‹ Leçons sur les modifications du sang sous l'influence des agents médicamenteux et des pratiques thérapeutiquesChapitre 16 sur 126 · II A Y EM · texte numérisé non relu

II A Y EM

SANG

INTRODUCTION

Gubler, ce praticien consommé, ce maître clans l’art de bien dire, qui vient d’être si prématurément enlevé à la science et qui, dans sa trop courte carrière professorale, avait fait preuve de qualités si brillantes et si solides.

Avant d’aborder le sujet du cours de cette année, j’éprouve le besoin de réfléchir avec vous sur la manière dont on doit comprendre l’étude et l’enseignement de la thérapeutique.

Cette branche de nos connaissances a subi bien des fluctuations qui, naturellement, ont été liées à celles de la médecine ; et, pour nous rendre compte de son état actuel, il me paraît indispensable de suivre, au moins d’une manière très sommaire, les traits généraux de cette évolution à travers les âges.

Par la nature môme de son objet, la pratique médicale a devancé la science, et c’est là un fait dont nous subissons encore aujourd’hui la loi fatale. Poussé par l’instinct de la conservation si vif chez tous les hommes, le premier malade a nécessairement demandé du secours à ses semblables et ceux-ci, obéissant à un sentiment de solidarité et de compassion, ont cherché à lui venir en aide. On trouve donc des guérisseurs dès le berceau de l’humanité, mais les obscurs débuts de notre art, les premières luttes contre la souffrance ne constituent pas encore les rudiments d’une science ; ils en représentent, en quelque sorte, les temps héroïques.

La médecine n’a réellement pris naissance, ainsi que l’a dit si justement Cl. Bernard, que le jour où, pour la première fois, des hommes de génie ont ouvert le grand livre de la nature pour chercher à y lire. Alors a débuté la période d’observation, qu’on fait remonter à Hippocrate. C’est à cette médecine d’observation, enrichie d’àge en âge, que nous sommes redevables de nos connaissances sur l’étiologie, les symptômes, la marche naturelle des maladies.

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