrile n’a pas été mieux étudié chez l’homme que chez les animaux. Chez ceux-ci il se produit un abaissement immédiat de la température quand il y a eu émission sanguine préalable, mais ce phénomène paraît dû, en partie du moins, à ce que le sang a eu le temps de se refroidir à l’air extérieur. L’influence de l’opération est d’ailleurs plus accusée chez les animaux, car on leur injecte, en général, des doses de sang beaucoup plus élevées qu’à l’homme. Plus tard, chez les chiens, la température remonte et s’élève de 1° à 1°,5 au-dessus de la normale.